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VI Nations: puni par l'Ecosse, le XV de France échoue à la deuxième place

Défait dans les derniers instants par l'Ecosse (27-23) ce vendredi, le XV de France termine mal le Tournoi des VI Nations. Alors qu'ils pouvaient encore rêver du titre au coup d'envoi, les Bleus échouent à la deuxième place. Le pays de Galles est sacré vainqueur.

Ils y pensaient, bien sûr. Au moment de se présenter sur la pelouse du Stade de France, les Bleus savaient qu’ils étaient à 80 minutes de remporter le Tournoi des VI Nations. Un trophée qui leur échappe depuis onze ans. Mais la marche était sans doute trop haute. Battus au bout du suspense par l’Ecosse (27-23) ce vendredi, ils terminent la compétition à la deuxième place. Le pays de Galles est sacré vainqueur.

Les partisans du verre à moitié plein retiendront surtout que le XV de France a confirmé, lors de cette compétition, par séquences, ses progrès visibles depuis quinze mois. Les autres regretteront la défaite à Twickenham (23-20) et ce raté qui fait tâche contre l’Ecosse.

Trente minutes compliquées, puis l'espoir

"Ça va être chaud, c'est la vérité. Pour réaliser cet exploit, il va falloir construire le match, ne pas le prendre à l'envers en pensant immédiatement à scorer et en s'éparpillant. On connaît les qualités des Ecossais", expliquait Mathieu Bastareaud, ex-capitaine des Bleus et troisième-ligne du LOU, avant le coup d’envoi sur RMC. Ses craintes se sont rapidement confirmées.

Sous la pluie parisienne, la première demi-heure a été à sens unique, ou presque, avec des Français dominés en termes de possession et d’occupation, sans cesse sous pression avec le ballon, et malmenés par l’agressivité écossaise. Trop de pression? Trop de calculs? Pour remporter le Tournoi, Fabien Galthié et ses ouailles savaient qu’il fallait dominer l’Ecosse avec au moins quatre essais (bonus offensif) et au moins 21 points d'écart. Ou s’imposer avec au moins six essais et très exactement 20 points d'écart.

Sous l’impulsion de Finn Russell et Stuart Hogg, qui s’était dit "saoulé" d’entendre les Bleus parler de leurs chances de titre cette semaine, le XV du Chardon a dressé ses épines et fait mal à son adversaire. Un essai de Duhan van der Merwe (15e), transformé par Russell, est venu répondre aux premiers points de Romain Ntamack (9e) face aux poteaux. Russell, encore lui, a ensuite permis aux siens de compter sept points d’avance (19e) après 20 minutes de jeu.

Un avantage amplement mérité. Pris dans l’engagement, trop timorés et en souffrance devant une défense encore solide, les Français ont vécu trente minutes (très) compliquées. Avant de sortir la tête de l’eau. Les temps de jeu tricolores se sont alors multipliés, la confiance est revenue et Brice Dulin a surgi pour inscrire l’essai de la révolte après un joli travail d’Antoine Dupont et Damian Penaud (36e). Ntamack avait auparavant passé une pénalité obtenue grâce à un nouvel effort décisif du pack français (28e).

Les Bleus ont fini par craquer

"On s’est bien repris dans le dernier quart d’heure de la première période. On a vu des Français conquérants qui se sont remis à avancer grâce à Anthony Jelonch, Julien Marchand et Swan Rebbadj. Nos avants ont repris le dessus. Les Ecossais ont donné l’impression d’accuser le coup après vingt premières minutes tonitruantes et on a réussi à scorer", relevait à la pause Denis Charvet sur RMC.

Légèrement en tête (13-10), les Bleus connaissaient leur mission: attaquer encore et encore pour planter trois essais supplémentaires. Et profiter de l’infériorité numérique de l’Ecosse, sanctionnée en fin de première période avec un carton jaune infligé à Hogg au bout d’une succession de fautes (40e). Le rêve bleu-blanc-rouge a continué de prendre forme avec le sublime essai inscrit par Penaud (46e). Mais l’Ecosse n’a jamais abdiqué. Au contraire.

En aplatissant dans l’en-but au terme d’une grosse séquence collective, David Cherry a fait si mal à ce XV de France (61e). Un essai validé par la vidéo et transformé par Russell. Celui de Rebbadj (66e) a bien relancé le suspense et replacé les Bleus en tête. Mais contrairement aux Gallois il y a une semaine, les Ecossais n’ont pas sombré. Même après le carton rouge adressé à Russell pour un raffut au coude directement dans la gorge de Dulin (71e). Et cette fois, Charles Ollivon et sa bande n'ont pas fait basculer le match dans l'irrationnel. Pas une deuxième fois.

Il aurait fallu plus de folie et d'énergie pour mettre fin à une disette qui durera au moins une année de plus. Il aurait aussi fallu rester sérieux jusqu'à la fin. En étant pénalisé au bout du suspense alors qu'il n'avait qu'à envoyer le ballon en touche, Dulin a offert une dernière munition inespérée aux Ecossais. Van der Merwe en a profité pour crucifier les Bleus (80e+5) et permettre à sa sélection de décrocher son premier succès à Paris depuis 1999.

1- Pays de Galles, 20 points

2- France, 16 points

3- Irlande, 15 points

4- Ecosse, 15 points

5- Angleterre, 10 points

6- Italie, 0 point

RR