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OM : Michel ressort la boîte à excuses

Michel, l'entraîneur espagnol de l'OM

Michel, l'entraîneur espagnol de l'OM - AFP

Présent en conférence de presse ce vendredi, à la veille du déplacement de l’OM à Lorient (samedi, 17h) pour la 30e journée de Ligue 1, Michel est revenu sur les difficultés traversées par le club phocéen cette saison. Un discours rempli d’excuses, comme toujours avec le technicien espagnol.

C’est une habitude qui commence à virer au marronnier du côté de la Canebière. Michel et sa tendance à se trouver des excuses. Dans la bouche du technicien espagnol, elles sont nombreuses. Et elles l’exonèrent de responsabilités au cœur d’une saison pourtant morose, avec un OM qui pointe au 11e rang à la veille de son déplacement à Lorient (12e avec le même nombre de points) ce samedi après-midi (17h) à l’occasion de la 30e journée.

Arrivé avant la 3e journée, l’ancien joueur du Real Madrid n’a pas trouvé la formule pour rapprocher le club phocéen d’une qualification en Coupe d’Europe via la Ligue 1 (elle reste possible grâce à la Coupe de France). Est-ce sa faute ? Pas dans ses mots, en tout cas. Nouvelle preuve ce vendredi, en conférence de presse, où Michel a encore sorti la boîte à excuses.

« Toute cette saison, on a été en marche arrière »

Il y avait d’abord celle de la nervosité et du stress des joueurs, principale raison selon lui de la série noire au Vélodrome, où l’OM n’a plus gagné en championnat depuis le 13 septembre. « Cette anxiété nous amène à mal jouer, explique le coach marseillais. La jeunesse de l’effectif fait que leur rendement baisse quand on leur donne des responsabilités. Il faut leur enlever cette pression pour qu’ils sachent que la seule chose à faire, c’est de jouer. Nous ne voulons pas qu’ils se sentent coupables des résultats et de la situation. » Ce stress expliquerait le manque d’efficacité de ses joueurs. Dommage quand on sait qu’il considère que l’efficacité ne se travaille pas à l’entraînement…

En forme « michelienne », l’ancien entraîneur de l’Olympiakos a embrayé sur les circonstances compliquées de cette saison, difficile à vivre du début à la fin entre le départ de Marcelo Bielsa, les polémiques, les blessés et les difficultés en coulisses. Un argument dont il est friand. « Ce n’est pas normal d’affronter toutes ces situations, lance Michel. Toute cette saison, on a été en marche arrière. »

« Quand on arrive un mois et demi après, il faut s’adapter… »

Prochaine excuse sur la table ? Son arrivée tardive à la tête du club. Tout aurait été plus simple pour Michel s’il avait été en poste dès le début de saison. Si l’intéressé en a parlé avec le sourire, sa sortie penchait tout de même vers le tacle bien appuyé à Vincent Labrune, son président.

« Tout change quand un entraîneur commence avec son groupe dès la préparation d'avant-saison, insiste l’Espagnol. Cela lui permet d'avoir un peu plus la main au moment de constituer son effectif mais aussi d’instaurer des règles de vie, des habitudes d'entraînement, la discipline. Quand on arrive un mois et demi après, il faut s'adapter. Et cette adaptation est toujours plus facile quand les résultats suivent. Là, quand j'ai débarqué à l'OM, il y avait déjà deux matchs joués et zéro point au compteur. Ce n'est pas évident. Être là dès le début te permet de choisir des joueurs pour une idée de jeu et avec une personnalité qui peut t'aider dans le vestiaire. »

« Il se peut qu’on ne puisse pas aller au-delà »

On touche au point de crispation le plus conflictuel du duo Labrune-Michel. Pour le premier, l’effectif olympien doit permettre de viser au minimum les quatre ou cinq premières places. Pour le second, l’effectif ne serait que moyen et accrocher l’Europe, un exploit.

« Peut-être que notre effectif ne nous permet pas d’être au mieux, constate le coach. Mes joueurs font parfois plus que ce qu’ils peuvent. Il se peut qu’on ne puisse pas aller au-delà, mais eux tentent et l’entraîneur aussi. »

« Si on jouait avec un autre maillot, on serait beaucoup plus haut »

Arrive alors l’excuse de la pression inhérente à un club passionné et passionnant comme l’OM. « Je suis convaincu que si on jouait avec un autre maillot, on serait beaucoup plus haut dans le classement… » Ce serait peut-être également le cas avec certains cadres de l’an dernier, les Gignac, Ayew ou Payet.

Michel refuse d’utiliser l’argument en public. Mais c’est bien ce qu’il pense. Alors ses circonvolutions rhétoriques finissent par le trahir : « Je pourrais dire cela pour me justifier mais c’est une excuse que je ne dois pas manifester car je savais avec quels joueurs j’allais travailler. Bien entendu, l’équipe serait bien différente avec eux. Ils étaient aussi de véritables locomotives dans le vestiaire. » La séance d’excuses prend fin. Jusqu’à la prochaine.

A.H. avec F.Ge. à Marseille