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Ses ambitions, l'Euro, Benzema... les confessions de Giroud sur RMC

Dans un entretien donné à Rothen Régale diffusé ce vendredi sur RMC, Olivier Giroud s'est satisfait du retour de Karim Benzema en équipe de France, tout en assurant que réaliser un doublé Coupe du monde-Euro est son objectif.

Si je vous dis 6 buts en 8 matchs, vous pensez à quoi ?

Le nombre de matchs que j’ai joué en Ligue des champions, même si j’en ai joué 2 titulaire (rires). C’est une bonne stat, c’est assez intéressant, grâce à mon quadruplé à Séville notamment. Ce sont des buts qui ont ramené des points.

Il y a un but particulièrement important, ce ciseau face à l’Atlético de Madrid. Quelques semaines plus tard, Chelsea était champion d’Europe. On repense parfois à ce petit moment ?

C’est bien de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice pour pouvoir atteindre cet objectif qui n’était peut-être pas à la base un objectif en soi, et qui l’est devenu au fur et à mesure que l’équipe a progressé, a enchaîné les tours et les étapes. Je suis fier d’avoir pu participer assez joliment avec ce retourné. C’est un geste que j’affectionne, donc j’étais fier.

Vous êtes le meilleur buteur de Chelsea, champion d’Europe, cette saison en Ligue des champions. C’est quand même assez fort, quand on sait aussi que vous êtes le troisième meilleur buteur européen ?

Oui, encore une fois c’est grâce à ce quadruplé. Vous connaissez combien c’est important d’être efficace, d’avoir en tête ce ratio matchs joués / buts marqués. Je m’inscris aussi dans un collectif et mes partenaires m’ont permis de pouvoir briller et aider l’équipe à atteindre nos objectifs. Parce que j’ai moins joué ces trois derniers mois, on a tendance à lancer des débats. C’est sûr qu’au niveau de mon efficacité, les chiffres sont là.

39 buts, 14 passes décisives en 60 matchs avec Chelsea et pourtant il y a toujours la même rengaine sur les critiques. Cela fait quoi quand on a tout gagné ?

C’est un beau ratio. Encore une fois, ce sont les chiffres qui comptent. Bien sûr que ça fait plaisir et cela prouve que malgré le temps de jeu qui a diminué les derniers mois, je reste efficace. Je me sens très bien physiquement. Je suis un joueur qui est collectif et qui aime bien faire marquer les autres.

Est-ce qu’il y a travail particulier à faire pour rester au top quand on retrouve les Bleus ?

Il faut se tenir prêt. La dernière sélection datait de mars. J’ai manqué de temps sur ces dernières semaines, sur ces deux-trois derniers mois. En septembre, octobre, novembre j’enchaînais quand même les matchs avec Chelsea, il n’y avait aucun souci de ce côté-là. Aujourd‘hui, c’est différent mais je me suis bien préparé pour l’Euro. J’ai fait le boulot à l’entraînement pour rester fit et prêt même si rien ne remplace la compétition. Physiquement, vous pouvez demander au préparateur physique, il a aimé les premiers chiffres.

Kingsley Coman a dit il y a quelques jours qu’on avait la meilleure équipe du monde. Pourtant, en 2002, on pensait avoir la meilleure équipe du monde aussi et on n’est pas sorti des poules. Est-ce important en tant de cadre de calmer les ardeurs ?

Il faut calmer le jeu un peu. Il ne faut pas trop s’emballer. Sur le papier, on a une très belle équipe, on a une force offensive assez incroyable. Derrière aussi, on est solide. On a des joueurs très complémentaires. Maintenant, mon expérience m’amènerait à calmer le jeu, à dire aux plus jeunes qu’il ne faut pas s’enflammer. Ce qu'il y a sur le papier est une chose, ce qu'il y a sur le terrain en est une autre. Un bel effectif n’a jamais fait gagner les compétitions. Ce qui fait gagner les compétitions est le talent, mais aussi un superbe état d’esprit et cette force de cohésion.

Que dirait le petit gamin qui s’est fait recaler à Tours, si on lui avait dit qu’il allait gagner la Ligue des champions 15 ans après, la Ligue Europa et la Coupe du monde ?

Bien sûr que 15 ans après avoir commencé, c’est une immense fierté. Je n’aurais pas cru gagner autant de trophées et avoir autant d’émotions. Mais c’est la beauté du sport. Quand on se donne les moyens, quand on y croit, et qu’on a cette confiance, cette foi qui me donne envie de déplacer des montagnes, encore aujourd’hui pour moi à 35 ans bientôt, rien n’est impossible. Il faut vivre ses rêves et ne pas rêver sa vie. Si je peux être un bon exemple pour ceux qui ont une blessure ou qui ont eu une période de doute ou de confiance à certains moments, je transmets ce message. Chacun son parcours, le mien j’en suis d’autant plus fier car ce n’était pas écrit. C’est une immense fierté tout de qui m’arrive, pour mes proches, ma famille et tous ceux qui me soutiennent.

Ce petit gamin, il ne lui manque qu’un Euro…

Il lui manque un Euro, vice-champion ça ne suffit pas. Ce serait quelque chose d’extraordinaire de pouvoir égaler nos aînés d’il y a vingt ans. C’est un objectif, clairement.

Sentez-vous cette envie de donner de plus en plus de bonheur aux gens ?

Evidemment, d’autant plus que je n’ai pas pu profiter. J’ai gagné la Ligue des champions avec Chelsea, je n’ai pas pu profiter du tout parce que deux jours après il a fallu se retrouver ici en équipe de France. Evidemment, on sait que le football est un sport populaire, un vecteur social où toutes les classes sociales se retrouvent. On est là pour rassembler, fédérer la France même si on ne peut pas tout régler. C’est un privilège, une fierté de pouvoir donner des émotions et un certain sourire à nos compatriotes.

Comment avez-vous vécu le retour de Karim Benzema ?

Je l’ai bien vécu, c’est une bonne nouvelle pour l’équipe de France. On a une arme supplémentaire offensivement, ça augmente nos chances d’être performant. J’estime que c’est bien pour le collectif, après on va être attendus en tant que vice-champions d’Europe et champions du monde. On a un certain statut à défendre, à assumer. Toutes les armes sont les bienvenues, donc évidemment que Karim est le bienvenu.

Comment auriez-vous réagi si vous aviez été prévenu de son retour par Deschamps ?

Il ne m’a pas appelé donc on ne pourra jamais savoir ce qui j’aurais dit. (sourire) Je n’ai pas eu le coach au téléphone, qu’est ce que j’aurais pu dire à part approuver son choix ? C’est le boss, c’est lui qui fait l’équipe, il a assez d’expérience et l’a montré dans le passé. Donc je n’ai rien à ajouter par rapport à ça.

Zlatan Ibrahimovic (AC Milan) a dit : "Olivier Giroud a une grande expérience et nous avons besoin ici de personnes qui gagnent des trophées. Plus il y aura de champions, mieux ce sera"…

J’aime son caractère et sa façon de s’exprimer et d’avoir ce franc parler même si dès fois c’est un peu violent. C’est bien, je le prends comme une motivation supplémentaire. Aujourd’hui, il est hors de question de parler de mon avenir, c’est une option le Milan parmi d’autres. Aujourd'hui, il n’est pas question de parler de mon avenir. Ça toujours fait plaisir d’entendre Zlatan dire ce genre de choses.

Allez-vous parler de l’histoire du karting à Karim Benzema ?

(Il rigole) Je n'ai aucune rancune par rapport à ça, je l’avais déjà dit donc aucun souci.

JAu avec Rothen Régale et Mohamed Bouhafsi