RMC Sport

Juventus-Ajax: Ronaldo, une machine à buts dans les matchs décisifs

Depuis près d’une dizaine d’années, Cristiano Ronaldo est quasi-systématiquement décisif lors des matchs de Ligue des champions à élimination directe. Cette saison encore, le voilà à 4 buts en 3 matchs depuis que la Juventus est sortie de sa poule. Et son club a fait le nécessaire pour qu’il récidive ce mardi soir, face à l’Ajax (21h, RMC Sport 2).

C’est pour des soirs comme celui-là que la Juventus l’a acheté. Pas pour inscrire des doublés contre Frosinone ou Cagliari, non, mais pour briller sur la scène européenne en milieu de semaine. Pour permettre à la formation turinoise de passer des tours de Ligue des champions au printemps, et de se rapprocher, enfin, d’un premier sacre continental depuis 1996.

Ce mardi, en quart de finale retour contre l’Ajax (21h, RMC Sport 2), et en l’absence de Mandzukic, Cristiano Ronaldo portera sur ses épaules une grande partie des ambitions turinoises. Jusque-là, ça ne l’a pas effrayé: un peu en retrait lors de la phase de poule, avec un but en 5 matchs, le quintuple Ballon d’or a passé la seconde à partir des huitièmes, trouvant le chemin des filets 4 fois en 3 rencontres, et inscrivant tout simplement 100% des buts de son équipe. La remontada contre l’Atlético (3-0)? C’est lui. Le but à Amsterdam (1-1) qui pourrait valoir cher? C’est lui aussi.

>>> Cliquez ici pour vous abonner à RMC Sport et profiter en exclusivité de la Ligue des champions

Des buts, et des buts qui comptent

Meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des champions (125 unités, devant les 108 de Messi), le Portugais a fait des matchs à élimination directe sa chose. Depuis la saison 2011-2012, le constat est flagrant. Cette année-là, CR7 avait mis 7 buts en 6 matchs une fois sorti des poules. En 2012-2013, c’est 6 buts en 6 matchs à partir des huitièmes, puis 8 buts en 6 matchs en 2013-2014, 5 en 6 matchs en 2014-2015, encore 5 en 6 matchs en 2015-2016, 10 en 7 matchs en 2016-2017, et enfin 6 en 7 matchs la saison passée... Une machine. Au total, Ronaldo en est à 64 réalisations en 78 rencontres à élimination directe en C1, soit un ratio de 0,82 but par match. Nettement supérieur à n’importe quel autre joueur habitué à disputer la Ligue des champions au printemps.

Et puis, derrière la stat, il y a l’importance des buts en question. Comme cette année contre l’Atlético, Ronaldo a gagné des matchs-clés à lui seul, ou presque. Et souvent quand son équipe était dans le dur. On se souvient de sa superbe bicyclette et de son triplé à Turin en avril 2018 (3-0) – ce qui avait participé à son futur transfert – puis de son penalty plein de sang-froid à la dernière seconde du match retour (1-3) alors que le Real allait imploser. On se rappelle aussi son triplé contre le Bayern en avril 2017 en quart de finale retour (4-2), dont deux buts en prolongation ayant offert la qualification à Madrid.

La pression? Quelle pression?

La clé d’une telle réussite, et surtout d’une telle régularité? L’émulation, le travail, sans aucun doute, mais aussi une parfaite gestion de la pression. Il y a quelques semaines, l’Université de Louvain (Belgique) et la société SciSports avaient publié une étude sur les performances des meilleurs footballeurs dans les moments de stress élevé. Et alors que l’on constatait de moins bonnes prises de décisions de Neymar lorsque la pression augmente, Ronaldo s’y révélait au contraire totalement insensible, capable de prestations égales (et de haute volée) quel que soit l’enjeu de la rencontre.

"Il n’aurait pas été normal que la Juventus soit éliminée de la Ligue des champions avec Cristiano Ronaldo qui ne marque qu’un but, souriait lundi l’entraîneur turinois Massimiliano Allegri. Cela aurait vraiment été étrange. Nous sommes chanceux de l’avoir. […] Il peut devenir un joueur différent à certains moments." Pour s’assurer que sa star soit encore décisive en cette campagne européenne, la Juventus a d’ailleurs décidé de la mettre sous une cloche en verre. Ronaldo n’a ainsi plus joué en championnat depuis le 3 mars contre le Napoli, loupant les six dernières rencontres des Bianconeri en Serie A. Parce qu’il a été blessé avec sa sélection, certes, mais aussi parce que Allegri veut le voir à 100% pour les matchs "qui comptent", le titre national étant déjà presque acquis. Pour le moment, la stratégie a fonctionné.

Clément Chaillou