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XV de France: Galthié défend son coaching contre l’Angleterre

Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France, assume de ne pas avoir fait entre en jeu trois de ses remplaçants dimanche en Angleterre (23-20). Il estime que la différence aurait pu se faire avant.

Fabien Galthié comprend les remarques mais assume ses choix. Au moment de dévoiler la composition du XV de France pour la réception du pays de Galles, samedi (21h) au Stade de France, le sélectionneur a été interrogé sur son choix de ne pas faire entrer Baptiste Serin, Romain Ntamack et Anthony Jelonch en fin de match dimanche lors de la courte défaite en Angleterre (23-20).

"Ce n’est pas uniquement la fin du match, c’est tout ce qu’il se passe avant"

"La réalité est qu’à quatre minutes de la fin, nous étions devant au score, nous avions quatre points d’avance sur les Anglais (20-16 avant l’essai d’Itoje, transformé par Farrell), situe l’ancien demi de mêlée. Notre équipe a 25 ans de moyenne d'âge et 21 sélections de moyenne. Elle développe son expérience collective, son apprentissage et sa maturité. Si vous pointez la fin du match, ce qui est intéressant, c’est de regarder le match dans son intégralité. Il y a eu des moments où nous aurions pu mieux exploiter le scénario, ou aurait pu creuser l'écart. Il y a eu des situations où nous aurions pu marquer ou ne pas prendre de points sur lesquelles nous travaillons pour être plus efficaces et performants. Ce n’est pas uniquement la fin du match, c’est tout ce qu’il se passe avant, les 76 minutes précédentes, sur lesquelles nous avons de quoi faire pour nous améliorer."

Le sélectionneur explique s’être entretenu avec les déçus comme Baptiste Serin, non-utilisé à Twickenham alors qu’Antoine Dupont semblait fléchir physiquement en fin de rencontre. Il entend la déception mais défend le projet collectif.

"Des décisions que nous assumons"

"Nous échangeons, c’est important que les joueurs partagent leur retour et que nous leur donnions notre façon de réfléchir, notre raisonnement, la manière dont on construit l’équipe, dont on vit le match et dont nous prenons les décisions que nous assumons totalement, a-t-il expliqué. Il y a des échanges à ce sujet avec des joueurs comme Baptiste Serin. Nous partageons son ressenti et ses émotions qui peuvent être désagréables, ça vaut pour Baptiste Serin mais aussi pour les autres qui sont dans les 31, qui sont totalement intégrés au projet mais n'ont, pour le moment, pas la chance de participer à cette compétition."

"Nos semaines d’entraînement sont là pour les faire grandir et les développer. Nous avons trois ou quatre sessions d’entraînement très intenses. Ces joueurs développent de l'expérience individuelle et collective sur des tempos élevés. Nous préparons ces joueurs à être immédiatement performants avec notre équipe. C’est un projet à 80 joueurs, 42 et aujourd’hui 31. Nos semaines passées ensemble se ne limitent pas à une composition d'équipe. Elles sont très structurantes pour les joueurs qui sont avec nous à la fois sur le rugby mais aussi sur l’approche psychologique."

S’il a reconduit le même XV face au pays de Galles, Galthié a apporté quelques changements sur le banc avec le retour d’Uini Atonio en remplacement de Dorian Aldegheri, la présence de Swan Rebbadj pour combler le forfait de Cyril Cazeaux et la présence d’Arthur Vincent qui prend la place d’un avant, le troisième ligne Cameron Woki.

Nicolas Couet avec Jean-François Paturaud