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Candidats, enjeux… Le Barça joue son avenir avec l'élection présidentielle ce dimanche

Les socios du Barça voteront ce dimanche lors de l’élection présidentielle. Trois hommes veulent l’emporter afin d’insuffler une nouvelle dynamique au sein d’un club catalan aux multiples crises.

Un timing parfait… Certaines mauvaises y verraient même plus qu’une simple coïncidence. Après une semaine marquée par la descente de la police au siège du Barça puis les interpellations de quatre anciens dirigeants dont Josep Bartomeu, les socios du club catalan sont appelés à élire leur nouveau président ce dimanche 7 mars.

Rendu obligatoire par la démission des dirigeants après le burofax et le vrai-faux départ de Lionel Messi lors d’un dernier mercato estival, ce scrutin doit faire oublier les errements du Barçagate, les déroutes en Ligue des champions face à l'AS Rome (3-0 en 2018), à Liverpool (4-0 en 2019), au Bayern Munich (8-2 en 2020) et au PSG (4-1 en février dernier) ou encore les nombreuses erreurs de recrutement.

Comment cela se déroule?

A trois jours du huitième de finale retour face au PSG (4-1 à l’aller pour les Parisiens), les socios (les membres qui payent leur adhésion à l’association sportive du Barça) sont invités à élire leur nouveau président. Au total, près de 110.290 votants composent le cortège électoral.

Malgré un scrutin perturbé par le coronavirus, près de 87.479 devraient se déplacer dans les différents bureaux de votes installés à Barcelone. Elu au suffrage universel, et à la majorité simple, le nouveau président sera alors nommé dès dimanche et pour six ans. Le vainqueur de cette élection aura ensuite l’occasion de tenter un second mandat consécutif à l’issue de son premier exercice.

>> PSG-Barça, c'est mercredi 10 mars à 21h sur RMC Sport 1

Trois candidats, un grand favori

Après une campagne de parrainages permettant d’écarter les candidatures les moins crédibles, quatre hommes ont pu se présenter pour cette élection. Emili Rousaud ayant rapidement jeté l'éponge, ils ne seront plus que trois ce dimanche à pouvoir prétendre à la prestigieuse fonction. Le moins connu d’entre eux se nomme Toni Freixa. Malgré la promesse de recruter "trois cracks" en cas de victoire, ses chances de l’emporter paraissent minces et il n’apparaissait qu’en quatrième position d’un sondage paru dans la presse locale début janvier.

Victor Font, malgré 13,2% de suffrages selon ce même sondage, possède de solides arguments à faire valoir. Ambitieux, le candidat est un intime de Xavi Hernandez et pourrait le nommer entraîneur du club en cas d’arrivée au pouvoir. Pas sûr, toutefois, que cela suffise à empêcher Joan Laporta de l’emporter. Celui qui a déjà été président du Barça de 2003 à 2010 (les statuts du club l’empêchant alors de briguer un autre mandat consécutif) fait office ce grand favori lors de cette présidentielle. Connu, notamment, pour avoir confié les rênes de l’équipe à Pep Guardiola lors de son précédent mandat, il a gardé une superbe cote auprès des socios.

Messi et la crise financière au cœur de l’élection

Contraint à une nouvelle remontada en Ligue des champions face au PSG, le Barça n’est pas au mieux en Liga et pourrait bien voir le titre s’éloigner en cas de victoire de l’Atlético ce dimanche face au Real lors de la 26e journée. Le déclin sportif du club ces dernières saisons constitue sans doute l’un des principaux enjeux de ce scrutin présidentiel. Soucieux de retrouver les sommets, les socios rêve d’un dirigeant ambitieux. Ambitieux mais rationnel car la dette financière du Barça a atteint des sommets avec près d’un milliard de déficit. Barcelone doit donc se reconstruire en s’appuyant sur les jeunes formés à la Masia.

Un autre enjeu majeur a plané tout au long de la campagne présidentielle: l’avenir de Lionel Messi. Libre en juin prochain, l’Argentin hésiterait encore à rester mais voudrait avoir des garanties quant à la faculté de l’équipe à remporter des trophées majeurs. Face au très gros salaire de la "La Pulga", les trois candidats ne veulent pas encore plonger les finances dans le rouge et l’ont rappelé lors du récent débat. S’ils espèrent toujours le convaincre de rester en Catalogne, Toni Freixa, Victor Font et Joan Laporta s’unissent pour rappeler que le Barça restera un grand club avec ou sans Messi.

Jean-Guy Lebreton Journaliste RMC Sport