RMC Sport

France-Angleterre: les clés du premier Crunch de l’ère Galthié

Fabien Galthié lance son mandat de sélectionneur du XV de France ce dimanche face à l’Angleterre (16h) lors de la première journée du Tournoi des VI Nations. De la jeunesse de l’équipe tricolore à la conquête en mêlée, focus sur les secteurs cruciaux de ce duel face au XV de la Rose.

La jeunesse des Bleus

Le XV de France débute ce dimanche son opération reconstruction avant la Coupe du monde 2023 à domicile. Et pour le premier match de Fabien Galthié en tant que sélectionneur, les Bleus défieront l’Angleterre au Stade de France pour leurs débuts dans le Tournoi des VI Nations (16h).

Face aux vice-champions du monde, le staff tricolore a décidé de miser sur la jeunesse. La moyenne d’âge du groupe retenu pour le Tournoi est d’environ 25 ans et seul Bernard Le Roux a atteint la trentaine. Charles Ollivon, nouveau capitaine, n’a que 11 capes au compteur.

Ce dimanche, les promesses bleues défieront une équipe anglaise au sommet de son art et passée tout près d’un deuxième sacré planétaire en novembre dernier.

A l’inexpérience des Français (14 sélections en moyenne), Eddie Jones a prévu d’y opposer ses soldats expérimentés, Jonny May, Courtney Lawes et autres Joe Marler ou Maro Itoje… que du lourd. Reste à savoir comment les jeunes joueurs du XV de France parviendront à appréhender ce Crunch.

Les arrières, les surprises des chefs

Au milieu de tous ces jeunes, Anthony Bouthier ferait presque office de vétéran du haut de ses 27 ans. Et pourtant l’arrière montpelliérain figure parmi les joueurs les moins expérimentés du groupe tricolore. Arrivé sur le tard dans le rugby professionnel, cet ancien maçon a découvert le Top 14 cette saison avec Montpellier et sa convocation pour le Tournoi des VI Nations constitue une grosse surprise autant qu’un choix fort de Fabien Galthié. Titulaire ce dimanche contre l’Angleterre, Anthony Bouthier aura la lourde tâche de tenir la défense des Bleus et notamment sur les chandelles dont les Anglais risquent d’abuser à Saint-Denis.

Mais le numéro 15 des Bleus ne sera pas le seul débutant à l’arrière puisque Eddie Jones a surpris tout son monde en préférant le jeune George Furbank (23 ans, aucune sélection) à Elliot Daly, pourtant titulaire lors de tous les matchs du Mondial nippon et aligné à l’aile ce dimanche.

Certes Furbank a impressionné en Premiership avec Northampton cette saison mais son inexpérience au niveau international pourrait en faire l’une des faiblesses de ce XV de la Rose.

La charnière tricolore

Désireux d’insuffler une nouvelle dynamique à cette équipe de France, Fabien Galthié a choisi de prôner le jeu de mouvement. Pour le mettre en place, le sélectionneur tricolore a décidé de confier les clés de la maison bleue à Antoine Dupont et Romain Ntamack.

Coéquipiers à Toulouse, les deux prodiges (respectivement 23 et 20 ans) ne sont pas étrangers au renouveau des rouge et noir en Top 14. Installés progressivement pendant le Tournoi 2019 puis lors de la Coupe du monde, les deux hommes doivent assurer le renouveau du XV de France. A eux de prouver ce dimanche qu’ils ont les épaules pour assumer ce rôle, en particulier face au duo Youngs-Farrell.

Si Antoine Dupont fait office de titulaire indiscutable malgré les bonnes performances de Baptiste Serin à Toulon, Romain Ntamack devra briller lors de ce Crunch. Et pour cause, la concurrence est rude au poste d’ouvreur avec Matthieu Jalibert et Louis Carbonel. Une prestation de choix ce dimanche face à l’Angleterre pourrait lui permettre de renforcer son statut. Un raté, et les critiques risquent de pleuvoir.

Vakatawa-Tuilagi, choc de titans

"C'était un phénomène quand il jouait avec l'équipe de France à 7... C'était une menace permanente, a rappelé ce samedi Simon Amor, l’un des adjoint d’Eddie Jones, à propos de Virimi Vakatawa. Voir qu'il a pu adapter ça, réussir la transition et être une menace aussi à 15... C'est le joueur dangereux et en plus il joue bien en ce moment." De Teddy Thomas à Gaël Fickou, le XV de France ne manque pas de talent mais celui que les Anglais craignent le plus se nomme Virimi Vakatawa. 

Toujours aussi impressionnant en attaque grâce à ses crochets, sa vitesse et ses passes après-contact, le joueur de 27 ans a progressé en défense. Et face à lui, l’Angleterre n’a pas à rougir avec le phénomène Manu Tuilagi. Monstre de puissance, le Samoan de naissance semble à l’heure actuelle l’un des rares centres capable de voler la vedette à Vakatawa. Au sommet de son art avec le XV de la Rose, la star de Leicester aura à cœur de remporter son match dans le match face au Racingman.

La mêlée attendue au tournant

En difficulté lors du Mondial avec des matchs compliqués face à l’Argentine et aux Tonga, la mêlée doit une revanche à ses supporters. Ce dimanche, c’est un pack new-look avec une première-ligne expérimentale qui fera face aux avants anglais. Si les absences des frères Billy et Mako Vunipola s’apparentent à deux très bonnes nouvelles pour les Bleus, cela pourrait ne pas suffire face à la brutalité physique que le XV de la Rose espère mettre dans les duels. 

Préféré à Demba Bamba au poste de pilier droit, Mohamed Haouas aura fort à faire pour sa première sélection et ne constitue pas forcément une référence en mêlée dans le Top 14. De retour au talonnage après sa terrible blessure l’an passé dans le Tournoi, Julien Marchand sera opposé au solide Jamie George (45 sélections). Mais si les Bleus tiennent le choc dans la conquête cela pourrait mettre l’Angleterre en difficulté et les lancer vers un succès retentissant. Un bon moyen de lancer l’ère Galthié. 

Jean-Guy Lebreton