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Equipe de France: Deschamps dévoile que Benzema lui a dit "des choses fortes"

Invité de Top of the Foot ce lundi sur RMC, Didier Deschamps est longuement revenu sur le retour de Karim Benzema en équipe de France, fruit d’une discussion avec l’attaquant et d’un ressenti du sélectionneur.

Didier Deschamps a un peu fendu l’armure dans Top of the Foot ce lundi sur RMC. Le sélectionneur est longuement revenu sur le grand retour de Karim Benzema en équipe de France après cinq et demi d’absence. Il est resté fidèle à sa ligne conduite dans sa communication sur ce sujet, en donnant quand même quelques indications sur la réflexion qui l’a amené à rappeler l’attaquant.

Il assure, par exemple, qu’un festival offensif de son équipe lors du rassemblement de mars dernier, n’aurait rien changé à sa volonté de rappeler KB9. "Chronologiquement, oui", il l’aurait rappelé. "Je ne fais que des choix sportifs", ajoute-t-il.

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Deschamps évoque "une conviction profonde"

Didier Deschamps est resté vague sur la nature de la conversation avec Karim Benzema, tout en soulignant le côté décisif de celle-ci. "C’était la condition première, rappelle-t-il. Sans ça, rien n’était possible de son côté comme du mien."

Quel a été le déclic alors? "Une conviction profonde, répond-il. Je ne raconterai pas." Cette conviction, est-elle le pardon envers Benzema? "Le pardon, c’est un bien grand mot, tempère DD. Depuis que je suis sélectionneur, j’ai eu certaines situations avec certains joueurs. Mais je n’ai jamais eu une opposition radicale. Je passe au-dessus de mon cas personnel. C’est l’équipe de France. Si je pense que c’est le bien de l’équipe de France, je vais dans ce sens. Pour différentes raisons mais pas pour des raisons personnelles qui ne regardent que moi. Autrement, je n’aurais pas fait ça."

"Il y a ce que je ressens par rapport à mon groupe, pas par rapport à moi"

Le sélectionneur a ensuite affiché un petit sourire en coin au moment d’évoquer la possible surprise ressentie par Karim Benzema au moment de voir son nom figurer sur la liste. "Vous lui demanderez, je ne peux pas répondre à sa place même si je ne pense pas (qu’il ait été surpris, ndlr)", répond-il malicieusement. Benzema s’attendait-il à être rappelé? "Probablement oui", lance-t-il encore, laissant entendre que la conversation entre les deux hommes avait débouché sur une issue heureuse.

Deschamps revient encore sur la nature de la discussion. "Il en avait besoin et moi aussi", poursuit-il. "Ce sont les évolutions qui font que… Je prends le temps, il y a des plus, des moins. Il y a ce que je ressens par rapport à mon groupe, pas par rapport à moi. Mon cas personnel peut être impacté puisque c’est ma responsabilité."

"J’avais des choses à lui dire, lui aussi"

Briser la glace semble avoir soulagé toutes les parties. "Ça n’a pas pu me faire de mal à moi, ni à lui, de part ce qu’il y a eu par la suite, reconnaît-il. Pourquoi ça ne s’est pas fait avant? Ça ne s’est pas avant mais ça s’est fait. Si ça (la sélection de Benzema, ndlr) s’est fait, c’est que ça (la conversation) s’est bien passé." Il répète une nouvelle fois qu’il n’a pas demandé l’avis d’autres joueurs avant de rappeler la star du Real.

Karim Benzema et Didier Deschamps
Karim Benzema et Didier Deschamps © ICON Sport


Qui a fait le premier pas? "Est-ce vraiment important de le savoir?, interroge Deschamps. Il y a bien dû avoir un contact d’une manière ou d’une autre entre nous deux. Ça se saura avec le temps, non pas que je veuille cacher le contenu. Il n’y a que lui et moi (qui le savent). On n’a pas parlé que de football, on a parlé de la famille aussi. J’avais des choses à lui dire, lui aussi, sur le passé bien évidemment, aujourd’hui mais aussi ce qui allait être le demain qui est aujourd’hui."

"Au bout de trois minutes tout est redevenu normal"

Cette réunion, Deschamps ne la date pas mais il en est sorti avec une idée assez claire: celle de faire revenir Benzema en Bleu. "J’avais un ressenti, ça (la réunion) a duré longtemps, précise-t-il. Karim a dit certaines choses assez fortes puisqu’au bout de trois minutes, tout est redevenu normal. Ça a duré très longtemps, deux bonnes heures."

Il conclut enfin sur la même note que Karim Benzema, dimanche en conférence de presse: rien ne sert de se retourner sur le passé. "On ne peut pas revenir en arrière, ça ne sert à rien de refaire l’histoire, lâche Deschamps. Ça s’est passé comme ça pour différentes raisons. D’accord, ça aurait pu se passer avant, ça ne s’est pas fait. Parlons de maintenant. Je n’ai pas les yeux dans le rétro. Ce qui m’intéresse, c’est aujourd’hui et demain."

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NC avec Top of the Foot