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Stade Français - Guazzini : "Toulouse était notre ennemi préféré"

Max Guazzini

Max Guazzini - AFP

Président emblématique du Stade Français de 1992 à 2011, Max Guazzini garde un souvenir ému des chocs face au Stade Toulousain. Un « Classique » qui a secoué le rugby français et qui connaîtra un nouvel épisode samedi (20h45) à l’occasion de la 6e journée de Top 14.

Max Guazzini, quels souvenirs gardez-vous du premier « Classique » contre Toulouse ?

Le premier grand match contre Toulouse a été une demi-finale à Brive en 1998. C’était notre première année dans l’élite. On va en demi-finale et on tombe sur Toulouse. L’ogre toulousain qui enchaînait les titres. Nous sommes arrivés à Brive un petit peu la queue entre les jambes. A la mi-temps, on menait 20 à 3, je me suis dit que ça n’était pas possible et que le grand Stade Toulousain allait se réveiller en deuxième mi-temps. Et non ! A la fin, on a gagné 39-3. De là est née cette rivalité sportive entre les deux Stades qui sont les deux clubs les plus largement titrés du championnat. 

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Au fil des années, c’est devenu un véritable feuilleton…

Oui, car la chance, ou le talent, a voulu que l’on se rencontre souvent dans les phases finales. L’année suivante, on perd en quarts de finale chez eux et on prend une petite fessée (51-19). Mais l’année d’après, on les rebat. En 2003, on les bat en finale. Ils nous ont aussi battus en finale de la Coupe d’Europe (en 2005 à Edimbourg). Il y a eu beaucoup d’histoires comme ça. C’était notre ennemi préféré. Et dans ma folie, j’ai décidé de jouer au Stade de France le 15 octobre 2005. Le Stade Toulousain au Stade de France contre nous, c’était les trois Stades. C’était merveilleux. Le public a adoré ce genre de rencontres.

Cette rivalité a pris le pas sur les autres oppositions…

Je ne me permets pas de de juger les autres. Mais c’est vrai que les deux clubs tenaient un peu le haut du pavé. Il y avait un respect et une grande concurrence entre les Parisiens et les Toulousains. Ils disaient que eux étaient l’académie du rugby et nous la « Star Academy ». Certains joueurs de Toulouse me disaient qu’on était vraiment l’adversaire qu’ils respectaient. Nous aussi bien sûr.

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Avez-vous eu le sentiment d’avoir bousculé le rugby français ?

Je ne sais pas. Ce n’est pas à moi de le dire mais au public. J’ai fait ma route et réalisé ce que j’avais envie de faire. C’est vrai qu’on m’avait dit ça… (Sourire) Cela fait plaisir. Souvent les gens m’interpellent pour me le dire. A titre personnel, ces matchs étaient des moments de grand bonheur. Avec du recul, on se disait que c’était génial. Sous ma présidence, on a joué vingt fois au Stade de France des matchs que nous avions organisés avec environ un million et demi de spectateurs. C’est énorme mais sur le moment, on ne le réalise pas vraiment. C’était plus qu’un match, c’était une fête. Il y avait bien sûr une belle affiche mais les gens venaient une heure avant et il y avait un feu d’artifice. Maintenant, cela paraît normal. La Fédération ne voulait pas de feu d’artifice, le responsable de la sécurité ne voulait pas en entendre parler. Je l’ai fait quand même. Maintenant, même les autres le font et même les Anglais le font.

Votre premier match délocalisé au Stade de France a été face au Stade Toulousain…

Oui, ce premier match au Stade de France le 15 octobre 2005 a été contre Toulouse, la plus belle équipe. C’était notre challenger. Ce match reste comme l’un de mes plus beaux souvenirs, non pas parce que c’était Toulouse mais parce que c’était au Stade de France. Voir tout ce public pour un match de rugby, qui n’était pas une finale, c’était impressionnant. Le retentissement de cet événement a dépassé nos frontières. Partir d’un stade vide à nos débuts à 80 000, quand même… 

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Etes-vous nostalgique ?

Ce sont des moments forts de ma vie et j’aimerais bien sûr les revivre, comme d’autres moments. 

Avez-vous le sentiment que ces moments manquent aussi aux supporters ?

Je ne sais pas. Il faut leur demander. (Sourire) 

Allez-vous suivre avec attention le match de samedi entre Toulouse et le Stade Français ?

Oui, je le suivrai bien sûr même si je suis actuellement très occupé par l’écriture d’un livre qui sortira au mois de janvier (ndlr : un livre intitulé « Je ne suis pas un saint »).

Propos recueillis par Jean-François Paturaud