RMC Sport

France-Uruguay: qui pour remplacer Matuidi?

Averti d'un carton jaune lors de la victoire des Bleus face à l'Argentine (4-3), Blaise Matuidi ne sera pas de la partie contre l'Uruguay en quarts de finale de la Coupe du monde. Un coup dur pour les Bleus, mais une chance pour certains de ses concurrents de se mettre en évidence.

Dans l'euphorie générale et la ferveur collective qui ont suivi la qualification de l'équipe de France en quarts de finale du Mondial 2018 après sa victoire épique contre l'Argentine (4-3) samedi, c'était sans doute la seule nouvelle contrariante de la journée. En recevant un carton jaune pour contestation, Blaise Matuidi sera suspendu contre l'Uruguay vendredi prochain (16h). Une absence préjudiciable pour Didier Deschamps et ses hommes mais qui pourrait rabattre - ponctuellement? - les cartes au sein de l'entrejeu des Bleus

Tolisso, le recours le plus évident

C'est peut-être un signe encourageant, voire une indication des futures intentions du sélectionneur tricolore face à la Céleste. Dans la foulée du carton reçu par Matuidi (72e), Tolisso est venu le suppléer trois minutes plus tard. Un choix pour, avant tout, éviter au milieu de la Juve de risquer une exclusion. "C'est l'option qui me paraissait la meilleure par rapport à la situation et le contexte du match ainsi qu'à la spécificité dont on avait décidé de jouer les Argentins", s'est justifié Deschamps, ce dimanche, au micro de Téléfoot sur TF1. Entre les lignes, faut-il ainsi y voir une probable titularisation de Tolisso vendredi? "C'est une possibilité...", s'est contenté de répondre la "Dèche". 

Très convaincant lors des matches de préparation des Bleus avant le Mondial, le joueur du Bayern Munich avait fait forte impression. Au point de débuter la première rencontre de la compétition contre l'Australie (2-1) aux côtés de Pogba et Kanté dans le 4-3-3 dessiné. Sauf que, ce jour-là, l'ex-Lyonnais avait livré une prestation sans relief, d'où sa mise sur le banc successive face au Pérou (1-0) et au Danemark (0-0). Mais il ne semble pas avoir étiolé son crédit aux yeux de son sélectionneur, qui l'estime pour sa faculté à défendre, se projeter, organiser le jeu et rassurer ses partenaires au milieu. Un profil moins basé sur l'impact physique que Matuidi mais davantage technique. "L'Uruguay va jouer un bloc bas, mieux structuré que l'Argentine et plus regroupé. Les Bleus auront sans doute la possession de la balle, même s'il n'aiment pas forcément ça. Ils en sont capables, et si c'est le cas, il faudra remettre de la qualité technique au milieu de terrain", analysait samedi Jérôme Rothen, membre de la Dream Team RMC Sport, dans l'After. "Tolisso sera dans sa zone de prédilection à droite, Kanté dans l'axe et Pogba à gauche", a prédit pour sa part Rolland Courbis. 

Nzonzi, le pari de la sérénité et de la sécurité

Une entrée furtive et anecdotique contre le Pérou. Puis quatre-vingt-dix minutes à faire ce qu'il aura pu dans ce qui aura été plus un simulacre de match qu'autre chose contre le Danemark. Steven Nzonzi marche jusqu'ici à pas feutrés dans cette Coupe du monde, mais son heure pourrait bien sonner. Pourquoi? Parce que le milieu du FC Séville a l'habitude d'évoluer en tant que sentinelle devant la défense. Un poste qui pourrait être la clé contre l'Uruguay, configuré en 4-3-1-2 avec un milieu extrêmement dense composé de Nandez, Torreira, Vecino et Betancur. 

"Il a pour lui cette aisance technique, avec une taille assez imposante (1m96) dans une registre où il est performant. Il est très efficace dans son rôle.", confiait à son sujet Deschamps, lorsqu'il avait retenu dans les 23. Au-delà du bagage technique que le milieu longiligne de vingt-neuf ans a su parfaire en Espagne, il permettrait surtout dans le 4-3-3 tricolore de décharger davantage Pogba des tâches défensives et d'offrir plus de projection à Kanté. Loin d'être négligeable si les Bleus sont amenés à prendre le jeu à leur compte. 

La tentation Lemar et du 4-4-2

Sans doute l'hypothèse la moins vraisemblable de Deschamps. Mais les qualités étalées par l'Uruguay de Cavani et Suarez pourraient toutefois infléchir la feuille de route tracée par le sélectionneur. Si, à l'image de l'équipe de France, Thomas Lemar a sorti une performance sans saveur contre le Danemark, la nouvelle recrue de l'Atlético de Madrid affiche une palette technique qui pourrait bien causer des tourments. Habile balle au pied dans son couloir gauche, l'ex-Monégasque aime rentrer à l'intérieur pour combiner et profiter des espaces. 

Ce qui pourrait mettre à mal le latéral droit sud-américain Caceres et, par conséquent, l'organisation défensive compacte et très exigeante de la Céleste. Reste à savoir si Deschamps est prêt à sacrifier ses immuables schémas tactiques couchés en 4-2-3-1 ou 4-4-3 pour passer en 4-4-2. Ce fut le cas contre la Colombie en match de préparation (2-3), en mars dernier. Une soirée au Stade de France où Thomas Lemar, fringant et plein d'allant, n'avait laissé personne insensible. De quoi raviver la flamme chez Deschamps?