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PSG-Manchester City: le souvenir traumatisant de l'élimination des Parisiens de Blanc en 2016

Opposés à Manchester City ce mercredi soir, le PSG peut prendre sa revanche cinq ans après une double confrontation perdue en quart de finale (2-2, 0-1). Un traumatisme pour le club parisien, trop brouillon sur le terrain, avec le pari tactique raté de Laurent Blanc.

Avant de passer l'obstacle des quarts de finale de la Ligue des champions ces deux dernières années et de disputer ce mercredi une demi-finale aller contre Manchester City (21h sur RMC Sport), le PSG a gâché de nombreuses cartouches qui auraient pu sceller un peu plus tôt son retour dans le dernier carré européen. L'une des plus symboliques est sans doute la double confrontation malheureuse contre les Skyblues en avril 2016 (2-2 au Parc, 0-1 à Manchester). La sortie de route des Parisiens, face à un club possédé par le rival émirati, avait scellé le sort de Laurent Blanc, à l'issue de 180 minutes pleines de regrets.

Le 3-5-2 sorti du chapeau

Plus qu'un joueur ou une action, c'est souvent un système de jeu qui vient à l'esprit au moment d'évoquer le choc entre le PSG et City: le 3-5-2. En ballotage défavorable après un match aller non maîtrisé (2-2), le club de la capitale devait absolument marquer à l'Etihad Stadium.

Privé de Marco Verratti ainsi que de Blaise Matuidi et David Luiz (tous les deux suspendus), Laurent Blanc a tenté un coup de poker. Exit le 4-3-3 habituel, le "Président" a posé tous ses jetons sur un 3-5-2 avec une défense composée de Thiago Silva, Marquinhos et ... Serge Aurier. Avec ce pari tactique, Blanc espérait submerger les flancs de City pour alimenter en centres Zlatan Ibrahimovic et Edinson Cavani. Un fiasco. Malgré le contrôle du ballon (64% de possession), le jeu offensif du PSG est resté stérile à l'exception de quelques coups de pied arrêtés.

Repassés en 4-3-3 avec Marquinhos en sentinelle, le début d'un long feuilleton, après la blessure de Thiago Motta, le PSG a fini par craquer, puni par une frappe enroulée de Kevin de Bruyne (76e). En conférence de presse, "Ibra" n'a pas tardé à allumer la tactique proposée par son coach.

"En première mi-temps, nous avons joué avec un nouveau système et ce qui devait arriver, arriva, pestait le Suédois. La deuxième mi-temps était meilleure, quand on est revenus à nos tactiques habituelles, mais nous leur avons donné les deux matches."

Un match aller frustrant

Si le PSG a peut-être "donné" ce match retour aux Cityzens, il a donné avec certitude la première manche, au Parc des Princes. Ce 7 avril 2016, les Skyblues ont plié, plié, mais n'ont pas rompu devant les vagues parisiennes.

Si "Ibra" n'avait pas loupé un penalty (14e), expédié une tête sur le poteau (61e) et manqué quelques occasions supplémentaires, le débat sur le 3-5-2 du retour n'aurait peut-être pas existé. Certes le Suédois a marqué, mais il a surtout profité d'une bourde monumentale de Fernando (42e). Au final, le but d'Adrien Rabiot (59e) sonnait comme une maigre récompense après tant d'occasions.

En face, les hommes de Manuel Pellegrini avait choisi une approche plus chirurgicale pour punir les pertes de balle parisiennes, sous la houlette du poison Fernandinho. Le Brésilien a signé une passe décisive pour De Bruyne après une récupération (38e). Puis, il a interrompu la partie de ping-pong dangereuse entre Thiago Silva et Serge Aurier aux six mètres pour tromper Kevin Trapp (72e).

Aurier, sortie de placard ratée

Dans l'effectif parisien, Serge Aurier est le symbole des deux paris tactiques de Laurent Blanc. Le "Président" a sorti le latéral ivoirien des eaux troubles dans lesquelles il s'était noyé après un live Périscope surréaliste. Suspendu six semaines, il semble condamné à jouer en CFA jusqu'en fin de saison.

Mais Aurier va brutalement passer des terrains amateurs aux joutes de la C1 lorsque Blanc lui offre un retour en forme de titularisation au match aller. Latéral droit, il réalise 45 bonnes premières minutes avant de couler, offrant l'égalisation à Fernandinho. Au retour, pour pallier l'absence de David Luiz, c'est l'Ivoirien qui occupera le dernier poste de la défense à trois expérimentale de Laurent Blanc. Sans réussite, sans influence.

Le crépuscule du "Président"

S'il y avait bien un club contre lequel le Qata allait attentivement surveiller la performance de "son" PSG, c'était Manchester City. Propriété des Émirats Arabes Unis, rival et ennemi stratégique à l'époque, le club anglais était plus qu'un adversaire sur un terrain de foot. La défaite, assortie de la pâle copie rendue au match retour, a sans doute scellé le sort de Laurent Blanc. Comme "Ibra", Kevin De Bruyne avait allumé la tactique parisienne après le match: "Paris, à part se passer la balle en défense... Nous n'avons pas été en danger."

Même une prolongation toute fraîche n'a donc pas sauvé le "Président" du couperet de Doha. Pas même les propos rassurants de Nasser Al-Khelaïfi au coup de sifflet final. "On a signé avec le coach, on a confiance en lui. On va réfléchir à comment améliorer l'équipe", se projetait le président du PSG à propos de son futur ex-coach.

Cinq ans après, et deux entraîneurs plus tard, c'est à Mauricio Pochettino qu'incombe la mission d'effacer des mémoires parisiennes le vieux souvenir de 2016.

Sami Sadik