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Homophobie: Le Graët reconnaît une "maladresse" dans ses propos

Dans une longue interview accordée cette semaine à So Foot (à paraître ce jeudi), Noël Le Graët, le président de la FFF, revient notamment sur sa récente et remarquée sortie concernant l'homophobie dans les stades. Le dirigeant confesse ne pas avoir été très habile, et précise sa pensée.

Début septembre, alors que la France du football débattait des sanctions à prendre en cas de comportements homophobes dans les stades, le président de la FFF Noël Le Graët avait été l'auteur d'une sortie remarquée sur France Info.

"C’est une erreur (d'arrêter les matchs en cas d'acte homophobe), lâchait-il. J’arrêterais un match pour des cris racistes, ça c’est clair. [...] Mais considérer que le football est homophobe, c’est un peu fort de café. Je ne l’accepte pas. Je trouve ça anormal de dire ça d’un sport qui a deux millions de licenciés, qui fait en sorte d’éduquer, qui a un nombre maximum d’éducateurs. On n’a absolument aucun problème. [...] Pour quelques personnes que je n’apprécie pas, il n’y aura plus de banderole mais arrêter le match, non."

Très vite, ces propos avaient suscité une vague de réactions, et notamment de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. "La position que Noël Le Graët a prise, en faisant une différence entre homophobie et racisme, elle est erronée", regrettait l'ancienne nageuse sur BFM TV. La situation s'est depuis un peu apaisée, et Le Graët est revenu sur cet épisode cette semaine, dans un long entretien à So Foot à paraître ce jeudi. En reconnaissant un manque d'habileté.

"Ça ne correspond pas à ce que je ressens"

"C’était maladroit, bien sûr. Si c’était à refaire, je ne le dirais pas comme ça, bien évidemment, concède le patron du foot français. Il n’y a pas de hiérarchie. L’erreur, elle est là. Ce que je voulais dire, c’est juste que dans le football, on a été plus embêtés ces dernières années avec le racisme. L’homophobie, vous pouvez interroger plein de joueurs, de Ligue 1, de l’équipe de France ou des joueuses, on n’a jamais eu de consigne d’omerta à ce sujet, je ne me permettrais pas. Donc, c’est une maladresse, ça ne correspond pas à ce que je ressens."

"Favorables" à des accords avec les supporters

Dans sa réponse, Le Graët en profite d'ailleurs pour livrer sa pensée sur l'origine du conflit entre les supporters et la LFP: les interdictions de déplacements. Et là encore, l'ancien président de Guingamp ne cherche pas à se faire des amis.

"En ce qui concerne le fond du sujet des banderoles, à savoir les déplacements de supporters, je suis évidemment favorable à l’idée de trouver des accords avec eux, à condition que les ultras arrêtent de se battre, lance-t-il. Je trouve ça stupide. Je comprends parfaitement que l’on défende son équipe, mais se battre au stade ou en dehors, j’ai du mal à comprendre. Quand on voit que certains prétendent que c’est l’amour du club… Mais ce n’est plus de l’amour si des gens se déplacent uniquement pour se battre. Après, ce n’est pas parce qu’il y a 50 imbéciles dans une tribune qu’on doit pénaliser 3000 supporters, c’est pourquoi j’aimerais qu’on travaille là-dessus avec la LFP."

CC