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UEFA: le message puissant de Ceferin pour les clubs de la Super League

Aleksander Ceferin s’est exprimé ce mardi au sujet de la Super League lors du congrès de l’UEFA. Le président de l’instance a regretté le choix des dirigeants des clubs frondeurs avant de les appeler à retrouver la raison pour le bien du football.

Trahi par son ami intime Andrea Agnelli et attaqué par Florentino Perez lors du passage du président madrilène à la télévision espagnole, Aleksander Ceferin a tenu bon. Le président de l’UEFA a tenu à réagir avec fermeté à la création de la Super League par douze des plus grands clubs européens. Après les avoir déjà menacé de diverses sanctions ce lundi, le dirigeant slovène en a remis une couche ce mardi lors du comité exécutif de la Confédération européenne à Montreux en Suisse. Selon lui, les douze clubs frondeurs ne doivent pas oublier d’où ils viennent et qui leur a donné leurs lettres de noblesse: l’UEFA et la Ligue des champions.

"Pour certains, les supporters sont devenus des consommateurs, les supporters sont devenus des clients et les compétitions sont devenues des produits, a lancé le patron de l’UEFA à la tribune. A la fin des matchs, ils ne regardent plus le classement du championnat mais le nombre de téléspectateurs et les pourcentages reversés. Une élimination en Ligue des champions n’est plus un échec sportif pour certains d’entre eux mais est un risque industriel que certains ne sont plus prêts à prendre."

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Ceferin tacle l’avidité des dirigeants

Outre l’absence de mérite sportif dans la Super League, Aleksander Ceferin a également critiqué la raison d’une telle scission: l’argent, encore et toujours l’argent.

"Le dernier objectif pour certains n’est plus de garnir l’armoire à trophées des clubs mais de remplir leur compte bancaire. L’égoïsme remplace la solidarité, a lâché le Slovène. Certains dirigeants changent de clubs comme ils changent de chemise voire encore plus rapidement. L’argent est devenu plus important que la gloire, la cupidité plus importante que la loyauté et les dividendes plus importants que la passion. On entend parler nuit et jour des propriétaires, des propriétaires… Mais que possèdent-ils? Le football n’appartient à personne ou plutôt il appartient à tout le monde. Le football fait partie de notre héritage, la Ligue des champions fait partie de notre héritage."

Cefefin: "Ils devraient se rappeler d’où ils viennent"

Sans de fantastiques et mémorables victoires en Ligue des champions, les douze frondeurs ne seraient pas devenus de véritables institutions a martelé Aleksander Ceferin.

"Les grands clubs d’aujourd’hui n’étaient pas nécessairement de grands clubs dans le passé, et rien ne garantit qu’ils le seront à l’avenir. Le football est dynamique, imprévisible. C’est ce qui en fait un si beau jeu et qu’il est populaire, a souligné le patron de l’instance européenne. Où se trouvait Manchester United avant l’arrivée de Sir Alex Ferguson, moi je m’en souviens. Vous aussi? Où se trouvait la Juventus il y a quinze ans ? Du peu que j’en sais ils était en Serie B.[…] Les clubs qui se croient grands et intouchables aujourd’hui devraient se rappeler d’où ils viennent. Et ils devraient se rendre compte que s’ils sont des géants européens aujourd’hui, c’est en partie grâce à l’UEFA."

Ceferin tend une main vers les frondeurs

Après les avoir tancé, Aleksander Ceferin a ensuite fait un geste à destination des douze clubs fondateurs de la Super League.

"Il est encore temps de changer d'avis "Je voudrai m’adresser aux dirigeants de certains clubs anglais. Messieurs, vous avez fait une énorme erreur. Certains diraient que c’est par avidité, d’autres par mépris ou arrogance ou même une méconnaissance totale de la culture du football en Angleterre, a poursuivi le président de l’UEFA dans sa prise de parole. Mais en réalité cela ne compte pas vraiment. Ce qui est important c’est qu’il est encore temps de changer d’avis. Tout le monde fait des erreurs. Les fans anglais méritent que vous corrigiez votre erreur. Ils méritent le respect. […] Principalement pour les clubs anglais, reprenez vos esprits."

Et de conclure: "Je vais me battre pour les fans et c’est un match qu’ensemble nous ne pouvons pas perdre. On ne peut pas perdre ce match."

dossier :

La Super League

Jean-Guy Lebreton Journaliste RMC Sport