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Manchester United: Pogba, Lukaku, Martial… deux matchs pour se montrer

Le derby de Manchester mercredi (21h sur RMC Sport) vaudra très cher pour City qui peut, en cas de succès, reprendre la tête de la Premier League à Liverpool. Mais côté mancunien, après la claque reçue à Everton dimanche (4-0), il faudra se montrer face aux Cityzens puis à Chelsea dimanche. D’autant que les Paul Pogba, Romelu Lukaku, Alexis Sanchez ou Anthony Martial pourraient avoir besoin de convaincre, en interne… ou ailleurs.

Sans Ligue des champions, point de salut ou presque. Pour Manchester United d’abord, qui pointe à la sixième place seulement avec son derby contre City ce mercredi (21h sur RMC Sport), en match en retard de la 31e journée. Un club de ce standing, bien qu’à l’abri financièrement, ne peut pas tellement se contenter de la Ligue Europa la saison prochaine. Question de prestige et d’image. C’est aussi le cas pour les joueurs.

La mission première des joueurs, à travers ce choc ainsi que la réception de Chelsea dimanche (17h30 sur RMC Sport), consiste à replacer le club dans le top 4. Après leur déroute à Everton (4-0), les Red Devils affichent actuellement trois points de retard sur Chelsea (quatrième avec un match en plus), deux sur Arsenal (cinquième) et ne peut, depuis bien longtemps, prétendre qu’aux miettes laissées par les leaders Liverpool et Manchester City. Mais à défaut de replacer le club à cette place logique, il s’agit aussi de se montrer. Pour envoyer un signal à United… ou aux autres clubs.

Pogba, vent de révolte avant exil madrilène?

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C’est sur lui que repose une grande partie des responsabilités offensives. Lui aussi qui sera le plus attendu au tournant. Leader technique, Paul Pogba en devient finalement le plus décevant de tous. Parce qu’il a signé un excellent Mondial conclu sur un titre, parce qu’il s’est brillamment sorti d’une terrible première partie de saison sur fond de tensions avec José Mourinho… et parce qu’il est redevenu plus transparent depuis quelques semaines, même s’il est impliqué sur neuf buts lors de ses huit derniers matchs de championnat à Old Trafford.

"Ce n'est pas pour manquer de respect à Everton mais la façon dont nous avons joué, ma performance, celle de l'équipe, de tout le monde, c'était un manque de respect, expliquait le Français sur Sky Sports lundi. Nous ne nous sommes pas respectés, nous n'avons pas respecté le club, ni les fans." Il n’a pas non plus respecté le statut auquel il prétend.

Celui d’un champion du monde annoncé au Real Madrid depuis le retour de Zinedine Zidane, dont le retour au sein de son premier club professionnel (2016) se sera finalement avéré décevant jusqu'à présent. A moins qu’il ne choisisse – et ce serait plutôt une surprise – de rester. Selon la presse anglaise, une non qualification de Manchester United pour la Ligue des champions acterait pratiquement son départ. Il n’y a plus de C1 ni de FA Cup, restent deux chocs pour prouver son aura.

De Gea, Lukaku, avenir incertain

Au rayon des possibles départs l’été prochain, plusieurs joueurs majeurs. A commencer par le héros de la qualification pour les quarts de finale de Ligue des champions (avec son doublé au Parc des Princes). Romelu Lukaku était le "soldat" de José Mourinho, qui refusait de s’en passer dans le onze de départ. Il n’a plus la même étiquette avec Ole Gunnar Solskjaer, qui en a fait un remplaçant. Le Belge, qui aspire à une place de titulaire, aurait même été proposé au PSG selon le Telegraph.

Pour David De Gea, la situation est plus floue. Le gardien arrive certes en fin de contrat mais le club peut activer une clause prévoyant une année supplémentaire, ce qui le lierait donc aux Red Devils jusqu’en 2020. L’incertitude demeure autour de l’activation de cette clause ces dernières semaines. En attendant, le gardien espagnol, éblouissant la saison dernière et grand artisan de la deuxième place, est moins en vue cette année. Derniers faits d’armes ? Quatre buts encaissés chez les Toffees et une grosse boulette sur une frappe de Lionel Messi (du droit, c’est vous dire !) en quarts de finale de Ligue des champions. Il reste malgré tout un homme courtisé, un temps envisagé par le Real et le PSG.

Martial, enfin une stature de cadre?

Entre soucis extra sportifs, temps de jeu pas à la hauteur sous José Mourinho et performances parfois décevantes, Anthony Martial n’est pas encore devenu le cadre attendu de Manchester United. Il n’est pas exclu de penser que le Français faisait partie des joueurs visés par la sortie cinglante de Gary Neville après la déroute à Everton: "Cela fait 12 ou 18 mois que je suis moi-même dans le piège à parler de leur potentiel, de leur talent. Oubliez-le, taclait le consultant Sky Sports. S'ils n'ont pas l'attitude et ne travaillent pas dur pour courir avec ce maillot, débarrassez-vous d'eux. "

Son entraîneur l’a déjà prévenu. "Je pense que n’importe quel joueur de Manchester United doit être à la hauteur pour rester dans le groupe et dans l’équipe […]. J’ai parlé individuellement à certains et ils sont au courant. Anthony [Martial] fait partie de ceux à qui j’ai parlé, à propos de ce qu’on attend, a précisé Solskjaer en conférence de presse après l’élimination en C1. [Il] a un immense talent, il a un nouveau contrat et il sait qu’on croit en lui, donc il doit juste continuer à travailler." Arrivé en 2015, l’ancien Monégasque doit cette fois passer un cap. Il n’y aura plus beaucoup de chances supplémentaires.

Sanchez veut sortir de la blague

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Symbole absolu de la déroute de Manchester United cette saison, Alexis Sanchez est devenu une blague qu’on s’échange pour essayer d’oublier le marasme ambiant. Car dans l’échange avec Henrikh Mkhitaryan (parti à Arsenal) en janvier 2018, pas sûr que ce soit le club mancunien qui ait fait la meilleure affaire.

Le Chilien, handicapé par les blessures et surtout ses contre-performances, n’a connu que huit titularisations cette saison. Pour un maigre but contre Newcastle (3-2), lors de la… huitième journée de Premier League. Oui, c’est peu. Une vraie catastrophe industrielle qui pourrait se réduire à une monnaie d’échange pour un futur transfert (une hypothèse évoquée sur le dossier Jadon Sancho par exemple). A moins d’un miracle.

A.Bo