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OM: comment la direction essaie de réagir face à la révolte des supporters

À la suite de la mise en demeure de la plupart des groupes de supporters, et surtout la menace de résilier la convention qui les lie à l’OM, Jacques-Henri Eyraud et encore plus Hugues Ouvrard ont pris la parole ces dernières heures, notamment lors d’une visioconférence virile mais correcte avec les membres d’OM Nation.

Face à la grogne, la direction de l’OM essaie de préciser sa pensée et ses propos. La mise en demeure adressée aux groupes de supporters a été interprétée comme une volonté d’écarter les associations du Vélodrome et de la vie olympienne. L’Olympique de Marseille s’en défend. Dans l’émission Quotidien, le président olympien Jacques-Henri Eyraud affirme: "On ne veut pas sortir 28.000 personnes des virages, ça n'a jamais été notre intention, jamais. Mais bon, ça peut-être qu'on va l'expliquer un peu mieux."

Justement, le directeur général Hugues Ouvrard – signataire des lettres adressées aux groupes de supporters – a enchaîné, ce vendredi, plusieurs réunions ou visioconférences. Lors de l’une d’elles, avec les responsables d’OM Nation - dont beaucoup de sections ont décidé de se désengager pour marquer leur mécontentement - Ouvrard a essayé de se montrer plus précis sur la volonté de la direction. Ou de "rattraper le coup", selon le sentiment de certains de ses interlocuteurs.

Ouvrard promet qu’il ne veut pas d’un Vélodrome aseptisé

"Nous respectons beaucoup les supporters de l’OM, notamment ceux des groupes. Et je souhaite les revoir dans les virages! L’ambiance du Vélodrome est importante. La passion et la ferveur font partie des valeurs de l’OM. Mais d’autres valeurs importantes doivent aussi être le dialogue et la non-violence. Je veux sortir le club de cette crise et cela passera par davantage de dialogue!", a tenté d’expliquer Ouvrard, face à des amoureux de l’OM peu convaincus.

Le Head of Business de l’OM a justifié la mise en demeure des groupes par le fait que les incidents vécus à la Commanderie étaient "inacceptables" et que "rien ne pouvait justifier cette violence", Ouvrard affirmant que certaines personnes avaient frôlé la mort au centre RLD, à cause "d’un fumigène à 1200 degrés ou de pierres" qui ont frôlé le visage d’un stadier ou d’employés de l’OM présents sur place. "Tout cela mérite des explications" de la part des groupes de supporters, a justifié Ouvrard.

Un membre d’OM Nation: "Il n’a endormi personne. On refuse d’être des footix dociles à la botte de JHE!"

Au sujet du véritable objectif de la direction olympienne, l’inquiétude est grande dans les rangs des passionnés de l’OM, qu’ils soient dans la cité phocéenne ou loin de Marseille. L’un des responsables d’OM Nation, présent lors de cette visioconférence, et qui n’en est pas sorti "plus rassuré que ça", donne son sentiment: "Ouvrard est bien sympathique, mais il n’est que le bouclier d’Eyraud. Il n’a endormi personne. On a tous été meurtris par cette attaque frontale envers les groupes historiques. Beaucoup d’entre nous avons vibré dans les virages étant jeunes, avant de s’expatrier. On refuse d’être des footix dociles à la botte de JHE!"

Mission délicate. Hugues Ouvrard a donc essayé de rassurer ses interlocuteurs: "Il est capital que l’on retrouve un accord avec les groupes de supporters. On doit garder cette ambiance populaire en virages avec notamment un prix de l’abonnement conforme à ce qui se fait actuellement. Je ne souhaite pas faire du Vélodrome un stade aseptisé. Je veux un stade avec des tifos, un stade populaire, que ça gueule, que ça mette la pression sur l’équipe adverse ou que ça chante contre nous si on n’est pas à la hauteur!", a lancé en substance le DG olympien, toujours selon des propos rapportés à RMC Sport par l’un des participants à la réunion.

Ouvrard sur Eyraud: "Ce n’est pas en criant qu’on veut la tête du roi qu’on va avoir la tête du roi"

Le directeur général de l’OM a terminé sa visioconférence en prônant… la stabilité, même dans cette période de crise. "Ce club n’est pas à vendre. Et il n’a jamais reçu la moindre offre, le moindre mail, le moindre message, ni venant d’Arabie Saoudite, ni venant de Tunisie ou d’ailleurs".

Questionné avec vigueur et passion par les responsables d’OM Nation, qui n’ont pas hésité à insister sur la nécessité, selon eux, de voir Jacques-Henri Eyraud démissionner, Hugues Ouvrard a utilisé une formule choc: "Ce n’est pas en criant que l’on veut la tête du roi que l’on va avoir la tête du roi. Jacques-Henri a peut-être fait des erreurs, mais il a aussi fait beaucoup de choses positives. Frank McCourt lui a renouvelé sa confiance il y a dix jours. Céder à ces pressions, ce n’est pas le mode de fonctionnement d’une entreprise. J’ai beaucoup de respect pour nos supporters, mais quand un actionnaire a mis 370 millions d’euros dans un club, il est en droit de décider qui doit manager ce club".

Les responsables d’OM Nation ont rétorqué qu’un club de foot n’était pas une entreprise comme une autre. Et que c’était une drôle de conception du business que de se couper de ses clients et consommateurs… à savoir les supporters. Chaude ambiance, même à distance!

Florent Germain, à Marseille