RMC Sport

Djokovic: les 20 minutes qui ont tout changé pour son entrée en Australie

Alors qu'un juge a annulé... l'annulation de visa de Novak Djokovic, les retranscriptions de son audition par la police des frontières font apparaître qu'un délai trop court accordé au Serbe à la frontière pourrait sauver la participation du numéro 1 mondial à l'Open d'Australie. Un délai de 20 minutes.

Pour la première fois depuis cinq jours, Novak Djokovic va pouvoir marcher dans la rue, voire manger au restaurant. Un juge australien a annulé... l'annulation du visa du numéro 1 mondial et le gouvernement fédéral n'a pas fait appel dans le délai imparti. Novak Djokovic est donc libre, même s'il reste sous la menace d'une expulsion discrétionnaire du ministre de l'Immigration.

>> Suivez toutes les infos sur la polémique Djokovic et l'Open d'Australie en direct

Et si Djokovic a gagné cet appel, c'est bien, comme l'explique le juge Kelly, en raison de l'attitude des officiers de la police aux frontières australienne qui auraient donné un délai trop court au Serbe pour se justifier. A l'occasion du jugement, le transcript de toute l'audition de Novak Djokovic pendant la nuit a été publié. L'occasion de comprendre comment le cas a basculé... Pour 20 minutes donc.

"Donc vous me donnez légalement 20 minutes? A 4h du matin?"

La discussion est simple et courtoise. Les officiers appellent même Novak Djokovic par son prénom, comme n'importe quel commentateur télé. Les prémices du débat sont simples: Djokovic explique ne pas être vacciné mais avoir été contaiminé par le Covid le 16 décembre puis négatif le 22. Il est venu en Australie de bonne foi, avec un QR code fourni par un panel médical indépendant de l'état de Victoria (où a lieu le tournoi) et l'autorisation de Tennis Australia qui lui a fait passer l'info qu'une contamination au Covid dans les six derniers mois valait immunité comme un schéma vaccinal complet. Pour les officiers de la police austalienne, ce n'est pas le cas selon la loi fédérale.

Très coopératif, Djokovic founit tous les documents en sa possession, mais, il n'a pas, pour cause et parce que personne ne lui a dit que c'était nécessaire, un document fédéral. Arrive 3h55 du matin, l'officier annonce à Djokovic qu'ils vont annuler son visa et lui donne "20 minutes, ou si vous avez besoin de plus de temps, vous pouvez le demander" pour fournir de nouveaux documents.

Transcript de l'audition de Novak Djokovic par la police aux frontières australiennes
Transcript de l'audition de Novak Djokovic par la police aux frontières australiennes © RMC SPORT

"Donc vous me donnez légalement 20 minutes pour essayer de trouver une information aditionnelle que je n'ai pas? A 4h du matin? Vous me mettez dans une situation très difficile où, à quatre heures du matin, je ne peux pas appeler le directeur de Tennis Australia, je ne peux discuter avec qui que ce soit du gouvernement de l'Etat de Victoria. Vraiment, vous me mettez dans une situation très inconfortable. Je ne sais pas ce que je peux vous dire d'autre."

Nouvelle équipe, nouveau ton

Il demande alors à attendre jusqu'à 8h du matin pour pouvoir parler aux autorités compétentes quand elles seront réveillées, ce que semble accepter l'officier de sécurité et ce qu'il lui confirme à 5h20. Sauf que dans le même temps, il lui explique qu'il a fini sa journée de travail et qu'une nouvelle équipe va arriver. Et à 6h du matin, changement de ton avec la nouvelle équipe: il n'est plus du tout question d'attendre 8h et de toute façon, la décision est basée sur les documents déjà présentés. Et à 7h38, direction le centre de détention pour un Novak Djokovic abasourdi, dans un dialogue assez lunaire.

Deuxième partie du transcript de l'audition de Novak Djokovic avec la police aux frontières australienne
Deuxième partie du transcript de l'audition de Novak Djokovic avec la police aux frontières australienne © RMC SPORT

Après cinq jours passés au Park Hotel, des manifestations et un coup de projecteur assez inattendu sur les conditions de vie dans les centres de rétention australiens, le gouvernement fédéral se retrouve face à une décision éminemment politique: expulser ou pas Novak Djokovic.

https://twitter.com/pierrekoetschet Pierre Koetschet Journaliste RMC Sport