RMC Sport

OL: QI football, volume de jeu, timidité, Lepenant raconté par un de ses anciens coachs

L’Olympique Lyonnais a officialisé mercredi le recrutement Johann Lepenant en provenance de Caen. Le milieu de 19 ans possède un joli potentiel et va se lancer à l’assaut de la Ligue 1 après avoir brillé en Ligue 2 où il a notamment travaillé avec Patrice Sauvaget. L’entraîneur-adjoint de Caen présente pour RMC Sport le profil du nouveau talent récupéré par les Gones, aussi bien ses qualités que ses axes de progression.

L’histoire retiendra que la première recrue de l’Olympique Lyonnais après l’arrivée de John Textor se nomme Johann Lepenant. Jean-Michel Aulas avait déjà fait fuiter la nouvelle mais Lyon a ensuite patienté quelques jours avant de finaliser le transfert du milieu caennais contre un chèque de 4,25 millions d’euros.

Révélation de la Ligue 2 avec le Stade Malherbe de Caen, Johann Lepenant a donc quitté son club formateur où le staff de Stéphane Moulin l’a choyé deux saisons et n’a pas voulu le bloquer quand les Gones sont venus le chercher lors du mercato.

Un gros récupérateur qui "adore défendre"

Après avoir progressivement gagné du temps de jeu lors de la saison 2020-2021, Johann Lepenant s’est installé parmi les titulaires indiscutables de Caen lors de la campagne 2021-2022 en Ligue 2. Logique, compte tenu de sa faculté à multiplier les efforts. A même pas 20 ans - il les fêtera en fin d’année - le milieu axial a marqué les esprits et impressionné ceux qui l’ont côtoyé au quotidien en Normandie. Parmi eux, Patrice Sauvaget en tarit pas d’éloges pour le jeune joueur.

"Il a un très très gros volume de jeu. C’est quelqu’un qui adore récupérer de ballons qui adore défendre, explique l’adjoint du coach Moulin dans le staff caennais auprès de RMC Sport. Et c’est quelqu’un qui a possède une bonne technique générale avec aussi une intelligence de jeu au-dessus de la moyenne."

Johann Lepenant (à droite) lors de Caen-Grenoble, le 30 octobre 2021
Johann Lepenant (à droite) lors de Caen-Grenoble, le 30 octobre 2021 © Icon Sport

A l’image d’un ancien illustre Caennais, un certain N’Golo Kanté dont il est fan, Johann Lepenant de dispose pas de qualités athlétiques incroyables. Sa taille (1m76), notamment, ne lui permet pas d’endosser un rôle de tour de contrôle. Qu’importe, le récupérateur compense par ses autres qualités et notamment sa lecture du jeu et son engagement.

"C’est quelqu’un qui récupère beaucoup de ballons. Pas par son physique parce qu’il n’a pas un physique énorme, même s’il n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Il montre qu’il est là et ne va pas reculer, avance son désormais ex-entraîneur à Caen. Il va être plus dans la lecture du jeu, dans l’intelligence pour couper les trajectoires et trouver d’autres subterfuges que la force physique."

Un garçon "timide", "effacé" et pas encore un leader du vestiaire

Après deux belles années en Ligue 2 dans son cocon caennais, Johann Lepenant a décidé de franchir un nouveau cap dans sa carrière. En débarquant à Lyon, et malgré l’absence de compétition européenne, le milieu va y poursuivre son développement. Selon son ancien éducateur, l’international U20 tricolore (neuf sélections) va devoir se faire un peu violence pour s’intégrer à cause de sa grosse timidité. Autant sur le terrain il ne se laisse pas faire et est déjà "costaud mentalement", autant dans le vestiaire il reste tranquille.

"C’est quelqu’un qui est très effacé, très timide au premier abord. Justement, il a besoin de casser un peu sa carapace pour s’extérioriser. C’est quelqu’un que vous n’allez pas entendre. Voilà un gros axe de progression chez lui, il doit s’affirmer un peu plus en tant que leader, prévient Patrice Sauvaget. […] Il doit affirmer encore plus sa personnalité. Dans la vie de groupe vous n’allez pas l’entendre, il est effacé."

Un milieu pas assez efficace devant le but

Le retour d’Alexandre Lacazette à Lyon constitue un beau renfort offensif pour Peter Bosz. L’arrivée de Ludovic Giuly dans le staff rhodanien, pour s’occuper des attaquants, va également donner un bon coup de boost pour les buteurs. Et cela tombe bien puisque Johann Lepenant n’a pas encore réussi à se montrer assez tueur face au but adverse. Malgré ses 34 apparitions en Ligue 2 la saison dernière, le milieu n’a pas marqué une seule fois et n’a délivré qu’une seule passe décisive pour l’un de ses coéquipiers. Le néo-Gone n’a toujours pas débloqué son compteur but chez les pros. Son rôle défensif n’aide pas mais cela constitue le gros point noir de son jeu, en même temps que son principal axe de progression

"[Il peut progresser] Dans son efficacité devant le but. Il n’a pas du tout eu de réussite cette année. Je pense qu’il a une grosse marge de progression par rapport à cela, analyse encore l’adjoint de Stéphane Moulin au SMC. Mais il a déjà progressé dans l’orientation du jeu, il a progressé dans le jeu long, il a progressé dans beaucoup de situations donc cette efficacité devant le but c’est un axe qu’il va apprendre."

Lepenant a encore du "temps pour sa progression"

Un beau potentiel mais pas encore totalement fini voilà comment résumer jusqu’ici la carrière de Johann Lepenant. En même temps, difficile d’attendre d’un joueur de seulement 19 ans qu’il possède déjà toutes les qualités d’un taulier du championnat. Au moment de découvrir l’élite avec l’OL, compliqué de dire si le milieu jouera un jour chez les Bleus mais il va avoir un peu de temps pour faire son trou en France.

"Les Lyonnais l’ont fait signer pour cinq ans et non pas sur cinq mois, insiste enfin Patrice Sauvaget. Cela veut dire que cela peut demander un petit peu de temps pour son intégration au club de l’OL. […] Il a signé cinq ans. Je pense que le club et les dirigeants misent sur le temps pour sa progression."

A Lyon, où Thiago Mendes a prolongé son contrat mais pourrait constituer une solution en défense centrale dans le onze de Peter Bosz, Johann Lepenant semble avoir un bon coup à jouer dans l’entrejeu en concurrence ou associé à Maxence Caqueret. A lui de montrer qu’il peut franchir un nouveau palier avec l’OL. Après avoir séduit la Ligue 2, maintenant il faut en faire autant avec la Ligue 1.

Jean-Guy Lebreton Journaliste RMC Sport