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Wimbledon: 20e titre en Grand Chelem pour Djokovic, qui égale le record de Nadal et Federer

Sans être éblouissant, Novak Djokovic a remporté ce dimanche son sixième titre à Wimbledon en dominant l'Italien Matteo Berrettini (6-7, 6-4, 6-4, 6-3). Le 20e sacre en Grand Chelem du Serbe, qui revient à hauteur du duo Nadal-Federer.

Dans quelques années, on racontera à nos enfants une époque dorée qui voyait trois géants se tirer la bourre sur les courts du monde entier. Ils sont trois pour un record, celui du plus grand nombre de titres en Grand Chelem. Car Novak Djokovic vient de rejoindre Roger Federer et Rafael Nadal en haut du classement - avec 20 sacres en Majeurs chacun - grâce à sa victoire ce dimanche en finale de Wimbledon, face à Matteo Berrettini (6-7, 6-4, 6-4, 6-3).

Djokovic au public: "Je ne vous entends pas!"

Une leçon de clim'. Car le bizuth italien avait, malgré la finale de l'Euro qui s'annonçait quelques heures plus tard entre l'Angleterre et l'Italie, les faveurs d'un public qui n'épargnera décidément jamais totalement le Serbe. Peu importe pour le numéro 1 mondial, qui a préféré s'en amuser (du moins en apparence) en faisant signe au public au moment où il prenait durablement l'ascendant sur son adversaire, à coups de "je ne vous entends pas!".

Dans le jeu, ce n'était pas la plus grande finale de l'histoire du tournoi sur herbe, mais plutôt un bon résumé d'une quinzaine assez décevante. Mais conclue sur un moment d'histoire. Car Novak Djokovic semblait assez nerveux à l'entame de la partie, avec un service catastrophique et trois double fautes sur ses deux premiers jeux de service. Ce qui ne l'a pas empêché de breaker tôt face à celui qui disputait sa première finale de Grand Chelem.

Mais le cadet avait de la ressource et la fougue de celui qui n'a rien à perdre. Alors il a débreaké, à coups d'ace et surtout de revers slicé, bien plus en vue que son revers à deux mains qui lui avait tant coûté dans les premiers jeux. Et au tie break - comme en finale de Roland-Garros contre Stefanos Tsitsipas - le numéro 1 mondial a craqué pour céder la première manche.

Un set de doutes puis la clim'

Comme Porte d'Auteuil, là non plus, il n'a pas paniqué. Un break d'entrée et une manche au petit trot, tandis que Berrettini avait visiblement tout débranché, pour recoller à un set partout (6-4), bien aidé par un service pas si tranchant mais bien moins fautif. Un petit passage au vestiaire plus tard, Novak Djokovic a breaké très tôt dans la troisième manche. Pendant ce temps, son rival italien semblait de plus en plus gêné par sa cuisse gauche strappée. Le Serbe en a profité pour le faire de plus en plus courir. En gestion pour empocher le set (6-4).

Il ne restait plus qu'à conclure. Et dans ce domaine, le numéro 1 mondial est à peu près intouchable. Requinqué par son set d'avance, sans doute agacé par les encouragements nourris du public pour Berrettini, Djokovic a haussé son niveau et retrouvé ses coups de raquette absolument imparables. L'homme élastique était alors sur tous les fronts. Et comme par hasard, il a retrouvé son sens de la balle sur la ligne et de l'éjection du terrain de son adversaire, incapable de reprendre la balle et écoeuré par la défense inhumaine du patron.

Vers un Grand Chelem calendaire?

Sixième sacre en carrière à Wimbledon, 20e titre du Grand Chelem et un exploit encore plus grand en vue: en cas de victoire à l'US Open, Novak Djokovic deviendrait le premier joueur à réaliser le Grand Chelem sur la même année (gagner l'Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open) depuis Rod Laver en 1969. Il était déjà le premier depuis Laver à signer le Grand Chelem sur deux saisons. S'il y parvient en septembre, il doublera cette fois véritablement le duo Federer-Nadal. Pour un nouveau moment d'histoire.

https://twitter.com/apobouchery Apolline Bouchery Journaliste RMC Sport