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Roland-Garros: monumental Djokovic, qui renverse Tsitsipas pour s'offrir un 2e sacre parisien

Au bord du gouffre et mené deux sets à rien, Novak Djokovic est parvenu, au mental, à renverser Stefanos Tsitsipas (6-7 [6], 2-6, 6-3, 6-2, 6-4) pour remporter la finale de Roland-Garros, ce dimanche. Son deuxième sacre à Paris, son 19e en Grand Chelem.

Auteur d'une remontée époustouflante, alors qu'il était mené deux sets à rien, Novak Djokovic est venu à bout de Stefanos Tsitsipas (6-7 [6], 2-6, 6-3, 6-2, 6-4) pour remporter Roland-Garros pour la deuxième fois de sa carrière, ce dimanche. Poussé dans ses retranchements par son jeune adversaire, le n°1 mondial a su puiser dans ses exceptionnelles réserves mentales pour cimenter sa légende.

Un début parfait pour Tsitsipas

Sur le court Philippe-Chatrier, Tsitsipas disputait sa toute première finale de Grand Chelem, à 22 ans. Pendant deux heures, ça ne s’est pas vu du tout: d’une sérénité exemplaire, le n°5 mondial a semblé imperméable à la pression, avant de craquer. Métronome et puissant, notamment dans ses diagonales de coup droit, il a imposé son jeu et dicté le tempo, commettant peu de fautes, face à un Djokovic qui semblait désarçonné mais aussi emprunté physiquement.

La faute à sa demi-finale d'anthologie face à Rafael Nadal, terminée tard vendredi soir? C’est possible. Le Serbe était pourtant très bien parti dans cette finale, s’appuyant sur un service en apparence infaillible. Il a même signé le premier break du match, à 5-5, et tout le monde s’attendait à ce que le jeu de service pour conclure le premier set soit une formalité. Pas du tout: Djokovic a connu un passage à vide annonciateur, cédant son engagement puis la première manche (7-6 [6]), malgré une balle de set, après 68 minutes folles.

Une pause salvatrice pour Djokovic

Le deuxième set a alors été à sens unique : en confiance, Tsitsipas a breaké d’entrée puis a été quasi parfait, remportant tous les rallyes pour s’imposer largement, 6-2. Face à un autre joueur, l’affaire aurait pu être pliée pour le Grec. Mais Djokovic a de la ressource, plus que quiconque. Profitant de la pause entre les sets, il est allé se changer au vestiaire et a montré un nouveau visage en même temps qu’une nouvelle tenue, rouge, dans le troisième set.

Plus énergique et inspiré dans ses frappes, il a à nouveau trouvé la faille sur le service du n°5 mondial, après un jeu homérique, long de onze minutes, après cinq balles de break. La défense grecque a bien été héroïque, mais rien n’y a fait : relancé, le Serbe s’est adjugé le set (6-3), avant de breaker d’entrée dans le quatrième et de s’y imposer finalement.

A la chasse aux records

Il n’y avait plus eu de cinquième set en finale sur le Chatrier depuis 2004 et le come-back de Gaston Gaudio contre Guillermo Coria : le public parisien était donc, logiquement, aux anges et acquis à la cause de Tsitsipas. Ils ont vite été déçus : s'il y a eu plusieurs points de haute volée dans cette ultime manche, ils ont tous tournés à l'avantage de Djokovic, qui a fini par écoeurer son adversaire pour s'imposer (6-4). La prise de pouvoir de la nouvelle génération va encore devoir attendre.

Avec ce 19e titre de Grand Chelem, Djokovic s’approche à une longueur du record absolu de titres majeurs, co-détenu par Roger Federer et Rafael Nadal. Il pourrait bien les rejoindre au Panthéon dès juillet, s’il parvient à remporter Wimbledon. D’ores et déjà, une statistique le distingue de ses deux géants contemporains : avec ce second sacre à Roland-Garros (après 2016), il rejoint Rod Laver et Roy Emerson comme seuls joueurs à avoir remporté au moins deux fois chaque titre du Grand Chelem.

Corentin Parbaud Journaliste RMC Sport