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Remco Evenepoel, "le petit cannibale", s'offre la Clasica San Sebastian à 19 ans

A seulement dix-neuf ans, Remco Evenepoel a réalisé un exploit monumental samedi en remportant la Clasica San Sebastian. Annoncé dans son pays comme le successeur d’Eddy Merckx, le prodige belge succède au palmarès à Julian Alaphilippe.

Il venait pour poursuivre son apprentissage et épauler ses leaders. Il a fait bien mieux que ça. A seulement dix-neuf ans, Remco Evenepoel a remporté samedi la Clasica San Sebastian. Annoncé dans son pays comme le successeur d’Eddy Merckx, excusez du peu, le prodige belge de la Deceuninck-Quick Step a réalisé un exploit monumental pour la première grande course de sa carrière, lui qui dispute sa première année chez les professionnels.

Impressionnant, celui qui est surnommé "le petit cannibale" a dynamité l’épreuve en s’isolant à l’avant à 20 kilomètres de l’arrivée avec Toms Skujins. Le champion de Lettonie a ensuite été incapable de suivre son rythme dans les pentes du Mur de Tontorra. Et derrière lui, le groupe des favoris - longtemps contrôlé par l’équipe Movistar d'Alejandro Valverde - n’a pas non plus été en mesure de réagir. Même le principal intéressé semblait avoir du mal à réaliser ce qu'il venait d'accomplir au moment de franchir la ligne en vainqueur. Il a relégué ses poursuivants à 38 secondes.

Il a arrêté le foot pour se consacrer au cyclisme

Son compatriote Greg Van Avermaet (CCC) a pris la deuxième place, devant le Suisse Marc Hirschi (Sunweb), autre très grand espoir du cyclisme mondial âgé de 20 ans. Premier Français, Rudy Molard s’est classé 11e. "Je ne peux pas y croire. Je ne me sentais pas bien du tout pendant la course. C’était un gros risque de partir. Je pensais être repris dans l’ascension. C’est un rêve de m’imposer dans une classique. Quelles sont mes limites? Je ne sais pas, mais je ne m’attendais pas à ça", a réagi à l'arrivée Evenepoel, qui a un temps semblé à la peine à 60 kilomètres de l'arrivée, mais qui a réussi à s'accrocher avant de répondre intelligemment à l'attaque de Skujins.

Vainqueur également cette année du Tour de Belgique, Evenepoel a une progression fulgurante. Auparavant footballeur, passé notamment par Anderlecht, le PSV Eindhoven et les sélections de jeunes des Diables Rouges, il s’est véritablement consacré au cyclisme à 17 ans. Et il n'hésite pas à faire de faire de gros sacrifices personnels. Un exemple ? Il vient de quitter sa petite amie pour aller s'installer à Monaco. "Elle veut poursuivre ses études et ce serait vraiment difficile si elle me suivait à Monaco. Nous rompons en tant qu'amis", a-t-il récemment expliqué à la presse belge.

Alaphilippe a abandonné

Tenant du titre, Julian Alaphilippe a lui abandonné après 90 kilomètres de course. La faute sans doute à la fatigue musculaire accumulée lors du dernier Tour de France, qui l’a vu remporter deux étapes, porter le maillot jaune pendant 14 jours et prendre la cinquième place du classement général final. Après quelques jours de repos, le Français de l’équipe Deceuninck-Quick Step devrait reprendre la compétition à l’occasion du Tour d’Allemagne, du 29 août au 1er septembre.

Une première marche dans sa préparation pour les championnats du monde, organisés cette année dans le Yorkshire, en Angleterre, le 29 septembre. Il pourrait ensuite avoir envie de prendre part au Tour de Lombardie, la dernière classique de la saison dont il avait pris la deuxième place en 2017 derrière l’Italien Vincenzo Nibali. Un "Monument" remporté l’année dernière par Thibaut Pinot, absent samedi de la Clasica San Sebastian pour cause de repos forcé après sa blessure survenue à la cuisse gauche sur le Tour de France, qui l’avait contraint à l’abandon à deux jours de l’arrivée sur les Champs-Elysées.

Bernal lâché rapidement

Vainqueur de cette 106e édition du Tour à seulement 22 ans, Egan Bernal est rapidement apparu en difficulté sur les routes de de la Clasica San Sebastian. Le Colombien n’avait de toute façon pas fait de cette course un objectif. Logiquement au bout du rouleau, il souhaitait avant tout oublier le mauvais souvenir de 2018 lorsqu’il avait lourdement chuté à 20 kilomètres de l'arrivée au Pays basque, se fracturant le nez et se blessant à la mâchoire. Le grimpeur d’Ineos n’a désormais qu’une envie: rentrer chez lui en Colombie où il devrait être accueilli en héros.

"Ça va être quelque chose de très spécial, de très beau, la première fois qu'un Colombien porte le maillot jaune. Il y aura beaucoup de monde dans mon village. Je suis très heureux et j'ai hâte d'arriver en Colombie. J'ai besoin de quelques jours à la maison, retrouver ma vie normale, et ensuite je réaliserai que ce que j'ai accompli est quelque chose de très important", confiait-il vendredi en conférence de presse. Rien n’a encore été défini pour son programme de fin de saison.

RR