RMC Sport

Le grand dossier RMC Sport (partie 3) - Luis Campos et Penafiel, ne pas vendre son âme au diable

DOSSIER RMC Sport - A Penafiel, Luis Campos va vivre sa première grosse désillusion. Malgré des ambitions assumées, l’expérience s’arrête brutalement. Entachée de violences...

A l’été 1999, Luís Campos est officialisé au FC Penafiel. Les Durienses espèrent une promotion en D1 depuis une petite dizaine d’années. Mais leur nouveau Mister se veut ambitieux: "Nous sommes 16 ou 17 candidats à la montée et je l’assume. Beaucoup de clubs ne le font pas. Ce sont des loups vêtus d’une peau d’agneau."

Les Rubro-Negros ont les dents qui raient le plancher. Ils n’encaissent leur premier but qu’à la sixième journée et ne comptent qu’une seule défaite après 11 rencontres. Au-delà des chiffres, le contenu séduit. Dominateur, offensif, le 4-4-2 de Campos qui bascule à trois attaquants a bonne presse. Le FC Penafiel squatte les premières places mais commence à payer ses mauvais pas à domicile. L’équipe domine mais ne tue pas ses matches. Le podium s’éloigne. Penafiel conclut sa saison 1999-2000 à la sixième place de la II Liga. Campos qui vient de réaliser sa deuxième saison pleine, figure, une fois encore, dans le top des meilleurs attaques du championnat. Il rempile pour un an.

Comme à Esposende, finances obligent, il lance plusieurs gamins dans le grand bain. A Penafiel, il révèle Abel. L’actuel entraîneur du Palmeiras (vainqueur de deux Copas Libertadores) est un jeune défenseur qui n’a pas vraiment foi dans le foot. "Il voulait étudier l’éducation physique, confie Campos dans la revue de l’After. Je lui ai dit qu’il pouvait parfaitement concilier les deux choses [étudier et être footballeur pro]. Alors, je lui ai dit: 'Tu vas aller à l’université et je t’apporterai tout le soutien nécessaire pour que tu puisses passer ton diplôme et devenir joueur professionnel, parce que je pense que tu as les conditions pour faire les deux'. Et Abel est entré à la fac cette année-là, avec moi. Depuis, je suis devenu une sorte de conseiller pour lui." Abel Ferreira évoluera ensuite à Guimarães, Braga et au Sporting et sera même convoqué en Seleção par Scolari. Récemment, lors d’une conférence de presse, Mister Abel alertait son vestiaire à surveiller ses dépenses: "Je dis à mes joueurs de faire attention à leur argent parce qu’on a aussi fait ça avec moi. On m’a appris à avoir trois tirelires: l’une pour les dépenses habituelles ; l’autre pour ce qui sont mes objectifs (acheter un nouveau lit, un ordinateur…) ; et une autre à laquelle je ne touche jamais, qui est ma réserve, ma sécurité." Lorsqu’un journaliste brésilien lui demande qui lui a conseillé de faire cela, Abel rétorque: "Celui qui est actuellement conseilleur sportif du PSG…"

L’histoire de Luís Campos avec le FC Penafiel connaîtra toutefois une fin brutale. Le 10 septembre 2000, quatre jours après avoir soufflé les 36 bougies de leur coach, les Durienses reçoivent le Nacional. A dix contre onze dès la 23e minute de jeu, le Professor Campos doit corriger sa compo. Des supporters de Penafiel (le) sifflent en tribune. Les insultes fusent. Alors quand Rui Gomes – qu’il a fait entrer en cours de match – marque, l’entraîneur se retourne vers eux. Il est pris à partie. Des mots, des coups partent. Penafiel s’impose 3-1 et compte deux victoires après trois journées mais tout ça ne compte pas.

Les incidents poussent Campos a posé sa démission. Son président, António Gomes, la refuse, tente de l’en dissuader mais le prof maintient sa décision. "Je ne reviendrai pas en arrière, lâche-t-il. C’est une grande peine pour moi parce qu’avec la direction et le groupe de travail nous étions amis, mais je ne peux pas vendre mon âme au diable. Ce qui s’est passé dépasse les limites de la décence." Mais ce divorce soudain, à contrecœur, va cependant donner naissance à une autre nouvelle et belle histoire…

>>> RETROUVEZ TOUT NOTRE DOSSIER LUIS CAMPOS, AVEC TOUS LES EPISODES, EN CLIQUANT SUR CE LIEN

Nicolas Vilas