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France-Galles, les clés du match: victoire et maîtrise impératives pour les Bleus

Le XV de France reçoit le pays de Galles ce samedi soir (21h). Victoire obligatoire pour les Bleus pour conserver une chance de remporter le Tournoi des VI Nations. Mais ce ne sera pas simple face à des Gallois expérimentés qui se déplacent à Paris pour décrocher le Grand Chelem.

Les Bleus ont à peine eu le temps de se remettre de leur défaite à Twickenham (23-20) samedi dernier qu’ils doivent déjà retourner au combat. Après un mois sans rugby à cause de l’épisode Covid et du fiasco de la bulle sanitaire, le XV de France doit maintenant enchaîner. Et vite relever la tête. La défaite chez les ennemis anglais a été cruelle. Les Tricolores ont vu leurs espoirs de Grand Chelem s’envoler à trois minutes du coup de sifflet final avec l’essai de Maro Itoje. Dans le vestiaire, les larmes ont coulé, les visages étaient marqués, mais Fabien Galthié l’a martelé: "On peut gagner le Tournoi, on peut gagner le Tournoi". Oui, mais ce ne sera pas simple.

La victoire du Tournoi en jeu

Petite séance de calculs. Avant le coup d’envoi, le pays de Galles compte 19 points (et un match en plus), les Bleus en ont 10. Le XV de France a donc son destin en main. Pour s’éviter des sueurs froides, l’idéal serait de s’imposer deux fois avec le bonus offensif, contre les Gallois d’abord, puis contre les Ecossais vendredi prochain. Plus facile à écrire qu’à faire donc.

Mais il y a d’autres scénarios possibles. Si les Français s’imposent sans bonus samedi soir, ils devront alors soigner leur goal average pour terminer devant les Gallois au classement, à condition bien sûr de prendre le bonus la semaine suivante face à l’Ecosse. Dans tous les cas, contre le XV du Poireau, la défaite est interdite.

Le XV battu à Twickenham reconduit

Le staff tricolore a décidé de revenir sur le célèbre adage "on ne change pas une équipe qui gagne". Les Bleus qui ont perdu samedi en Angleterre retrouveront tous leurs places, une première depuis sous l’ère Galthié. Matthieu Jalibert a une nouvelle fois été préféré à Romain Ntamack. Romain Taofifenua, brillant face aux Anglais dans le rôle du remplaçant de Bernard Le Roux, conserve lui aussi sa place au côté de Paul Willemse.

Sur le banc, retour à une configuration plus classique (cinq avants, trois arrières). Cameron Woki sort du groupe, Swan Rebbadj fait son entrée. Uini Atonio remplace également Jean-Baptiste Gros. Après avoir été touché par le Covid, Arthur Vincent fait lui son retour. Mais les "finisseurs", comme aime les appeler le sélectionneur, entreront-ils sur le terrain? En Angleterre, Baptiste Serin, Romain Ntamack et Anthony Jelonch étaient restés au chaud sur le banc, alors que, sur la pelouse, certains de leurs coéquipiers ne semblaient plus très frais.

Le XV de France doit plus maîtriser

Si l’équipe de France nous a habitué à des débuts de matchs tonitruants, en témoigne encore l’essai d’Antoine Dupont dès la 2e minute contre l’Angleterre, elle est aussi coutumière des fins de rencontre délicates, voire ratées. Manque de concentration, de lucidité ou de physique? La question se pose. "L'une des principales choses, c'est la maîtrise. Ça va être ultra important surtout dans un match comme ça, avec beaucoup d'enjeu", a insisté le capitaine Charles Ollivon en conférence de presse vendredi. "On est là pour gagner. Il faut construire un match, on va faire les choses dans l'ordre. Donc non, on ne va pas se laisser griser, on ne va pas penser à autre chose que la gagner. On va être précis", a voulu rassurer le Toulonnais.

Le pays de Galles en mission Grand Chelem

Les Gallois se déplacent au stade de France avec une seule idée en tête: le Grand Chelem. En cas de victoire samedi soir, ils remporteraient leur 5e Grand Chelem depuis que le Tournoi est passé à six nations (2005, 2008, 2012 et 2019). Et même si les Anglais du Daily Telegraph ont déjà avancé que ce serait "leur Grand Chelem le plus moche", qu’importe pour les hommes de Wayne Pivac.

Des Gallois (très) expérimentés

Quand les Français peuvent compter sur leur fougue, leur jeunesse et leur insouciance (parfois jusqu’à l’excès), les Gallois vont eux pouvoir s’appuyer sur leur expérience. Avec 30 ans et 66 sélections de moyenne, c’est l’équipe la plus expérimentée du Tournoi. En tête de gondole, l’inébranlable Alun Wyn Jones, 35 ans, 148 sélections avec le pays de Galles, 156 en comptant celle avec les Lions britanniques et irlandais. Un CV impressionnant et quelques cheveux en moins à force de porter le XV du Poireau.

L’éclair Louis Rees-Zammit

Au milieu de tous ces trentenaires, le visage juvénile de Louis Rees-Zammit, 20 ans, dénote. Après avoir honoré sa première cape contre la France lors de l’Autumn Cup en octobre dernier, l’ailier de Gloucester connait son premier Tournoi. Entrée fracassante puisque "LRZ" est co-meilleur marqueur de la compétition, avec quatre essais marqués dont un doublé face à l’Ecosse. Il a aussi délivré deux passes décisives. Surnommé "Rees-Lightning", soit "Rees l'éclair", il incarne la nouvelle génération du rugby gallois.

Comme à l’Autumn Cup?

Le rugby gallois a vécu une année 2020 catastrophique. Cinquième du dernier Tournoi, ils avaient aussi été battus par les Bleus lors de l’Autumn Cup (38-21). Mais depuis, les Gallois se sont remis en ordre de marche. "Le contexte est différent", a tranché Charles Ollivon. En effet, contrairement à il y a un an, le XV du Poireau est en quête du Grand Chelem, et n’a qu’un seul obstacle sur son passage: les Bleus.

Léa Leostic Journaliste RMC Sport