RMC Sport

Stade Français: "bouleversé", "choqué", Max Guazzini sort de son silence

-

- - AFP

Figure emblématique du Stade Français dont il fut président de 1993 à 2011, Max Guazzini est sorti de sa réserve ce mercredi dans les colonnes du Figaro pour évoquer le projet de fusion entre son ancien club et le Racing 92. Très ému, il se montre sévère vis-à-vis des présidents en place, et plus particulièrement Jacky Lorenzetti.

Quelques images sur Twitter et notamment cette addition : « 45 + 45 = 90 ». Max Guazzini, figure emblématique du Stade Français dont il fut président de 1993 à 2011, n’avait pas encore réagi au projet de fusion entre son ancien club et le Racing 92 annoncé lundi par les présidents actuels des deux clubs, Thomas Savare (Stade Français) et Jacky Lorenzetti (Racing 92). Il l’a fait ce mercredi dans les colonnes du Figaro. Avec émotion. Mais également avec la colère d’un homme profondément attaché à l’humain, qui fustige la logique économique de ce projet.

A lire aussi >> "Ils nous plantent un coup de couteau dans le dos", lâche Danty

« Je suis bouleversé. C’est un choc. Un club qui existe depuis le 19e siècle, qui compte quatorze titres de champion de France ne peut pas disparaître d’un trait de plume, a confié Lorenzetti. Tout le monde est touché. Il n’y aura plus de Stade Français, ce nom magique, dans le Top 14. Je me suis battu, sacrifié pendant des années pour reconstruire la maison Stade Français. Et là, elle va quel que soit l’habillage, être rasée par des promoteurs immobiliers au nom de leur logique industrielle. » Les mots sont lâchés. Un homme cristallise le dépit de Guazzini, Jacky Lorenzetti.

« Le gagnant, c’est Lorenzetti »

« Je ne crois pas que ce soit une fusion. C’est une absorption. Faite dans une logique industrielle. La logique des affaires. Dans l’histoire, c’est Jacky Lorenzetti qui, très habilement, fait une très bonne affaire, estime Guazzini. Le gagnant, c’est lui. Il absorbe son concurrent, qui le gênait et, en plus, récupère un stade, Jean-Bouin, qui sera un stade de complément puisqu’il disposera bientôt de son Arena. Comme ça, il pourra organiser tous les concerts puisque l’équipe pourra jouer à Jean-Bouin. Ce qui m’a le plus choqué, c’est la phrase de Lorenzetti : 45 joueurs + 45 joueurs, ça fera 45. J’ai appris à l’école, moi, que ça fait 90. La logique des deux présidents est industrielle. Mais, pour moi, il y a aussi une logique humaine. »

Guazzini ne se rendra pas auprès des joueurs pour afficher son soutien : « Ma place n’est pas là-bas. Ils n’ont pas besoin de moi physiquement ». Il ne cache pas son pessimisme quant à un éventuel abandon du projet de fusion. Il ne tentera pas un tour de table pour réunir des investisseurs capables de racheter le Stade Français. Il se contentera de retweeter discrètement les messages ou actions de soutien à son club. Comme ce témoignage de respect du RC Toulon pour le club et son histoire. Dimanche à Grenoble lors du match de la 21e journée de TOP 14 (17h), joueurs et staff du RCT porteront un brassard rose.

A lire aussi >> pendant ce temps, les joueurs du Stade Français s'entraînent... au foot

A lire aussi >> Lorenzetti craignait que le Stade Français soit racheté (par le Qatar ?)

A lire aussi >> Stade Français: les joueurs votent la grève illimitée

S.R