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Ligue 1: la valse des entraîneurs devrait être très animée cet été

Comme Thierry Laurey, qui devrait vivre ce vendredi soir lors d'OM-Strasbourg l'un de ses derniers matchs sur le banc alsacien, environ la moitié des entraîneurs de Ligue 1 pourraient quitter leurs fonctions cet été.

Ils s'en vont

David Guion (Reims)

Après quatre ans de bons et loyaux services comme entraîneur principal du Stade de Reims, ponctués par une remontée dans l’élite, trois maintiens assurés haut la main, et même une sixième place en 2019-2020, David Guion va quitter la formation champenoise. Le président Jean-Pierre Caillot a confirmé la nouvelle la semaine passée (pour "démarrer un nouveau cycle"), ainsi que l’identité de son successeur: l'Espagnol Oscar Garcia, ancien coach de l’ASSE. Après son renvoi de Saint-Etienne en novembre 2017, après moins de six mois sur le banc, il n'est pas longtemps à l'Olympiacos (janvier-avril 2018) et a été viré du Celta Vigo en novembre dernier.

Stéphane Moulin (Angers)

Il détenait - et détient encore pour quelques semaines – le record de longévité parmi les entraîneurs en poste dans les cinq grands championnats européens. Mais dix ans après son installation sur le banc du SCO, l’emblématique technicien angevin va céder sa place. "J’ai décidé d’arrêter en fin de saison, a-t-il expliqué fin mars devant la presse. Mon devoir est d’anticiper. Pour respecter le club, je me devais d’en informer les dirigeants dès maintenant. Avec le staff et les joueurs nous sommes en passe de réaliser une bonne saison. Je sais que le métier d’entraîneur est éprouvant. Je tiens à réfléchir sereinement à la suite de ma carrière."

Ils sont sur le départ

Jean-Louis Gasset
Jean-Louis Gasset © Icon Sport

Adrian Ursea (Nice)

Adjoint de Lucien Favre puis de Patrick Vieira, le Roumain a été propulsé comme numéro 1 en décembre, après le départ du champion du monde 98. Mais alors que Nice a dit adieu à une éventuelle qualification européenne, l’intérim va - sauf surprise - s’arrêter cet été. Le technicien répète vouloir finir la saison du mieux possible pour "laisser une bonne impression", aux supporters, aux dirigeants, et aux observateurs. Depuis quelques jours, le nom de Christophe Galtier est au cœur des rumeurs.

Thierry Laurey (Strasbourg)

Comme pour Ursea, son départ n’a pas été officialisé, mais c’est tout comme, l’ancien coach du Gazélec arrivant en fin de contrat dans deux mois et n’ayant pas prolongé avec le RCSA, qu’il dirige depuis 2016. Comme indiqué à la mi-avril, Strasbourg est en contact avec Olivier Dall’Oglio pour lui succéder. Laurey, lui, plairait à Bordeaux.

Jean-Louis Gasset (Bordeaux)

S’il lui reste encore une année de contrat, difficile, voire impossible, d’imaginer Jean-Louis Gasset rester sur le banc bordelais la saison prochaine. Parce que le technicien de 67 ans, au terme d’une saison catastrophique avec les Girondins (dont le maintien n’est toujours pas assuré), semble au bout du rouleau, et parce que le club va changer de propriétaire. Il est assez évident que les nouveaux dirigeants voudront repartir sur des bases saines.

Ils pourraient partir

Claude Puel
Claude Puel © Icon Sport

Christophe Galtier (Lille)

Il est aujourd’hui leader de Ligue 1 avec le LOSC, en position de chiper le titre au PSG, il possède un effectif jeune et talentueux, un contrat jusqu’en 2022, et il est quasiment assuré de disputer la Ligue des champions la saison prochaine. Et pourtant, Christophe Galtier, qui a vu ces derniers mois Luis Campos et Gérard Lopez quitter le Nord, pourrait bien s’en aller à son tour. Annoncé dans le viseur de l’OL depuis un moment, et plus récemment dans celui de Nice, le technicien s’est agacé des rumeurs, mais entretient le flou.

Rudi Garcia (OL)

Malgré les régulières critiques à son encontre, et le désamour d’une partie des supporters, il restait dernièrement une petite chance de voir Rudi Garcia poursuivre son aventure à l’OL, si jamais les Lyonnais parvenaient à décrocher le titre. Depuis la défaite contre Lille dimanche dernier (3-2), le rêve de sacre s’est envolé, et probablement l’idée d’une prolongation avec lui. "On a pris la décision de ne pas s’engager avant la fin de la saison, expliquait fin mars le président Aulas. Non pas pour vous embêter ou faire durer le suspense, mais parce qu’on pense que c’est la meilleure situation pour tout le monde. (…) Bien sûr qu’il y a des tendances, mais je les garde pour moi."

Michel Der Zakarian (Montpellier)

Lui aussi en fin de contrat en juin, Michel Der Zakarian semblait très proche d’un départ de Montpellier il y a quelques mois. Le nom de Bruno Genesio avait même circulé dans l’Hérault, avant que l’ancien coach de l’OL ne file à Rennes. Mais dernièrement, les positions entre "Der Zak" (en poste depuis 2017) et le club semblent s’être rapprochées. "Il y a eu une réunion entre mes agents et la direction, Bruno (Carotti) et Laurent (Nicollin), indiquait l’entraîneur il y a quelques semaines. Ça continue. Rien n’est figé pour l’instant. On travaille des deux côtés, il y a toujours des choses à mettre en place. On discute, on avance. Mais la priorité, c’est le championnat, la coupe, et bien finir la saison."

Olivier Dall’Oglio (Brest)

Brest va se maintenir, il lui reste une année de contrat, mais Dall’Oglio pourrait bien participer lui aussi au jeu estival de chaises musicales. L’entraîneur de 56 ans, qui propose généralement un football de qualité avec des moyens limités, possède une belle cote sur le marché et a vu récemment son nom circuler à Strasbourg, Montpellier ou Lyon. "J'ai vu aussi cette information, confiait-il fin mars au sujet du club rhodanien. C'est un autre challenge, qui peut refuser un club comme l'OL aujourd'hui? C'est autre chose, c'est d'autres objectifs avec des joueurs différents."

Claude Puel (Saint-Etienne)

La crise à Saint-Etienne n’est pas encore au niveau de celle des Girondins, mais les Verts, entre les résultats médiocres et les incertitudes sur un éventuel changement de direction, sont dans le dur. Sous contrat jusqu’en 2022, Claude Puel ne s’est pas particulièrement illustré cette saison par ses choix tactiques et ses choix d’hommes. Son discours ne semble pas toujours passer auprès du groupe, et la gestion de certains cas individuels, celui de Stéphane Ruffier en premier lieu, a marqué. A noter que l’entraîneur a aussi vu le directeur général Xavier Thuilot, l’un de ses proches, quitter le club en janvier.

Christophe Pélissier (Lorient)

Nommé sur le banc de Lorient en 2019, et encore sous contrat jusqu’en 2024, Pélissier a permis aux Merlus de terminer premiers de Ligue 2 la saison dernière et de retrouver l’élite. Comme la plupart des coachs engagés dans la lutte pour le maintien, son avenir pourrait dépendre des résultats. Si le club breton se maintient, il n’a a priori aucune raison de le laisser partir. Si jamais Lorient descend, la question se posera probablement, sans conduire forcément à une fin de collaboration.

Antoine Kombouaré (Nantes)

Arrivé en février à Nantes après le fiasco Domenech, Antoine Kombouaré a annoncé la couleur dès sa présentation: "J’ai une mission: maintenir le club en Ligue 1. Si ça ne marche pas, je m’en vais. Si j’accomplis ma mission et qu’on se maintient, j’ai deux ans de contrat derrière. Je ne vais pas rester alors que je ne suis pas capable de faire mon boulot." La situation est donc très claire, et son avenir conditionné aux résultats des Canaris lors des dernières journées.

Pascal Planque (Nîmes)

Ancien adjoint de Jérôme Arpinon, Pascal Plancque a été promu début février, pour ce qui semblait être un intérim jusqu’à la fin de la saison. "Je n’étais pas prêt à reprendre l’équipe, je suis venu pour être adjoint. (…) Quand Reda (Hammache, le directeur sportif) m'a demandé si j'étais prêt pour reprendre l'équipe, je lui ai dit non. Je ne suis pas prêt car je ne suis pas venu pour ça. Reda m'a dit que la situation était actée. Je n'avais pas de raison de me défiler", disait-il alors, presque gêné. Depuis, il a réveillé les Crocodiles, 19es mais à égalité de points avec Nantes, et entretenu l’espoir d’un maintien. L’intérim pourrait bien se prolonger…

Ils vont rester

Jorge Sampaoli
Jorge Sampaoli © AFP

Mauricio Pochettino (PSG)

L’Argentin n’est arrivé à Paris que début janvier, quelques jours après le licenciement soudain de Thomas Tuchel, et ne vivra sa première saison pleine qu’à partir du mois d’août. Si le PSG ne remporte pas le titre en Ligue 1 dans quelques semaines, il pourrait être assez vite sous pression à l’automne. A l’inverse, il a toujours la possibilité de conduire le club de la capitale vers un sacre en Ligue des champions. Quoi qu’il arrive, les dirigeants ne le feront pas partir cet été.

Niko Kovac (Monaco)

Sa première partie de saison sur le banc monégasque a parfois été compliquée, mais depuis janvier, l’ASM est quasiment irrésistible. Si bien qu’elle est encore en mesure de remporter le championnat à quatre journées de la fin. Et Kovac, qui a su trouver un juste équilibre entre jeunes prometteurs et joueurs plus expérimentés, n’y est pas pour rien. Si Monaco ne s’écroule pas, l’ancien entraîneur du Bayern devrait retrouver la Ligue des champions à l’automne.

Franck Haise (Lens)

Après la remontée, Franck Haise avait un objectif et un seul cette saison: maintenir le club sang et or en Ligue 1. Objectif rempli haut la main, puisqu’après 34 journées disputées, le RC Lens est 5e, et virtuel qualifié pour l’Europe. Faire mieux, ou même aussi bien la saison prochaine, ne sera pas chose aisée. Il est sous contrat jusqu’en 2022.

Jorge Sampaoli (OM)

Arrivé à Marseille il y a deux mois, après une fin d’ère Villas-Boas calamiteuse, et un intérim de Nasser Larguet, Jorge Sampaoli a plutôt réussi ses débuts sur le banc phocéen (5V, 1N, 1D) en apportant un peu d’envie et de personnalité à une équipe amorphe, et aussi quelques nouveautés tactiques avec son schéma en 3-5-2. L’OM peut aujourd'hui décrocher une qualification en Ligue Europa, qui permettrait de sauver les meubles. Sampaoli sera surtout jugé sur la saison prochaine, mais il va d’abord devoir reconstruire une grande partie de l’équipe avec le président Pablo Longoria cet été.

Bruno Genesio (Rennes)

Sa nomination à la place de Julien Stéphan début mars n’a pas suscité un fol enthousiasme chez les supporters bretons, mais les résultats sont là jusqu’à présent, et Bruno Genesio affiche d’ailleurs le même bilan que Jorge Sampaoli (5V, 1N, 1D). De quoi, déjà, retourner une partie de l’opinion. Comme l’Argentin, c’est de toute manière sur le prochain exercice qu’il sera jugé. Reste à voir si Rennes n’aura que les compétitions nationales à jouer, ou une éventuelle coupe d’Europe.

Frédéric Antonetti (Metz)

Très bonne surprise en Ligue 1 cet saison (10e actuel), le FC Metz pourra toujours compter sur son coach au tempérament de feu l’an prochain, les Grenats ayant récemment annoncé sa prolongation jusqu’en 2024. "Pour nous, c'est l'artisan de ce parcours depuis bientôt trois ans, où les objectifs ont été atteints, se félicitait alors le président Bernard Serin. Nous sommes partis pour la continuité que j'ai souhaitée, et qu'il a accepté d'assumer."

David Linarès (Dijon)

La mission sauvetage a été un échec, puisque Dijon est officiellement relégué en Ligue 2 depuis le week-end dernier. Mais selon les dernières informations, David Linarès – passé numéro 1 en novembre – restera sur le banc du DFCO en deuxième division. "Notre objectif est bien sûr de reconstruire et de revenir le plus vite possible, de se servir de cette année pour rebondir", a-t-il déjà prévenu.

https://twitter.com/clementchaillou Clément Chaillou Journaliste RMC Sport