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Racing: "Gaël Fickou m’apporte énormément de rigueur", avoue Teddy Thomas

Teddy Thomas ne cache pas son plaisir d’évoluer désormais aux côtés de Gaël Fickou, son meilleur ami, qui le pousse à travailler au quotidien au Racing 92. L’ailier international, qui se régale dans ces lignes arrières de feu, entend gagner enfin un titre. Pour RMC Sport, il se confie avant la demi-finale contre La Rochelle vendredi soir (20h45) à Lille.

Teddy Thomas, le Racing a souvent été placé mais n’a remporté qu’un seul titre, en 2016. Ressentez-vous beaucoup d’attente avant cette demi-finale contre La Rochelle?

Oui, bien sûr. C’est normal qu’il y ait énormément d’attente quand on voit la richesse de notre effectif. Malheureusement, on n’a pas souvent répondu présent, avec un seul Brennus. On a joué des finales de Coupe d’Europe (trois), mais sans trophée au bout, cela ne sert pas à grand-chose. On ressent de la pression sur nos épaules mais une pression positive. On a des joueurs habitués à ces matchs de haut niveau.

Vous avez aussi une ligne de trois-quarts de feu que l’on qualifie parfois de Galactiques…

Je ne sais pas si on peut prétendre à ça. C’est sûr que, sur le papier, on a vraiment une équipe très complète, avec notamment l’arrivée de Gaël (Fickou) en cours de saison et celle de Kurtley (Beale) l’année dernière. Je pourrais en citer plein d’autres. C’est sûr que ça fait rêver. Même pour moi, ça fait rêver de jouer à côté de si grands joueurs. C’est enrichissant et extraordinaire. C’est normal que tout le monde puisse dire que l’on doit aller au bout (rire). C’est limite un devoir. Mais il vaut mieux ça que le contraire. On ne pourra affirmer que nous sommes des Galactiques que s’il y a un titre. Si ce n’est pas le cas, on dira seulement que nous avions une belle équipe mais que nous n’avons rien remporté. Seuls les titres restent. Pour le moment, nous sommes une équipe lambda.

Vous devez vous régaler dans ce rugby offensif…

Oui, on arrive à se trouver facilement. La communication entre nous est fluide. On parle tous le même langage. On passe des semaines super agréables avec ce groupe. On se régale. On s’appuie énormément sur notre attaque, avec des individualités au service du collectif. On veut mettre de la vitesse dans notre jeu, mais on a la chance d’avoir aussi un paquet d’avants très performant qui sait nous remettre dans le droit chemin lorsque derrière nous sommes un peu en demi-teinte. Et on sait aussi que ce n’est pas forcément le plus beau rugby qui permet de gagner des demi-finales ou des finales. Ce n’est pas le rugby fantasque du Racing, que les gens aimeraient voir, qui va faire gagner ce match contre La Rochelle. Ça se jouera d’abord sur le combat.

Vous évoquiez Gaël Fickou, votre meilleur ami, que vous apporte-t-il?

Enormément de rigueur. Il sait que j’ai besoin d’avoir l’appui de quelqu’un pour me faire travailler à des moments où je trouve que je n’en ai pas forcément besoin. C’est bien pour le Racing, pour Gaël et moi. Cette complicité, durant la semaine au club et dans nos vies privées, c’est une chance énorme de pouvoir partagé ça avec son meilleur pote. 

Au quotidien, comment ça se passe?

Il me pousse beaucoup. C’est assez contradictoire, car je suis plus ancien que lui (ndlr: Thomas est âgé de six mois de plus). C’est assez pénible. (Rire) Mais sa maturité sur le travail est plus importante que la mienne. J’écoute, j’apprends à ses côtés, comme il le fait, je pense, sur des points complètement différents. J’aime travailler à ses côtés, j’aime être challengé et qu’il me pousse. Il n’y a que du positif.

Vous feriez presque déjà un peu vieux couple?

(Rire) Tout le monde connait notre relation. Maintenant, on ne dit plus seulement Gaël ou Teddy, mais Gaël et Teddy. Franchement, c’est cool que les gens l’aient accepté. Ce n’est pas évident de voir arriver un mec en plein milieu de saison dans le groupe. C’est dur de se faire accepter. Et savoir qu’il y a son meilleur pote, que nous sommes comme culs et chemises en dehors du terrain, ça peut prendre de la place. Mais je crois que le groupe est content de cette place que l’on prend. Tant que sur le terrain, on fera ce qu’il faut, tout sera bon pour nous.

"Je ne m’estime pas champion en 2016"

A quel point l’arrivée de Fickou a-t-elle pesé dans le choix de prolonger votre contrat?

Elle a été très, très importante bien sûr. Je mentirais si je disais le contraire. On a eu la chance d’évoluer ensemble en équipe de France mais c’est complètement différent de jouer avec lui toute l’année. C’est sûr que ça a pesé dans la balance. Je savais qu’avec ce renfort, ma méthode de travail allait changer.

Vous sentez-vous plus libéré d’avoir réglé votre avenir?

C’est venu à un bon moment de la saison avant les phases finales. C’est sûr que ça libère un peu. Tous les jours, les gens me demandaient ce qu’allait être mon futur. C’était un peu redondant de répondre à chaque fois qu’ils le sauraient en temps voulu. Les choses ont duré, mais c’était aussi sympa de mener cette petite bataille entre certains clubs et moi. (Sourire) Au final, je suis très content de mon choix, encore plus avec l’arrivée de Gaël et l’effectif que l’on a. C’est un privilège et un honneur que de continuer cette aventure avec le Racing.

Avez-vous beaucoup hésité?

Pas forcément par rapport aux sollicitations, mais j’ai surtout hésité par rapport à moi. Ce que je voulais vraiment faire. Ça faisait sept ans que j’étais ici. Je me posais beaucoup de questions sur l’envie de me remettre en danger et d’effectuer un nouveau départ. J’avais l’âge pour le faire. Mais, après mûre réflexion, le meilleur choix était de rester. Le Racing m’a donné la chance de pouvoir exprimer ma volonté de rester, ils ont écouté et ils ont été d’accord.

Votre objectif est maintenant de gagner un titre sachant que vous n’étiez pas sur la pelouse du Camp Nou en 2016 contre Toulon…

En vrai, je ne m’estime même pas champion cette année-là, après une saison blanche en ayant joué que deux matchs. Ça fait sept ans que je suis ici et je n’ai toujours pas de titre. Je suis vraiment motivé pour en décrocher le plus possible. Mais il reste deux matchs, et ça sera très, très dur contre La Rochelle.

Qui sera favori sur ce match vendredi?

(Sourire) La Rochelle. Ils sont vice-champions d’Europe. Pas nous.

JF.Paturaud