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Formule 1: chez Alpine, c'est la saison du renouveau

L’écurie française de F1 a tout changé à l’intersaison, à commencer par son nom. Renault laisse place au mythique nom d’Alpine. Cinquième au classement des constructeurs la saison dernière, elle veut forcément faire mieux. Premiers éléments de réponse dimanche avec le GP de Bahreïn.

Allons-nous reconnaître l’écurie française lors des premiers tours de piste ce week-end à Bahrein? Adieu le nom de Renault, les couleurs noire et jaune et l’accent bien français de Cyril Abiteboul en conférence de presse. A l’intersaison, tout a changé. Renault est devenu Alpine et la monoplace affiche désormais des couleurs franco-française: bleu, blanc et rouge. "C’est aussi celles de l’Union Jack", a voulu ajouter Luca de Meo, PDG de Renault lors de la présentation officielle de la monoplace, début mars. En effet, signe de cette alliance franco-anglaise, les moteurs seront toujours produits dans les usines Renault de Viry-Châtillon, et l’usine britannique d’Enstone continuera à produire les châssis.

Autre changement de taille: le départ de Cyril Abiteboul, désormais ancien directeur général de Renault F1 Team, qui a démissionné en janvier dernier. Il a été remplacé par Marcin Budkowski, ancien directeur technique de la FIA, nommé directeur général. A ses côtés, Davide Brivio, arrivé de MotoGP et de l’écurie Suzuki, qui prend le poste de directeur sportif.

Le retour de Fernando Alonso, à 39 ans

Du côté des pilotes, après deux petites saisons chez Renault, Daniel Ricciardo a décidé de partir chez McLaren, au grand désarroi de Cyril Abiteboul, qui voulait miser sur l’Australien pour un projet à long terme. Pour le remplacer, Renault a décidé de faire du neuf avec du vieux avec Fernando Alonso. L’Espagnol revient à ses premiers amours, car c’est avec Renault qu’il a remporté ses deux titres de champions du monde en 2005 et 2006.

Après 312 Grands Prix et 32 victoires, Fernando Alonso avait quitté McLaren et la F1 en 2018 pour aller briller ailleurs. Indycar, WEC, 24 Heures du Mans, Dakar, il a tout essayé, avec succès d’ailleurs. Manque seulement à son CV automobile des rallyes de WRC. Mais Fernando Alonso retrouvera-t-il son niveau en F1, après deux ans d’absence? Victime d'une fracture de la machoire mi-février lors d'un grave accident de vélo, Fernando Alonso assure être complètement remis. Il l'a d'ailleurs prouvé lors des essais de pré-saison. A noter aussi que le pilote qui fêtera ses 40 ans en juillet n’est cependant pas le doyen de la grille: Kimi Räikkönen (41 ans) fait de la résistance chez Alfa Romeo.

Alonso-Ocon: qui en numéro 1?

Dans l’autre monoplace, on retrouvera Esteban Ocon, et c’est peut-être la seule chose qui n’a pas bougé chez Alpine. Le Français reste sur une très belle performance en fin de saison dernière: 2e sur le GP de Sakhir. Mais il va devoir se faire de la place aux côtés de Fernando Alonso, ce qui ne sera pas forcément évident. "Il n’y a pas de numéro un", a voulu insister Ocon début mars. La cohabitation entre les deux pilotes aux forts caractères pourrait faire des étincelles et sera à surveiller.

Reste à savoir ce que fera Alpine en piste. "Cette F1 est une évolution du modèle Renault 2020. Nous avons essayé de l'optimiser sur chaque point", a indiqué Marcin Budkowski. L’an dernier, l’écurie avait terminé 5e du classement des constructeurs, derrière Mercedes, Red Bull, McLaren mais aussi Racing Point, dont les monoplaces sont surnommées les "Mercedes roses" par leurs concurrents. L’écurie de Lawrence Stroll était dans le viseur de Renault, qui avait même porté réclamation pour contester certaines pièces de la Racing Point.

Lors des trois jours d’essais tests à Bahreïn (12-14 mars), Fernando Alonso a signé le 10e temps. "La voiture a très bien répondu, mais je pense qu’il nous reste à mieux appréhender les caractéristiques du nouvel ensemble aérodynamique", avait-il confié. "Ce sera très serré (entre les pilotes), donc nous pourrions nous battre pour la sixième ou la septième place sur la grille de départ, ou bien la quinzième très facilement. Notre travail consiste à nous battre au moins pour le top 10", avait continué Alonso. Lors des essais de pré-saison, Esteban Ocon avait lui fait 16e, à une seconde de son expérimenté coéquipier. Verdict ce week-end, avec le départ du premier GP de la saison dimanche (17h).

Léa Leostic