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Effectif, résultats, montée: où en est le RC Lens ?

Pensionnaire de Ligue 2 depuis 2015-2016, le RC Lens a manqué de peu la montée au printemps dernier, battu en barrage par Dijon. Après un été mouvementé, le club sang et or a donc remis une pièce dans la machine, toujours aussi déterminé à retrouver l'élite. Pour quels résultats?

Après quatre ans au purgatoire, les supporters sang et or avaient bien cru (re)voir la lumière, au printemps dernier. Cinquième presque miraculeux de la saison régulière de Ligue 2, le RC Lens avait sorti coup sur coup le Paris FC, puis Troyes, en barrages de promotion, pour s’offrir une finale face à Dijon. Mais après un nul prometteur au match aller (1-1), les Nordistes avaient craqué lors du retour en Côte-d’Or (3-1).

"Nous n'avons jamais été aussi proches d'être en Ligue 1, car c'était l'un des matches les plus accessibles", soupirait alors le coach Philippe Montanier. La formation nordiste devait repartir de zéro une fois de plus, recommencer sa quête de l’élite depuis le début. Cinq mois sont passés, les larmes ont séché, et Lens a repris son train-train quotidien en deuxième division, un peu perturbé, ce mardi soir, par un déplacement à Nîmes en Coupe de la Ligue (18h45). L’occasion de se pencher sur la situation actuelle du RCL.

Un groupe "plus solide" et très remanié

Plus gros budget de Ligue 2 (35 millions, devant Lorient et Guingamp), Lens a vite annoncé la couleur l’été dernier: en 2019-2020, l’objectif numéro 1 reste la montée. Le club sang et or avait aussi laissé entendre qu’il allait privilégier la stabilité, après un exercice 2018-2019 marqué par un changement de staff et un grand renouvellement de l’effectif. Ce n’a pas été le cas. Certes, Philippe Montanier est resté sur le banc, mais le vestiaire a énormément bougé. Une quinzaine de joueurs sont ainsi arrivés à petit prix, parmi lesquels les attaquants Jules Keita (Dijon), Florian Sotoca (Grenoble), Gaëtan Robail (PSG) ou le milieu Yannick Cahuzac (Toulouse). Et dans le sens inverse, on a pu compter une vingtaine de départs. Modibo Sagnan a par exemple été vendu 4,5 millions d’euros à la Real Sociedad, Yannick Gomis 4 millions à Guingamp, et Mounir Chouiar 3,5 millions à Dijon.

Conséquence: Philippe Montanier a dû repartir d’une page blanche, pour mettre en place un onze cohérent. Il semble l’avoir trouvé dernièrement avec un 3-4-3, dans lequel on trouve Leca au poste de gardien, Radovanovic, Diallo et Gradit derrière, tandis que le milieu s’articule autour du duo Cahuzac-Gillet, et que l’attaque tourne avec Sotoca, Banza, Mauricio ou Robail, voire Boli. Jusqu’à présent, aucun joueur offensif ne s’est particulièrement démarqué, la plupart tournant à deux, trois ou quatre réalisations. Mais c’est ce qui semble plaire au coach. "Nous avons un meilleur potentiel global que la saison passée et on l’a vu avec nos remplaçants entrés en jeu à Nancy (0-0, vendredi dernier), expliquait Montanier il y a quelques jours. Ils ont amené leur touche et leur potentiel. On a un groupe plus solide pour voyager si on a trois ou quatre gros bobos, ce qui n’était pas le cas l’an dernier. Bien sûr, il y a aussi plus de maturité. Et puis cette saison, en championnat il n’y a pas d’équipe au-dessus du lot."

Une deuxième place, mais des résultats en dents de scie

Est-ce que cela va suffire pour décrocher la montée? C’est la grande question. Après 12 journées, Lens est deuxième de L2 avec 22 points, à deux longueurs de Lorient qu’il recevra samedi, et à égalité avec Ajaccio et Troyes. Sur le papier, le bilan est correct, donc. Dans le contenu, c’est un peu plus compliqué. Malgré deux victoires initiales contre Le Mans (2-1) et Guingamp (2-0), porteuses d’espoir, les Sang et Or se sont offerts une petite crise estivale en enchaînant quatre matches sans succès, dont deux défaites contre Le Havre (3-1, à domicile) et Troyes (2-0), des concurrents directs. Après son nul à Grenoble le 2 septembre, Lens était même 12e provisoire, en proie au doute.

Et le "retour" de la victoire face à Châteauroux (1-0) lors de la 7e journée, n’a pas franchement permis de faire retomber la pression. Parce que Lens avait offert une bonne bouillie de ballon, et parce que l’après-match avait été marqué par une prise de becs entre Jean-Louis Leca et les supporters lensois, toujours aussi nombreux au stade, mais logiquement agacés par la mauvaise série. Le portier n’avait pas apprécié le refus du public de participer au clapping post-rencontre.

"C’était un match de merde qu’on a gagné, grinçait alors l’ancien Bastiais. Mais quand j’entends 'On veut la Ligue 1', eh bien moi la Ligue 1 je la prends même avec 30 matches pourris comme celui-là. C’est dans ces moments qu’on doit rester tranquille. On a perdu plein de matches comme ça l’an dernier. Ceux qui étaient sur le terrain ont cravaché. Quand on veut fêter notre victoire, et qu’on se fait rembarrer comme des gamins, ça ne fait pas plaisir. C’est blessant, il n’y a pas de tricheurs dans ce groupe. On fait bien, on fait mal parfois. Si on était Ronaldo ou Messi, on ne jouerait pas à Lens…"

Les trois victoires consécutives face à Caen (2-0), le PFC (2-1) et Orléans (4-1) ont toutefois calmé les esprits, en même temps qu’elles ont fait remonter Lens au classement. "Le public a manifesté son mécontentement contre Châteauroux, et c’était normal, a observé Leca avec du recul. J’espère sincèrement que l’on fera une très belle célébration tous ensemble en fin de saison, mais j’espère qu’elle durera trois ou quatre jours. Je veux faire une célébration après une victoire en championnat comme si on avait gagné la Coupe du monde…" Pour cela, il reste 26 journées à bien négocier. Et beaucoup d’incertitudes à lever.

CC