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Tour de France: les coureurs menacent de faire grève pour protester contre les conditions de sécurité

Le peloton du Tour de France pourrait décider de faire grève ce mardi lors de la quatrième étape entre Redon et Fougères. Selon le quotidien belge Het Laatste Nieuws, les coureurs souhaitent montrer leur mécontentement concernant les conditions de sécurité après plusieurs chutes massives.

Les exploits de Julian Alaphilippe et Mathieu van der Poel ne suffisent pas à calmer les esprits lors de ce Tour de France 2021. La grogne monte au sein du peloton et les coureurs pourraient même faire grève ce mardi lors de la quatrième étape afin de réclamer de meilleures conditions de sécurité pour éviter les chutes pendant la course selon le quotidien belge Het Laatste Nieuws.

"Même si apparemment tout le monde n'est pas au courant de la grève. Nous devrons attendre encore un peu. Mais force est de constater qu'une grande partie du peloton n'est pas d'accord avec le cours des événements. Avec cette protestation, ils veulent faire une déclaration", a expliqué le Belge Oliver Naesen auprès du journal belge.

>> Retrouvez le direct commenté de la 4e étape du Tour de France

Une pause au kilomètre zéro, au ralenti pendant 50km?

Lors des trois premières journées, plusieurs chutes ont perturbé l’épreuve. Après le scandale provoqué par une spectatrice avec sa pancarte, plusieurs favoris ont goûté au bitume. Primoz Roglic et Geraint Thomas ont été touchés alors que le sprinteur Caleb Ewan a même été contraint à l’abandon après avoir été pris dans une chute avec Peter Sagan. Idem pour Jack Haig, leader de l'équipe Bahrain, obligé d’abandonner après avoir été au sol.

Dans les faits, les coureurs prendraient bien le départ de la quatrième étape ce mardi sur les routes bretonnes. Mais au lieu d’assurer le spectacle avec une échappée ou autre sprint intermédiaire, le peloton du Tour de France roulerait à une allure très modérée lors des 50 premiers kilomètres de la journée, avant de s'arrêter, puis de véritablement lancer la course à 100 kilomètres de Fougères.

Logntemps dans les tuyaux, cette hypothèse n'a pas encore été confirmée. A la place, les coureurs pourraient décider de marquer un arrêt au kilomètre zéro (pour le départ réel) avant de repartir. Rien n'est tranché et d'autres coureurs seraient plutôt favorables à manifester sur les dix premiers kilomètres, et d’autres sur 50km.

La colère du peloton

Au lendemain d’une étape marquée par un final très technique et propice à une chute, qui est effectivement arrivée, cette grève permettrait aux équipes d’exprimer leur ras-le-bol auprès des organisateurs et des commissaires de l’UCI.

"Au-delà de mes coureurs, je suis père de famille, a lâché Marc Madiot avec son franc-parler habituel, et surtout beaucoup d’émotion, au micro de France Télévisions. Il y a beaucoup de familles qui regardent le Tour de France. Et moi ce soir, je n'ai pas envie que mon gamin soit coureur cycliste professionnel. Il faut qu'on trouve des solutions. On ne peut plus continuer comme ça, ce n'est plus du vélo. Il faut qu'on change. Peut-être qu'il faut faire plein de choses parce que si on ne le fait pas, on va avoir des morts. Ce n'est pas digne de notre sport. Ce n'est pas que la faute des organisateurs, c'est la faute de tout le monde, des organisateurs, des équipes, des coureurs et surtout des instances internationales."

Les deux kilomètres de la discorde

Outre les chutes et les risques pour la santé des coureurs, les cyclistes engagés sur le Tour de France 2021 veulent aussi faire part du manque de considération des autorités à leur sujet. Lors d'une arrivée au sprint, s'il y a une chute ou un incident mécanique dans les trois derniers kilomètres de l'arrivée, le coureur sera classé dans le temps du groupe dans lequel il se trouvait.

Avant le départ de la troisième étape lundi, les représentants du CPA (Cyclisme professionnel associés), la seule association des coureurs reconnue par l'UCI, ont demandé de fixer cette limite à 5 km de l'arrivée au lieu de 3, pour éviter une trop grande nervosité en fin de course et réduire le risque de chute.

L'organisateur, ASO, était favorable. Mais les commissaires de l'UCI présents sur la course n'ont pas donné leur accord. La justification: il fallait réunir une commission pour valider la décision, mais les délais étaient trop courts.

Les grévistes du Tour

Une grève lancée par les coureurs de la Grand Boucle ne serait pas une première. Tout récemment, en 2018, Bernard Hinault avait suggéré au peloton de protester contre la présence de Chris Froom, alors suspecté de dopage. En vain, le "Kenyan blanc" avait pris le départ de la course et l'appel à la mobilisation du Blaireau était resté sans réponse.

C'est simple, avant 2021, seules trois éditions du Tour de France avait été marquées par des grèves du peloton. Après une première en 1966, les coureurs avaient protesté contre le rythme de course en 1978.

En 1998, le peloton s'était insurgé contre le traitement de l'épreuve par les médias, plus intéressés par le scandale lié à l'affaire Festina que par la Grande Boucle. Alors vêtu de son maillot de champion de France, Laurent Jalabert avait fait partie de cette fronde contre les organisateurs.

JGL avec Anthony Rech et Romain Cluzel