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Saison historique pour le LOSC, sacré champion de France dix ans après son dernier titre en Ligue 1

Au terme d'une saison marquée par un changement de propriétaire et des révélations sur le terrain, le LOSC a remporté le championnat de France au nez et à la barbe du PSG. Christophe Galtier, Burak Yilmaz et Luis Campos sont les artisans de cette réussite nordiste.

Il y a dix ans, c'était déjà une remarquable performance. C'est aujourd'hui un exploit majuscule. Sur le fil, le LOSC a remporté le titre de champion de la saison 2020-2021 de la Ligue 1, grâce à sa victoire à Angers, lors de la 38e et dernière journée disputée ce dimanche. Sacré pour la quatrième fois de son histoire, le club nordiste est parvenu à détrôner le Paris Saint-Germain, son dauphin qui restait sur trois saisons victorieuses et qui était à la conquête du dixième championnat de son histoire.

À une ère où le PSG paraît chaque année intouchable avec la force de frappe de son actionnaire qatari, que seule la richesse russe de l'AS Monaco a pu battre depuis 2013, cette nouvelle belle page dans l'histoire des Dogues ne s'est pas écrite sans accroc. Avant la trêve internationale mars, l'élimination en seizièmes de finale de la Ligue Europa (face à l'Ajax) s'est suivie d'un enraiement de la machine avec deux défaites et deux nuls en six rencontres. En coulisses, le club a vécu un changement de propriétaire en décembre. Gérard Lopez, aux manettes du rachat de 2017, a été poussé dehors par ses créanciers, mécontents de la situation très instable des comptes. Malgré ce coup de théâtre, impliquant l'arrivée d'Olivier Létang à la présidence, l'équipe a su traverser les turbulences sans trop de casse.

Yilmaz, leader inattendu

Les circonstances particulières de la pandémie ont peut-être contribué à ce dénouement inattendu, avec notamment une entrée en lice catastrophique du PSG, alors émoussé par sa finale perdue de Ligue des champions. Ce serait toutefois minimiser les ressources sportives du PSG, constaté sur toutes les pelouses de France par les démonstrations de Kylian Mbappé et les parades salvatrices de Keylor Navas.

S'il n'y a pas de star du calibre des vedettes parisiennes, Burak Yilmaz a surpris en devanant la figure emblématique de ce sacre lillois. Arrivé sans indemnité de transfert à l'âge de 35 ans, en provenance de sa Turquie qu'il n'avait jamais quittée depuis le début de sa carrière. En dépit de ses références intéressantes dans son pays, difficile de croire l'été dernier qu'il aurait fait mieux qu'un attaquant d'appoint. Son bilan est finalement excellent: 16 buts et 5 passes décisives, avec un impact considérable sur le jeu de l'équipe et sur l'issue des matchs. Surtout, il a apporté du vécu à un vestiaire à la moyenne d'âge relativement faible.

Galtier à son apogée

Il y a aussi beaucoup à dire sur le reste du onze, de Mike Maignan qui a confirmé sa fiabilité au poste de gardien, à Jonathan David qui a fini par s'adapter au championnat, en passant par l'expérimenté Jose Fonte en défense centrale. Il y a aussi les compatriotes de Burak Yilmaz, Yusuf Yazici et Zeki Celik, qui ont très bien contribué à leur façon. Autant de réussites qui ont un dénominateur commun: Christophe Galtier.

L'entraîneur de 54 ans a impressionné par sa capacité à mener ce groupe à la victoire, à construire une équipe cohérente et, sans doute aussi, à se débarrasser de ce cliché du coach français frileux qui le collait à la peau depuis son expérience de huit ans à l'AS Saint-Étienne. Il a su obtenir des résultats d'une importance capitale face aux gros: 3-2 contre l'OL et 1-0 contre le PSG en avril, ou encore 2-1 face à Monaco en décembre.

Cela lui vaut d'obtenir encore une fois le trophée UNFP du meilleur entraîneur de l'année, décerné par ses pairs. Et peut-être d'envisager une suite à un standing plus élevé, que ce soit en France ou à l'étranger.

Gare à la chute

Ce succès est aussi celui de Luis Campos, qui avait déjà fait des heureux à Monaco. Avec le changement de direction, le conseiller sportif portugais a quitté le club. C'est néanmoins bien lui qui a oeuvré sur le dernier marché estival des transferts pour dessiner cet effectif et trouver les remplaçants adéquats aux importants départs (Osimhen à Naples par exemple). Il est ainsi responsable de la trouvaille Burak Yilmaz.

Mais sans Luis Campos, peut-être sans Christophe Galtier et a priori sans quelques éléments importants qui seront partis cet été, le plus dur risque d'être à venir pour le Losc. Si ce succès a finalement récompensé le projet de Gérard Lopez, celui-ci reposait sur une sorte de fuite en avant qui n'est manifestement plus viable avec la crise économique et l'effondrement des droits TV. Le chantier pour maintenir le Losc au plus haut niveau, et qu'il soit compétitif en Ligue des champions la saison prochaine, s'annonce très ardu.

https://twitter.com/julien_absalon Julien Absalon Journaliste RMC Sport