RMC Sport

Roland-Garros: travaux, retour de Federer, Nadal menacé... pourquoi il ne faut pas rater cette édition

Le retour de Roger Federer, la relève prête à se révéler chez les hommes, les premiers fruits des travaux entrepris et la quête d’un 24e titre du Grand Chelem pour Serena Williams: les sources d’intérêt ne manquent pas pour cette édition 2019 du tournoi de Roland-Garros. Tour d’horizon.

Un Roland-Garros flambant neuf

Les spectateurs vont déambuler dans les allées de Roland-Garros et découvrir les améliorations apportées aux installations de ce tournoi du Grand Chelem. Les fans de la petite balle jaune vont découvrir ou redécouvrir le central Philippe-Chatrier (15.000 places), rehaussé pour offrir une meilleure vision aux spectateurs. Les sièges ont également été changés. Et si la pose du toit est toujours attendue, un concept unique au monde a vu le jour au beau milieu des serres d’Auteuil.

Un court semi-enterré pouvant accueillir 5.000 personnes, auquel les organisateurs du tournoi ont donné le nom de Simonne-Mathieu, en hommage à cette résistante victorieuse des Internationaux de France à deux reprises, en 1938 et 1939, avant de s’engager au côté du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre Mondiale. De nouveaux courts annexes sont également accessibles dans le "Fonds des princes", à l’extrémité ouest du stade.

Roger Federer, pour quoi faire?

De retour après trois années d’absence, Roger Federer va entamer le tournoi de Roland-Garros sans objectif fixé, sinon celui de se faire plaisir. 20 ans après le début de son aventure ici, 10 ans après sa victoire en finale contre Robin Söderling, la seule et unique à ce jour. "Beaucoup de choses ont changé, note le Suisse. Le Central semble très différent. Il y a eu de nombreuses améliorations apportées. Cela se ressent. Tout est en train de progresser et c'est agréable à voir.Maintenant, il reste quand même un parfum de l'ancien Roland-Garros avec ses particularités."

La sienne est de déplacer les foules, quel que soit le lieu et l’endroit dans le monde. Samedi, à l’occasion de la traditionnelle journée des enfants qui ouvrent cette quinzaine de Roland-Garros, l’homme aux 20 titres du Grand Chelem a pu tester sa popularité auprès d’un très jeune public massé sur le Lenglen, où il s'est entraîné. Et elle est énorme.

Ils ne sont pas nombreux sur le circuit à pouvoir rivaliser à l’applaudimètre, en dépit des efforts déployés par Novak Djokovic. Arrivé à Roland à 100% de ses capacités après deux quarts à Madrid puis Rome, Federer va débuter face à l’Italien Lorenzo Sonego. Un cas atypique. Comme lui.

Nadal et la meute de loups

Le talent, selon Toni Nadal, c’est la capacité de progresser. Dominic Thiem a beaucoup appris auprès de son mentor Günter Bresnik, dont il s'est séparé depuis. Après deux demies et une finale l’an passé à Roland-Garros, l’Autrichien se verrait bien dans la peau du régicide en finale, cette année. Vainqueur à Barcelone après avoir désossé Nadal dans un style très offensif, percutant, qui aura désarçonné le Majorquin, transpercé de toutes parts, l’Autrichien est dans les temps, malgré un petit accroc à Rome et une élimination rageante en demie à Madrid face à Novak Djokovic.

Le Serbe, justement, s’est appuyé sur ce succès pour l’emporter en finale sans coup férir face à l’audace et à la fougue du jeune Stefanos Tsitsipas, qu’il s’agira de surveiller cette année. Le protégé de Patrick Mouratoglou a faim et n’a peur de rien, ni de personne. Pas même Roger Federer, qu’il a déjà battu cette année dans un tournoi du Grand Chelem, l’Open d’Australie en l’occurrence. Cela tombe bien, les deux hommes pourraient se retrouver en quarts de finale, dans la partie basse du tableau.

La haute sera animée par Novak Djokovic, outsider n° 1, et le bouillant Fabio Fognini, capable de tout. De battre Rafael Nadal lorsqu’il est dans un grand jour, par exemple. Un talent à ne pas sous estimer.

Gaël Monfils, vraiment?

A Roland-Garros, Gaël Monfils est dans son jardin, chez lui à Paris. Le n°1 français (16e mondial) nourrit comme chaque année de grandes ambitions pour la deuxième levée de Grand Chelem. Les signaux envoyés par son corps, alors qu’il réalisait jusqu’à maintenant un excellent début de saison, incitent à la prudence, même si le principal intéressé s’est voulu rassurant à ce sujet.

"Cette année, je n’ai pas trop peur du résultat, a-t-il exposé avant le début du tournoi. Si je continue à avancer comme ça, pas mal de choses vont se mettre en place, des choses qui font de moi un joueur dangereux et potentiellement capable de gagner un Grand Chelem." Rien que ça. Confiant en ses capacités, Benoît Paire l’est tout autant, fort de son deuxième succès en tournoi glané à Lyon.

"L’idéal avant Roland-Garros serait que je gagne, et rapidement si possible", souhaitait l’Avignonnais la veille. Le Français, vainqueur en deux sets (6-4, 6-3), a tenu parole et soulevé son troisième titre en carrière, le deuxième de la saison après Marrakech, à chaque fois sur terre battue. Difficile de faire mieux. Extrêmement relâché, Paire a affiché une sérénité qui lui a longtemps fait défaut au cours de sa carrière.

Les pépites à suivre

Félix Auger-Aliassime aurait sans doute figuré tout en haut de cette liste s’il ne devait pas se défaire d’une gêne aux adducteurs à deux jours de son entrée en lice. Diminué en finale à Lyon, le Canadien va probablement déclarer forfait et laisser un tournoi de la dimension de Roland-Garros orphelin de son talent. C’est bien dommage. Mais il reviendra, c’est une certitude. En attendant, place aux autres jeunes. Et ils sont nombreux à crever l’écran. L’ouverture dominicale du tournoi va démarrer en fanfare avec le duel entre Alexei Popyrin et Ugo Humbert sur le bouillant court 14.

A 20 ans, le jeune espoir du tennis français fait son entrée dans le grand tableau sur une surface qui n’est pas sa préférée. Il aura toutefois l’avantage d’avoir gagné sur l’ocre cette saison, contrairement à son jeune adversaire, lequel n’a encore jamais remporté la moindre rencontre sur terre battue sur le grand circuit. A seulement 19 ans, l’Australien peut toutefois se prévaloir d’un joli parcours à l’Open d’Australie et de sa victoire dans l'épreuve juniors de Roland-Garros, il y a deux ans. Mais cela n’en fait pas un favori pour cette rencontre, très indécise.

Plus jeune inscrit dans le tableau à l’Open d’Australie, où il n’avait perdu qu’en quatre sets face à Diego Schwartzman, Rudy Molleker est l’une des curiosités du tournoi. Il fait partie, à l’instar de Stefanos Tsitsipas et Alexei Popyrin, du Team Champseed de l’Académie Mouratoglou, où il a toujours ses quartiers et tient à ce que ses entraînements soient supervisés. L’Allemand d’origine ukrainienne s’est brillamment extirpé des qualifications à Roland-Garros. Sensation du tennis allemand, il était devenu devant son public à Stuttgart le deuxième joueur après Félix Auger-Aliassime à remporter un match sur le circuit ATP à seulement 17 ans l'an passé. Il pourrait confirmer les espoirs placés en lui à Paris.

La quête éperdue de Serena Williams

Chez les femmes, l'Américaine Serena Williams, en quête d'un 24e Grand Chelem, pourrait croiser en quart de finale la Japonaise et n°1 mondiale Naomi Osaka. La route pour tenter de battre le record de Margaret Court (23 titres du Grand Chelem) ne s'annonce pas simple pour l'Américaine. Serena Williams pourrait d'abord affronter dès les 8e de finale sa compatriote Madison Keys, ancienne finaliste de l'US Open en 2017. Et en cas de victoire, donc, un quart de finale très alléchant se profile face à Naomi Osaka, une finale avant l'heure.

A noter au premier tour, le match entre Venus Williams, l'aîné, deux fois titrées Porte d'Auteuil, et l'Ukrainienne Elina Svitolina (9e mondiale), dès dimanche sur le fabuleux court Simonne-Mathieu. Et la rencontre entre Jelena Ostapenko, victorieuse en 2017, et l'ex-n°1 mondiale Victoria Azarenka. Côté françaises, le tirage a réservé un duel entre Kristina Mladenovic (54e) et Fiona Ferro (88e) dès le premier tour. Caroline Garcia, dans la même partie de tableau que Simona Halep, défiera Mona Barthel.

dossier :

Roger Federer

QM