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Equipe de France: les Bleus ont-ils vraiment la meilleure attaque du monde?

Avec Kylian Mbappé, Antoine Griezmann, Kingsley Coman, Ousmane Dembélé, Olivier Giroud, et maintenant Karim Benzema, l'équipe de France peut s'appuyer sur un secteur offensif extrêmement dense et talentueux. Le meilleur au monde?

Les observateurs ont parfois tendance à s’enflammer avant une grande compétition internationale, surtout quand il s’agit de l’équipe championne du monde en titre, mais cette fois, c’est Kingsley Coman lui-même qui a annoncé la couleur la semaine passée, en conférence de presse. "Je pense qu’on a la meilleure attaque d’Europe et la meilleure attaque du monde, a lancé l’ailier du Bayern. Si on regarde sur le papier, on a vraiment de supers joueurs, ça sera un plaisir de jouer avec tous ceux présents sur la liste."

Le "papier", comme le dit Coman, n’est pas toujours une garantie de résultat. En 2002, la France avait abordé le Mondial avec le meilleur buteur de Premier League (Thierry Henry), le meilleur buteur de Serie A (David Trezeguet) et le meilleur buteur de Ligue 1 (Djibril Cissé) dans son groupe. Elle s’était fait sortir en trois matchs, sans faire trembler une seule fois les filets. Mais il est vrai qu’en termes de noms, de chiffres, l’armada offensive des Bleus en 2021 fait saliver.

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Des joueurs décisifs, et une belle profondeur de banc

Ce mercredi soir en amical contre le Pays de Galles, puis probablement lors de l’Euro, l’équipe de France devrait débuter avec un trio Antoine Griezmann, Kylian Mbappé, Karim Benzema en attaque. Qui, d’un point de vue stats individuelles, est effectivement le plus efficace du monde sur la saison 2020-2021.

Performances en club et en sélection confondues, les trois compères ont inscrit 100 buts depuis l’été dernier: 45 pour le Parisien, 30 pour le Madrilène, et 25 pour le Barcelonais. De quoi donner le vertige. Surtout que derrière, le banc des "remplaçants" est impressionnant, avec Kingsley Coman (9 buts), Ousmane Dembélé (12 buts), Wissam Ben Yedder (22 buts), Olivier Giroud (16 buts) et Marcus Thuram (11 buts).

Evidemment, se pose la question de l’animation, et de l’intégration des différentes individualités dans le collectif, notamment celle de Benzema qui n’a plus porté le maillot bleu depuis 2015. Gare aussi… à l’excès de confiance. "Le danger qu’il y a, et je l’ai dit aux joueurs, c’est sur le papier: on est beaux, on est les meilleurs, a recadré Didier Deschamps ce week-end dans un entretien à la presse régionale. Bientôt on n’aura même pas à rentrer sur le terrain, on aura gagné le match! Non… Évidemment qu’on est l’équipe de France, qu’on est compétitif, qu’on a des arguments à tous les postes, et j’ai bien conscience que c’est un privilège d’avoir beaucoup de joueurs de très haut niveau. Mais il ne faut pas qu’on oublie qu’il faut d’autres choses."

Invité de Top of the Foot, mardi sur RMC, Nicolas Anelka a également appelé à la prudence: "Offensivement, l'équipe est très forte. (...) Mais n'oublions pas qu'il y a déjà eu une équipe de France très forte offensivement. Il faut rester mesuré par rapport à ce que les gens disent."

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L’Angleterre et la Belgique, peut-être les principaux rivaux offensifs

D’autant que chez les adversaires de la France cet été, certaines nations ont de très, très beaux arguments à faire valoir. La Belgique, qui aborde l’Euro avec énormément d’ambition, peut aligner un trio Romelu Lukaku, Dries Mertens, Kevin de Bruyne, qui pèse lui 62 buts. Sans parler d’Eden Hazard, qui sort certes d’une saison compliquée, mais qui pourrait bien se réveiller. Les autres options, comme Michy Batshuayi ou Christian Benteke, paraissent toutefois un cran en-dessous.

Autre équipe attendue, l’Angleterre a elle aussi de quoi affoler les compteurs: Harry Kane, Marcus Rashford et Phil Foden ont inscrit 75 buts en 2020-2021, et peuvent potentiellement être remplacés par Raheem Sterling, Jadon Sancho ou Dominic Calvert-Lewin. Sur le papier, toujours, c’est sans doute aujourd’hui l’équipe la plus à même de rivaliser avec les Bleus sur un plan offensif. Avec 4,6 buts de moyenne par match (37 en 8 rencontres), les Three Lions présentent d’ailleurs la meilleure attaque des éliminatoires de l’Euro.

C’est mieux que la Belgique (4 buts/match), mieux que l’Italie (3,7 buts/match), mieux que la France (2,5 buts/match), et mieux aussi que l’Allemagne (3,75 buts/match), qui affiche également l’une des plus belles lignes offensives au monde avec Serge Gnabry, Timo Werner, Leroy Sané, Kai Havertz, Thomas Müller ou Kevin Volland.

Egalement efficace lors des qualifs (3,1 buts/match), l’Espagne est une belle machine collective, mais Alvaro Morata, Ferran Torres, Gerard Moreno et les autres souffrent de la comparaison avec le trio Mbappé-Griezmann-Benzema.

Reste aussi le paradoxe portugais: le trio Cristiano Ronaldo, Diogo Jota, Bernardo Silva a marqué 65 buts cette saison, mais parce que CR7 en a inscrit 40 à lui seul. Parfois poussif lors des éliminatoires (il a fini deuxième de son groupe derrière l’Ukraine), le Portugal – champion d’Europe en titre – a pu paraitre ces derniers mois presque handicapé par sa star de 36 ans, véritable dévoreur de ballons. Et d’occasions.

L’Argentine a les armes, pas les résultats

Puisque l’on parle ici de la meilleure attaque au monde, difficile enfin de ne pas jeter un oeil à ce qui se fait de mieux en Amérique du Sud, avec le Brésil et l’Argentine.

Dans sa dernière liste, le sélectionneur brésilien Tite a convoqué Neymar (20 buts cette saison), Gabriel Jesus (14 buts), Roberto Firmino (12 buts) ou encore Richarlison, Everton, Gabriel Barbosa et Vinicius Jr. De quoi surpasser les Bleus? Probablement pas. Ni dans le onze de départ, ni sur le banc.

Pour l’Argentine, le vivier semble plus riche, entre Lionel Messi (39 buts cette saison), Lautaro Martinez (21 buts), Sergio Aguëro, Angel Di Maria, Lucas Ocampos, Angel Correa voire Lucas Alario. Des joueurs pour la plupart majeurs de grands clubs européens, et qui présentent des profils complémentaires, entre les passeurs, les créateurs et les finisseurs. Mais la mayonnaise a souvent du mal à prendre: habituée aux places d’honneur, l’Albiceleste n’a plus rien gagné depuis la Copa América… 1993.

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C.C.