RMC Sport

France-Galles: envie, frustration, délivrance… les Bleus ont vécu une soirée de folie

Le XV de France a signé une victoire mémorable ce samedi face au pays de Galles (32-30). Un choc durant lequel les Bleus sont passés par toutes les émotions avant de l’emporter et de rester en course pour le titre dans le Tournoi des VI Nations.

Un soulagement à la hauteur des peurs et des craintes vécues par le XV de France pendant la soirée. Un dernier plongeon de Brice Dulin dans l’en-but gallois et les Bleus ont brisé les espoirs de Grand Chelem du XV du Poireau ce samedi (32-30).

Privée d’une finale pour le Grand Chelem après la défaite contre l’Angleterre, l’équipe dirigée par Fabien Galthié s’est offert de fabuleux souvenirs sur la pelouse du stade de France. Mais que cela fut dur… et superbe à la fois.

Un match entre envie et frustration

D’entrée, les partenaires de Charles Ollivon se sont rués en attaque pour essayer de marquer les quatre essais nécessaires pour empocher le bonus offensif. Si cela a bien commencé avec l’effort collectif des avants conclu par Romain Taofifenua, les Bleus se sont laissés immédiatement reprendre par les Gallois. Rebelote après le joli numéro du trio Dulin-Jalibert-Dupont.

"Ce n'est pas une pièce jetée en l'air. Les choses, on a été les chercher, on en avait parlé avant le match, a même reconnu le capitaine Ollivon après la rencontre. On ne nous a rien donné aujourd'hui."

Un constat partagé par le sélectionneur: "On était prêts, on avait envie, on connaissait l'enjeu, l'adversaire, leur dynamique, a également analysé Fabien Galthié après coup. On savait à quoi s'attendre."

Malgré l’envie d’imposer un très gros rythme, la France a pourtant laissé trop d’espaces en défense. Pire, la sortie sur protocole commotion de Mathieu Jalibert a privé l’équipe de l’un de ses hommes en forme. Piégé par son adversaire du soir, le XV de France a ensuite semble très frustré et a bien cru avoir laissé passer sa chance en se cassant les dents pendant presque 25 minutes sur la défense galloise. Les têtes ont alors commencé à tourner et la crainte d’un nouveau cauchemar a pointé le bout de son nez.

Charles Ollivon en discussion avec l'arbitre de France-Galles
Charles Ollivon en discussion avec l'arbitre de France-Galles © Icon Sport

Des Bleus jamais résignés

Encore pénalisés et réduits à 14 avec le carton jaune de Mohamed Haouas, les joueurs tricolores auraient alors pu s’écrouler totalement après des décisions arbitrales qui n’ont pas semblé vouloir tourner dans le bon sens. Mais non, ils n’ont rien lâché et ont continué de pousser malgré les dix points d’avance pour le pays de Galles. Et là patatras, l’expulsion de Paul Willemse, au plus fort du sursaut français après un essai finalement invalidé, a fait très mal. Impossible d’éviter une nouvelle désillusion après une telle action et cet énorme coup d’arrêt pour les Bleus. Mais impossible n’est décidément pas français et le XV de France n’a pas baissé les bras.

"L'équipe a cru en son étoile et son destin, sa capacité à renverser la montagne, s’est encore réjoui Fabien Galthié à l’issue de cette victoire retentissante. L'équipe n'est pas sortie du match, elle aurait pu, c'était parfois un peu difficile de comprendre ce qu'il se passait."

De l’espoir à la délivrance

Conquérants, les partenaires Romain Ntamack - impeccable pour son retour sous le maillot bleu - ont continué de lutter jusqu’au bout. Quitte à mourir, autant le faire les armes à la main.

Après le final cruel contre l’Angleterre (23-20), la semaine passée à Twickenam, la France a pris sa revanche. Les Gallois ont enchaîné les fautes, et reçu des jaunes logique pour Faletau et Liam Williams avant de craquer. Capitaine courage, Charles Ollivon a marqué l’essai de l’espoir à trois minutes de la sirène.

Comme emportés par la furia bleue, les Gallois ont ensuite perdu leurs moyens et gâché leur Tournoi dans les dernières minutes. La fougue des Tricolores a soulevé des montagnes et Brice Dulin a libéré tout un groupe (et tous les supporters avec) au bout du match, et même au-delà en délivrant les Bleus d’un ultime essai inscrit dans le temps additionnel.

"C'était une émotion très forte. Quand on voit quelqu'un aplatir mais on ne sait pas qui c'est, puis on voit que Brice se relève et l'arbitre accorde l'essai, là c'est la délivrance et on se saute tous dans les bras, a ensuite exulté Anthony Jelonch face à la presse. On a un groupe qui est super, on s'aime tous et on a passé un très bon moment dans les vestiaires."

Si la Fédération française de rugby n’a pas diffusé les images de la joie dans le vestiaire du XV de France, la liesse des joueurs et membres du staff présents dans les tribunes au moment du saut final de Brice Dulin en dit long sur l’état d’esprit des Bleus.

Les Bleus déjà concentrés sur l’Ecosse

Sur un petit nuage après cette victoire mémorable, la France prive le pays de Galles du Grand Chelem. Mais le travail n’est pas encore fini pour les Bleus. Après avoir croqué le XV du Poireau ce samedi, cette équipe doit encore signer une grosse performance face au XV du Chardon vendredi prochain. Privé d’un potentiel sans-faute par l’Ecosse en 2020, le groupe emmené par Fabien Galthié doit s’imposer avec le bonus offensif et au moins 21 points d’écart pour remporter le Tournoi des VI Nations, ou de 20 points en inscrivant au moins 6 essais.

"Ce sera dur parce que l'Ecosse a fait un gros Tournoi, Il va falloir qu'on mette les bouchées doubles et aller chercher un truc grand, s’est encore projeté Jelonch. L'exploit n'arrive pas comme ça, il va falloir regarder les failles de l'Ecosse et les exploiter au maximum."

"La bascule ne va pas être compliquée, il reste six jours à vivre ensemble et on a un trophée à aller chercher, a déjà prévenu Charles Ollivon. On va savourer ce soir, en pensant au match. La bascule va être facile. On pense déjà à vendredi et on va tous dans la même direction."

En cas de nouvelle démonstration collective vendredi contre l’Ecosse, le XV tricolore pourrait bien s’offrir des émotions dignes de ce France-Galles. Et un premier trophée en prime.

Jean-Guy Lebreton Journaliste RMC Sport