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Deschamps : « Je regrette les sifflets pour Evra »

Didier Deschamps

Didier Deschamps - AFP

Didier Deschamps se réjouit du succès de l’équipe de France face à l’Espagne (1-0), ce jeudi. Pour le sélectionneur, ce succès confirme la dynamique du Mondial et lance de la meilleure des manières la route vers l’Euro 2016. Il ne déplore que les sifflets à l’encontre de Patrice Evra.

Didier Deschamps, ce succès de prestige face à l’Espagne vous satisfait-il ?

Oui, quand il y a le résultat, ça fait plaisir. On a rencontré une bonne équipe d’Espagne. Même si des joueurs ne sont plus là, il y en a d’autres et on l’a vu ce soir (jeudi). On a fait un bon début de match avant un gros trou pendant une vingtaine de minutes. On a fait des efforts pas très coordonnés. Dès qu’on récupérait le ballon, on le perdait. En deuxième mi-temps, on a pris un peu plus le dessus en se créant des situations. On a marqué un autre but qui était valable et qui aurait pu valider une belle action. Mais notre but fait suite à un jeu au sol et à des enchainements de qualité. C’est très bien de garder l’état d’esprit.

Qu’avez-vous le plus apprécié dans ce match : la défense, Paul Pogba ou Mathieu Valbuena ?

Je n’ai pas de préférence. On peut juger les performances individuelles. Vous me parlez de la colonne vertébrale. Certains se sont mis plus en valeur comme c’est le cas à chaque match. Pour Raphaël et Paul, on parle de jeunes joueurs qui sont déjà compétitifs. Ces deux ans vont leur servir, à d’autres aussi.

Qu’avez-vous pensé de l’accueil du public et des sifflets contre Patrice Evra ?

Le public a été très bien, il y avait une bonne ambiance. Ils étaient contents de retrouver l’équipe de France. Les joueurs ont fait ce qu’il fallait pour qu’ils nous encouragent. Ce premier match était important pour nous et les joueurs. Depuis la Coupe du monde, on avait vu les supporters mais pas dans le stade. Je regrette pour Patrice. Je lui en ai déjà parlé et ce sera toujours comme ça pour lui et d’autres par rapport à ce qu’il s’est passé. Il est relativement imperméable à tout ça. Il peut faire de mauvaises choses, mais même quand il fait de bonnes choses, c’est comme ça… Des personnes ne l’aiment pas, voire le détestent. Au stade, tous les joueurs méritent d’être soutenus.

Après le 4-3-3, vous avez évolué en 4-2-3-1. Allez-vous utiliser d’autres schémas tactiques à l’avenir ?

Il y a d’autres possibilités. Aujourd’hui, j’ai fait ce choix parce que je sais que Mathieu (Valbuena) aime bien cette position. C’est aussi par rapport à cette équipe d’Espagne. On a toujours eu des difficultés à s’organiser par rapport à leur milieu et je voulais aussi que Karim (Benzema) ait un soutien plus proche, avec Mathieu qui peut aussi jouer sur un côté. Mais quand les latéraux montent beaucoup, ça lui demande des efforts et ça l’éloigne de la zone de vérité où il est le plus utile.

Quelle importance accordez-vous à cette victoire dans votre chemin vers l’Euro ?

On est loin, ce n’est que le premier match. Ça faisait huit ans qu’on n’avait pas battu cette équipe d’Espagne. Mais c’est logique puisque, pendant six ans, ils ont dominé l’Europe et le monde. On ne va pas s’enflammer. C’est un match de rentrée avec une équipe d’Espagne qui a de la qualité. Ça doit apporter encore plus de confiance. Les joueurs ont été en action, ceux qui sont rentrés aussi. Ça permet au groupe d’évoluer. Il y a eu des situations où on n’était pas loin de la rupture mais on a su faire les bons gestes défensifs, c’est une progression par rapport aux dernières rencontres contre cette équipe espagnole.

Allez-vous changer votre onze de départ en Serbie dimanche ?

Il y aura des joueurs qui débuteront dimanche et qui n’ont pas débuté ce soir. Je l’avais déjà prévu. On a fait beaucoup d’efforts ce soir, les joueurs sont sollicités dans leurs clubs. Je veux voir les joueurs qui sont là être en action dès le départ. Ne me demandez pas qui, parce qu’il faut que je regarde ceux qui ont joué. Mais ce sera une équipe bien différente qui débutera en Serbie.

JS et JRe au Stade de France