RMC Sport

Ligue des champions: pourquoi le Real peut trembler face à l'Ajax

Vainqueur aux Pays-Bas à l’aller (2-1), le Real Madrid reçoit l’Ajax ce mardi (21h sur RMC Sport), en huitième de finale retour de la Ligue des champions. Sans grande confiance, compte tenu du contexte morose sportivement et des tensions dans le vestiaire, face à la fougue d’une équipe d’Amsterdam qui ressemble fort à un piège pour le triple tenant du titre.

Il fut un temps où après s’être imposé à l’extérieur, le Real Madrid n’avait plus rien à craindre au match retour. Sûr de sa surpuissance et en pleine confiance, le club espagnol a régné sans partage et sans accumuler les frayeurs sur une Ligue des champions dont il est triple tenant du titre. Mais la donne a en partie changé cette saison. Au point de voir les hommes de Santiago Solari sous pression ce mardi, pour leur huitième de finale retour contre l’Ajax (21h sur RMC Sport).

Des résultats en berne et un triple clasico qui a fait mal

Les discussions se font plus denses à mesure que les mauvais résultats s’enchaînent. Et actuellement, cela discute beaucoup dans le vestiaire du Real Madrid. "Je ne peux pas vous dire ce qu’il s’est dit mais c’est sûr qu’on a parlé, reconnaissait lundi Luka Modric en conférence de presse. Quand les choses ne vont pas bien, il faut parler, comme au sein d’une famille. Tout allait bien après ces discussions. Ce qui nous manque cette saison, c’est la régularité. On commence bien, après on enchaîne une période de défaites puis on revient bien… Le manque de continuité et de réalisme aussi, c’est certain. Mais il reste encore du temps et on ne peut pas abandonner."

Ne pas abandonner malgré un triple clasico qui a fait très mal dans les têtes. Après une série de huit matchs d’affilée sans défaite toutes compétitions confondues (un nul contre Barcelone et sept victoires), le club de la capitale a donné des signes de rechute en s’inclinant à domicile contre Gérone (2-1) le 17 février. Mais ce sont surtout les deux défaites en quatre jours contre le Barça (les deux à Bernabeu) qui ont fait mal dans les têtes madrilènes. 1-0 en championnat samedi et surtout un cinglant 3-0 plein de réalisme en demi-finale retour de Coupe du roi mercredi. Sévère et cruel.

>>> Cliquez ici pour vous abonner à RMC Sport

La dernière chance d’accrocher un trophée

Le Barça caracole en tête du classement avec 12 points d’avance sur son rival, actuellement troisième. Lequel est en prime éliminé de Coupe du roi et ne peut donc miser que sur la Ligue des champions pour éviter le presque zéro pointé lors d’une saison entamée par une défaite contre le voisin l’Atlético en Supercoupe d’Europe (4-2), et qui affiche en guise de seule éclaircie un sacre au Mondial des clubs qui semble bien modeste.

Solari sous pression

Santiago Solari joue gros. Celui qui fait figure de choix par défaut avait été nommé intérimaire fin octobre, en remplacement d’un Julen Lopetegui qui avait toujours le soutien assez large du vestiaire. Avant d’être confirmé dans ses fonctions mis novembre, avec un contrat allant jusqu’en 2021. Mais au Real Madrid, tout va toujours très vite. Et on ne pardonne ni la mauvaise gestion du vestiaire ni le manque de résultats.

Le départ de Cristiano Ronaldo l’été dernier n’explique pas tout. La situation est grave et ressemble fort à une crise qui dure. A tel point que la rumeur José Mourinho a fait son retour dans les couloirs espagnols depuis quelques semaines. "Ce club a toujours eu plus de prétendants que Julia Roberts, s’amuse Solari en conférence de presse. Je pense que c'est tout à fait normal." Un rire un peu jaune.

Des problèmes avec Bale et Isco

Outre un manque de résultats flagrants, Santiago Solari fait face à un vestiaire qui grince en partie des dents. Le problème le plus épineux concernant Gareth Bale, dont le temps de jeu s’est réduit et qui a eu droit aux sifflets du Bernabeu dimanche à sa sortie… avant de snober tout le monde et de quitter l’enceinte avant même la fin du clasico.

"En six ans en Espagne, il a tout gagné, s’agaçait son agent sur Sky Sports lundi. C'est l'un des meilleurs joueurs du monde. Ces supporters devraient lui baiser les pieds."

Isco, lui, est le petit chouchou du public… mais pas de son entraîneur. Ovationné à son entrée en jeu dimanche, l’international espagnol joue peu et son dialogue avec le coach serait proche du néant selon la presse espagnole. Au point de songer fortement à un départ. Sans parler du cas Marcelo, littéralement aux fraises depuis le début de la saison. "Il se montre juste avec tout le monde", assure pourtant Casemiro au sujet de Solari dans un entretien accordé à Esporte Interativo. 

Le souvenir du match aller

Un contexte de tension et de morosité qui offre une vraie opportunité à un Ajax très séduisant au match aller. La jeunesse du club néerlandais a fait des merveilles dans le jeu, avec des traits de football total cher à Johan Cruyff… et au Barça. Du mouvement permanent, des passes courtes et un travail de bloc qui a fait mal à un Real toutefois sans pitié en contre.

"Je n’ai pas été surpris par le match qu’ils ont livré à l’aller, insiste Casemiro. Ils ont fait deux grands matchs contre le Bayern. Nous allons essayer de jouer de la même manière qu’à l’aller. Nous n’avions pas fait une grande prestation mais le résultat était bon. Le plus important, peu importe la manière, c’est de nous qualifier." La rencontre avait été ponctuée d’un but refusé sur un hors-jeu qui a fait débat (Tagliafico 37e minute) et d’occasions manquées de la part de l’Ajax, dont cette frappe ratée de Dolberg dans le temps additionnel, sur la balle du 2-2.

L’Ajax, le jeu parfait pour renverser le Real?

Face à un Real privé de Sergio Ramos (suspendu), les séduisants coéquipiers du futur Barcelonais Frenkie De Jong ont une jolie carte à jouer. 19 tirs au total pour l’Ajax au match aller, contre 13 pour des Madrilènes qui ne devaient leur salut qu’à des buts de Karim Benzema et Marco Asensio. En pratiquant ce même pressing incessant et avec plus de réalisme dans un match qu’ils joueront finalement sans pression, les joueurs d’Amsterdam ont des atouts.

"Pour nous, un match de Ligue des champions est toujours important. Surtout celui de ce mardi, contre une très bonne équipe, jeune et ambitieuse, estime Luka Modric. C’est un match clé cette saison, parce que nous voulons disputer les quarts de finale." Un match clé certes. Mais le verrou n’a pas encore sauté.

A.Bouchery