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FFF: accusé de propos sexistes, Le Graët n’a "aucun regret"

Dans un entretien à l’AFP, le président de la Fédération française de football Noël Le Graët assure ne pas avoir de regret après ses propos jugés sexistes sur les Bleues.

"Aucun regret". Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football, en pleine campagne pour sa réélection, n’est pas du tout touché par les accusations de sexisme à son encontre après ses propos sur les Bleues et leur sélectionneure Corinne Diacre. "Elles n’ont aucun match perdu. Donc elles peuvent se tirer les cheveux, ça m’est égal", avait lancé le dirigeant breton la semaine dernière.

"J'ai quand même un peu l'impression d'avoir beaucoup fait pour le foot féminin, de défendre toujours Corinne, d'avoir une directrice générale que je défends car elle mérite, et d'avoir des femmes dans tous les services, explique Noël Le Graët dans un entretien à l’AFP. Dans mon entreprise, j'ai 780 salariés et j'ai mes deux filles qui s'en occupent bien. Donc non, franchement, on peut toujours chercher ce qu'on veut, ça n'a aucun intérêt. Aucun regret."

Deux membres du gouvernement très critiques

Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté, a sévèrement jugé les propos de Noël Le Graët ce lundi matin sur BFMTV et RMC. "C’est affligeant, a-t-elle estimé au micro de Jean-Jacques Bourdin. C’est navrant. C’est ce que l’on appelle du sexisme ordinaire." Une autre membre du gouvernement avait dénoncé les propos du président de la FFF la semaine dernière.

"Sexisme ordinaire en action. Ces propos véhiculent des stéréotypes d'un autre temps, avait tweeté Elisabeth Moreno, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. L'égalité entre les femmes et les hommes reste à accomplir dans les faits comme dans les esprits."

Dernière ligne droite pour l’élection

Frédéric Thiriez, également candidat à la présidence de la FFF, avait aussi fortement critiqué son rival : "Cet homme ne maîtrise plus son langage, il est vraiment indigne de représenter le football. D’abord : « il n’y a pas de racisme​ dans le football ». Ensuite, l’homophobie : « Je trouve qu’on arrête trop les matchs en cas de chants ou de cris homophobes et je donne instruction à mes arbitres de ne plus arrêter les matchs en cas de manifestation homophobe ». Maintenant il s’en prend aux filles avec un cliché misogyne scandaleux."

L’élection aura lieu le 13 mars. Noël Le Graët, qui vise un troisième mandat, est favori. "Ça ne sert à rien de critiquer son adversaire ou d'apporter des choses négatives, explique le Breton à l’AFP. Je n'ai d'ailleurs pas lu ce qui se disait ailleurs. Avec toute mon équipe, on a fait le tour de France. On n'a pas raté une Ligue (régionale, ndlr): il y avait à chaque fois 50 ou 60 personnes en face de nous avec des vraies questions, des vraies réponses. C'est un travail important et respectueux."

LP