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Stade Toulousain: "Le meilleur effectif qu’on n'ait jamais eu", estime le président Didier Lacroix

À l’occasion d’une conférence de presse de rentrée, le président du Stade Toulousain, Didier Lacroix, a balayé l’actualité de son club, aussi bien en terme économique que sportif. À l’orée d’une saison post-doublé, il a réaffirmé l’ambition qui était la sienne et celle de ses joueurs, dont certains jeunes qu’il attend au niveau, au sein d’un effectif extrêmement compétitif. Sans oublier le départ de Cheslin Kolbe, qu’il assume parfaitement.

Au milieu de plus d’une heure trente de conférence de presse où il a pêle-mêle évoqué "l’exceptionnelle saison dernière" de son équipe, le manque à gagner de huit millions d’euros concernant la billetterie avec les huis-clos de la saison passée (compensé par environ huit millions d’euros d’aides de l’état pour obtenir un exercice à l’équilibre) et avoué qu’il songeait à l’avenir mettre en place un système de socios, le président toulousain Didier Lacroix a bien sûr été sondé sur les performances de ses joueurs, après le doublé Top 14-Coupe d’Europe du printemps dernier.

Comment réussir une saison après avoir tout raflé? Quel est le potentiel de l’effectif cette saison? Est-il amélioré? Lacroix a commencé par une boutade: "Deux façons de répondre. Soit vous dites que cet effectif est largement plus performant et dans la minute je vais avoir un texto de Yoann Huget, qui va me dire que je le fais exprès", en évoquant l’ailier néo-retraité. "Mais un président, dans son for intérieur, il a envie de dire: c’est le meilleur effectif qu’on n'ait jamais eu. Et je le pense. C’est le meilleur effectif qu’on n'ait jamais eu".

Mais l’ancien troisième ligne a ensuite étayé ses dires. "On a un effectif qui est très jeune, qui était déjà talentueux et qui est en train de gagner en expérience années après années, sans pour autant toucher les limites d’âge et donc la décroissance. On a un ciblage concernant le recrutement, avec deux joueurs argentins (Mallia et Chocobares) qui continuent notre expérience avec nous, le phénomène Anthony Jelonch, dont j’ai l’impression qu’il est chez nous depuis un moment. Car il est ami depuis longtemps avec des joueurs de l’effectif et Tim Nanaï-Williams, qu’on a envie de voir avec toute l’animation qu’on lui connaît".

"Est-ce que le départ de Kolbe a un lien avec l’économie? Non"

Mais à l’instar de ce que disait le manager Ugo Mola il y a peu, avant le début du Top 14, Lacroix et les dirigeants toulousains attendent la confirmation de certains éléments de cet effectif. "On veut surtout voir les joueurs émergents comme Méfaou, Néti, Crammont, Flamand, Youyoutte, Delibes, Germain, Ruenda. Comment vont-ils confirmer au plus haut niveau? Avec quel temps de jeu?". Ils seront tout au long de la saison et du nombre de joueurs sélectionnés en Bleu, la clé du maintien de la performance toulousaine. Et pour les plus opportunistes, les futurs cadres de l’équipe s’ils suivent la trajectoire d’un Tolofua ou d’un Lebel.

Pour autant, difficile de faire avouer à Didier Lacroix que son club reste le principal favori à sa succession. "Tous les clubs de Top 14 peuvent battre le Stade Toulousain. On est en danger, enfin du moins en rivalité, qui est telle en Top 14 qu’aucun match, y compris face aux promus comme Perpignan ou Biarritz. Et Bordeaux l’a appris ce week-end, de surcroît avec période de superposition de calendrier. Est-ce que pour autant on en reste favori sur la régularité? Je ne suis pas sûr qu’on puisse mettre de nouveau Toulouse en équipe incontestable et incontestée de tous les instants. Même si je vais me tuer à la tâche pour donner raison à ceux qui pensent ça".

Didier Lacroix est enfin revenu sur le départ de son ailier champion du monde Cheslin Kolbe vers le RC Toulon, en précisant qu’il ne venait pas en réponse à la situation économique du club. "Est-ce que ça a un lien avec l’économie instantanée? La réponse est non. Mais il ne faut pas oublier un paramètre, c’est que le joueur veuille partir. Après, est-ce qu’on aurait pu le garder, l’attacher, le séduire? C’est encore autre chose. Globalement, je me suis efforcé d’avoir une ligne: l’intérêt général du club, la cohésion au sein d’un effectif et la cohérence dans lequel on le fait. À le faire, autant le faire avant le début de la saison qu’au milieu de la saison".

Wilfried Templier