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Equipe de France: l’émotion des frères Hernandez pour leur première sélection commune

Lucas et Théo Hernandez ont affiché leur grande émotion d’être convoqués ensemble en équipe de France, ce mardi en conférence de presse. Une décision qui a ravi leur famille et qu’ils attendaient avec impatience.

Mécaniquement, Lucas Hernandez (25 ans, 28 sélections) a pris la parole en premier après chaque question, ce mardi en conférence de presse. Il n’était pas seul face aux journalistes puisque le service de communication de la fédération française de football (FFF) avait programmé la présence de son frère, Théo (23 ans, 1 sélection) à ses côtés. Un moment rare (c'est la première fois depuis les frères Revelli en 1974 que deux membres d'une même fratrie sont réunis en Bleus) et une intense émotion des deux joueurs, formés ensemble à l’Atlético de Madrid mais désormais séparés par des milliers de kilomètres en clubs (Munich Pour Lucas et Milan pour Théo).

"C’est très joli, non?", sourit Théo

"C’est une fierté, un plaisir de pouvoir être ici avec mon frère, a reconnu Lucas, l’ainé au vécu plus imposant en sélection. On ne peut pas s’imaginer ce moment. Quand tu es petit, tu t’imagines passer pro avec ton frère mais atteindre les Bleus ensemble, tu ne peux pas en rêver. C’est un moment exceptionnel, incroyable. J’espère bien en profiter avec lui. Pour toute ma famille, c’est un moment unique, de bonheur, de plaisir."

>> Equipe de France: revivez la conférence de presse des frères Hernandez et de Varane

"C’est un honneur d’être ici en équipe de France, abonde Théo. C’est très joli, non? Ma mère est très contente, mon oncle, mon grand-père, tout le monde est très content mais il faut travailler tous les jours pour que les deux frères jouent ensemble. On va bien s’aider les deux."

Longtemps attendue, leur première en commun avec les Bleus a pris de la consistance en septembre avec la première sélection de Théo, lors d’un rassemblement manqué par Lucas (alors blessé). "J’ai raté la première sélection de mon frère, j’étais un peu déçu de ça mais j’ai vu sa chanson (du bizutage, ndlr) qui n’était pas terrible", a souri Lucas qui s’entraînera pour la première fois avec son cadet, ce mardi.

Lucas était à la pêche au moment de l’annonce

Remis, Lucas attendait donc avec impatience la liste pour la Final Four de la Ligue des nations, et la demi-finale face à la Belgique, samedi (20h45, à Turin). Non sans se procurer une belle frayeur lors d’une partie de pêche. "Le jeudi (jour de l’annonce), j’étais libre, j’étais à la pêche, sourit le Munichois. J’étais avec mon téléphone pour voir la liste du coach. Quand j’ai vu mon nom chez les défenseurs et pas celui de mon frère, je me suis dit que ça allait être à un autre moment. Quand je l’ai vu au milieu, je l’ai appelé direct, je lui ai dit de faire attention, de ne pas se blesser parce que j’avais envie d’être ici avec lui. Tout le monde était ému de nous voir appelés ensemble en équipe de France. C’est un moment exceptionnel."

"Moi, j’ai vu la liste la maison à la télé, raconte Théo. Quand j’ai appelé Lucas, il était en train de prendre un poisson!"

Ils ne vont pas s'isoler dans le groupe

Les frères Hernandez vont désormais s’atteler à se fondre à deux dans le collectif, sans s’isoler. "Vis-à-vis du groupe, on essaie d’être ensemble mais pas trop parce qu’il faut aussi, surtout lui, qu’il s’intègre le plus rapidement possible à la vie de groupe, guide Lucas. Il le fait bien. Il n’a pas de difficulté à s’intégrer dans les groupes. Ils m’ont bien parlé de son intégration. Je suis là pour qu’il continue à s’intégrer."

En attendant de fêter peut-être leur première sélection en commun, les deux joueurs savourent leur destin après une enfance difficile, passée en l’absence de leur père, l’ancien footballeur Jean-François Hernandez. "Le travail a payé, estime Lucas. On n’a pas eu une enfance très facile mais c’est ce qui nous a fait lutter et continuer à travailler pour atteindre ce qu’on voulait et être joueur de foot pro. Être aujourd’hui ici, c’est incroyable."

"Sur le terrain, il n'y a pas d'amis", sourit Théo

"Il a tout dit, non?, poursuit Théo. Quand on était petits, ce n’était pas facile. Il faut dire merci à ma mère qui était là dans tous les moments, elle nous amenait à l’entraînement, elle nous portait. On a dû travailler, prendre un chemin différent, chacun faire sa vie avant d’être ici ensemble. C’est le foot, c’est ce qu’on aime." Sur le terrain en revanche, la deux frères seront de simples coéquipiers, voire concurrents puisqu'ils peuvent évoluer tous les deux dans le couloir gauche. "Sur le terrain, il n'y a pas d'amis", sourit Théo.

NC avec Jean Rességuié