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Point en moins ou match perdu, trois questions sur OL-OM avant la commission de discipline

La commission de discipline de la Ligue de football professionnel annoncera ce mercredi les sanctions infligées à l'Olympique Lyonnais après l'interruption du match face à l'Olympique de Marseille, le 21 novembre au Groupama Stadium. Avant ce verdict attendu, retour sur cette affaire en trois questions.

L'heure du jugement a bientôt sonné. Après deux semaines et demi de débats entre dirigeants, de prises de parole de la classe politique sur le sujet et de réflexions sur la manière de mettre un terme à des débordements qui se multiplient depuis le début de la saison, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel va sévir.

Cette dernière doit, ce mercredi, annoncer les sanctions qui seront infligées à l'Olympique Lyonnais, conséquences de l'interruption du choc face à l'Olympique de Marseille au bout de quatre minutes de jeu le 21 novembre dernier, après qu'une bouteille a atteint Dimitri Payet au visage.

Depuis le début de saison, la LFP a démontré la palette des sanctions applicables: fermeture de deux tribunes pour Montpellier en début de saison après le match contre l'OM, retrait d'un point pour l'OGC Nice également après le match contre l'OM, parcage visiteurs fermé pour l'Olympique de Marseille après son déplacement à Angers ou encore huis clos total pour Lens après la réception de Lille. Lyon a de quoi voir venir, à moins que la LFP ne décide de durcir le ton.

Quelles sanctions pour l'OL?

Quelques jours après les événements du 21 novembre, l'OL avait été sanctionné, à titre conservatoire, par la commission de discipline de la LFP, d'un huis clos. Celui-ci a été purgé lors de la défaite lyonnaise face à Reims mercredi dernier (1-2). Selon nos informations, le club rhodanien devrait être à nouveau puni d'un huis clos, une sanction non-négligeable au vu des recettes générées les jours de match au Groupama Stadium par l'OL.

La commission de discipline devra ensuite piocher dans l'éventail des sanctions pour appliquer celle infligée à Lyon. L'option d'une amende ne semble pas être sur la table, car la LFP ne veut pas s'en prendre encore davantage au porte-monnaie des clubs, surtout ceux sanctionnés par des huis clos. En revanche, elle pourrait appliquer un retrait d'un point avec sursis à l'OL.

Une décision déjà prise à l'encontre de Marseille, Lille et Lens. Les trois clubs se sont vus infliger cette sanction après des envahissements de terrain au stade Raymond-Kopa d'Angers le 22 septembre et au stade Bollaert-Delelis de Lens le 18 septembre, alors que les joueurs avaient quitté la pelouse. La LFP devra donc se poser cette question: plusieurs jets d'objets sur un joueur représentent-ils une même menace pour la sécurité que l'envahissement d'un terrain?

C'est en tout cas l'hypothèse que défend l'OM, qui souhaite que la LFP aille plus loin en infligeant une défaite sur tapis vert à l'OL. Cela représenterait un durcissement de ton pour la commission de discipline de la LFP, qui irait dans le sens de la version que présentera ce mercredi le club marseillais.

Quelle version retenue par la LFP?

L'angle d'attaque de l'OM, dans son dossier, est d'appuyer sur le fait que la défense de l'OL ne tient pas debout. "L'acte isolé", décrit par les dirigeants lyonnais depuis les incidents le 21 novembre ne tiendrait pas selon les Marseillais, qui voudraient donc voir l'OL perdre sur tapis vert. Cette version a fait réagir Jean-Michel Aulas lundi soir, qui a écrit sur son compte Twitter: "C'est tout de même étonnant que l'OM veuille influencer la LFP et ses commissions. Pour tenir un tel langage, il faut se croire sacrément sûr."

La version que retiendra la commission de discipline de la LFP aura son importance. RMC Sport s'est procuré lundi le rapport conjointement rédigé par la préfecture d'Auvergne-Rhône-Alpes et la Direction départementale de la sécurité publique, dans lequel ils fustigent Ruddy Buquet, l'arbitre de la rencontre, "très hésitant" sur la reprise du match. Le rapport précise également que des délégués de la LFP "semblaient privilégier une reprise".

Ruddy Buquet, lui, dénonce des pressions subies lors des (très) longues discussions qui ont eu lieu dans les couloirs du Groupama Stadium après l'interruption de la rencontre. "Il (Pascal Mailhos, préfet d'Auvergne-Rhône-Alpes, ndlr) a ajouté à plusieurs reprises de manière significative que 'chacun prendrait ses responsabilités' (...), ce que j'ai ressenti comme un message de mise en garde sur les conséquences et responsabilités qui seraient les miennes en cas d'arrêt définitif de la rencontre", avait écrit l'arbitre dans son rapport le soir du match, que s'est également procuré RMC Sport.

Alors que les uns et les autres se rejettent la faute depuis deux semaines et demi, la LFP devra prendre en compte les versions présentées par les différents acteurs pour prendre sa décision, alors que Ruddy Buquet accuse dans son rapport Aulas de "menaces" et Jorge Sampaoli de "gestes déplacés". Le risque, pour l'OL, redouté depuis le début de cette affaire par son président, est "de prendre pour tout le monde".

Le contexte peut-il peser dans la décision de la LFP?

À la suite de l'interruption de la rencontre le 21 novembre, différentes personnalités politiques se sont emparées du sujet comme jamais elles ne l'avaient fait auparavant cette saison, avec un mot d'ordre clair et net: "Stop aux débordements des supporters." Sous pression, la LFP se sait scrutée et va devoir sévir. Les sanctions infligées depuis le début de la saison après les premiers incidents n'ont pas permis d'endiguer le problème et la Ligue paie aujourd'hui ses errements en matière de décision ferme sur le sujet.

L'OL pourrait en faire les frais. L'événement qui se rapproche le plus de celui survenu au Groupama Stadium le 21 novembre remonte à la 1re journée, le 8 août dernier, quand Valentin Rongier, milieu de l'OM, avait été touché à la lèvre par des jets d'objets des supporters de Montpellier. La sanction pour le MHSC? Deux tribunes du stade de la Mosson fermées pour trois matchs.

La LFP ne sera peut-être pas aussi clémente ce mercredi envers Lyon. Elle va devoir se montrer sévère pour marquer le coup et Aulas le sait. Depuis plusieurs semaines, pour éviter de "payer pour les autres", le président de l'OL est force de proposition pour réfléchir sur les solutions à apporter à ce fléau qui touche le football français depuis le début de la saison.

Sa dernière proposition en date? Celle exprimée sur son compte Twitter lundi soir: "Pour éviter d'arrêter à tort un match, on pourrait permettre aux clubs de remplacer un joueur potentiellement blessé, donner la possibilité de rester à 11 comme dans le cas d'une commotion (6e remplaçant). Peut-être même que ça pourrait inciter le blessé à reprendre?"

Depuis le 21 novembre, Aulas multiplie les prises de parole avec pour objectif d'éviter le courroux de la LFP, dont le président Vincent Labrune avait expliqué à L'Équipe le 22 novembre qu'il fallait "renverser la table" sur le sujet des débordements de supporters. La LFP s'apprête-t-elle à le faire? La réponse ne va plus tarder.

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