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Premier League: le bilan provisoire du mercato, juste avant le sprint final

A quatre jours de la fermeture du mercato en Angleterre, la Premier League est restée plutôt calme jusque-là. Trop calme? Après des dernières fenêtres de transferts flamboyantes, les clubs n'avaient ni des besoins abyssaux, ni les moyens de dépenser sans compter. Même si certains cas se distinguent.

Rendez-vous sur la page "transferts" du site officiel de la Premier League. Chaque club y possède son petit paragraphe, résumant son activité durant le mercato estival. Les colonnes "entrées" sont assez réduites, exception faite des promus (Sheffield United, Norwich et surtout Aston Villa), inévitablement très actif pour pérenniser des effectifs censés batailler pour le maintien. 

Comme de coutume, les regards sont tournés vers le Big Six. Et contrairement aux années précédentes, les cadors anglais sont restés sages. Très sages. Il reste quatre jours avant la fermeture du mercato anglais, jeudi 8 août, à la veille de l'entame de la saison par un Liverpool-Norwich (21h sur RMC Sport vendredi 9 août).

Chelsea contraint et forcé

Une sagesse forcée pour Chelsea, le club étant interdit de recrutement sur décision de la Fifa. Les Blues étaient parvenus à boucler l'arrivée de Christian Pulisic dès l'hiver dernier et le prêt de Mateo Kovacic s'est concrétisé par un achat. Du côté des sorties, le club londonien a vu partir sa star Eden Hazard pour le Real Madrid. Chelsea, qui n'a pas conservé Gonzalo Higuain, se sera surtout chargé de dégraisser, pour alléger un effectif très large (notamment de joueurs prêtés), passé du commandement de Maurizio Sarri à celui de Frank Lampard.

City au stade des retouches, Liverpool très discret

Manchester City, double champion en titre, devrait encore livrer un duel à couteaux tirés avec Liverpool cette saison. Les deux clubs ont connu un été calme. Le vainqueur de la Ligue des champions, qui avait déjà bien anticipé son besoin numérique la saison dernière avec les arrivées de Fabinho ou Naby Keita, n'a recruté que le jeune défenseur central Sepp van den Berg (17 ans) en provenance du PEC Zwolle et le grand espoir Harvey Elliot (16 ans), venu de Fulham. Oui, c'est peu. 

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C'est un poil plus pour les Cityzens. Ce qui a valu à Jürgen Klopp de classer son rival dans la catégorie des clubs évoluant "un monde parallèle où vous obtenez tout ce que vous voulez", avec le Real, le Barça ou le PSG. Manchester City a payé la clause libératoire de Rodri, acheté 70 millions d'euros à l'Atlético et devenu le deuxième joueur le plus cher de l'histoire du club après Kevin de Bruyne. Angelino, acheté 12 millions au PSV Eindhoven, est revenu à City après avoir bourlingué. 

Si les Reds ont su très vite verrouiller leurs joueurs (y compris le héros de la demi-finale de Ligue des champions contre le Barça Divock Origi, qui a prolongé), les Cityzens pourraient encore perdre Leroy Sané. Sorti sur blessure ce dimanche lors du Community Shield, l'ailier allemand est proche du Bayern. Même si Pep Guardiola ne veut pas le laisser partir. Par ailleurs, le mercato n'est pas encore totalement bouclé pour les Skyblues, qui seraient proches d'échanger Danilo (et un chèque) contre Joao Cancelo, de la Juve.

Arsenal joue les filous, Tottenham encore timide

Deux ennemis éternels, deux stratégies. Du côté d'Arsenal, Unai Emery et le board communiquaient en début d'été sur une enveloppe globale de seulement 45 millions d'euros. Un jeu de dupes, vite mis au jour. Les Gunners se sont attachés les services de Dani Ceballos en prêt payant. En cruel besoin de défenseurs, le club a recruté William Saliba en vue de 2020 (30 millions d'euros), resté en prêt à Saint-Etienne cette saison. 

Le secteur offensif semblait plutôt très correctement fourni. Et pourtant, Arsenal a frappé un grand coup en arrachant l'un des gros dossiers de cette fenêtre de transferts: Nicolas Pépé, arrivé de Lille pour 80 millions d'euros. Loin des 45 millions initiaux donc... Et les Gunners se retrouvent cités pour un éventuel transfert de Philippe Coutinho. Rumeur improbable, compte tenu des priorités du club, désireux surtout de boucler l'arrivée de Kieran Tierney, latéral gauche du Celtic.

Tottenham, finaliste malheureux de la dernière Ligue des champions, n'avait recruté personne l'an dernier et se préparait à un exil massif. Au lieu de ça, tout le monde (ou presque) est resté, même si Kieran Trippier a pris la direction de l'Atlético. A force de prendre son mal en patience, Mauricio Pochettino commence à s'agacer. 

"Je ne suis pas le responsable. Je ne sais rien de la situation de mes joueurs. Je ne fais que les entraîner, en essayant d'obtenir le meilleur d'eux. Vendre ou acheter des joueurs, prolonger ou ne pas prolonger un contrat. Ces choses ne sont pas entre mes mains, mais entre celles du club et de Daniel Lévy", s'emportait le technicien des Spurs mercredi.

Tanguy Ndombele est venu de l'OL pour 60 millions d'euros (+10 millions d'euros de bonus), le club a misé sur Jack Clarke (Leeds) et Kion Etete (Notts County)... mais c'est tout. C'est bien de garder Alli, Kane et Eriksen, c'est mieux de renforcer une équipe qui opère très peu de turn-over dans la saison.

Manchester United en retard

Mais un club inquiète encore plus: Manchester United. Après une saison ratée, marquée par le licenciement de José Mourinho et la prise de fonctions d'abord idyllique puis galère d'Ole Gunnar Solskjaer, les Red Devils devaient se renforcer. En attendant Harry Maguire, en passe de devenir le défenseur le plus cher de l'histoire, deux joueurs seulement ont débarqué, pour quand même 72 millions d'euros: les prometteurs Daniel James (Swansea) et Aaron Wan-Bissaka (Crystal Palace).

Les pistes de longue date - Bruno Fernandes en tête - ne se sont pas concrétisées. Et l'étonnant échange Paulo Dybala-Romelu Lukaku (deal dans lequel pourrait être inclus aussi Mario Mandzukic) n'avance pas. Une bonne nouvelle toutefois: Paul Pogba est pour l'instant toujours là, retenu par son club malgré les désirs du Real Madrid. Même si quatre jours dans ces épineux dossiers, c'est long. "Oui, il n'y a pas de doute", répondait l'entraîneur à un journaliste lui demandant si l'avenir du Français était toujours mancunien. Réponse définitive jeudi soir.