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JO 2021: Da Costa en or, Mayer en argent, les Bleus tous en finale… ce qu’il faut retenir de la J13

Jeudi de folie pour la délégation française aux Jeux olympiques de Tokyo. Deux médailles sont officiellement tombées avec l’or de Steven Da Costa en karaté et l’argent pour Kevin Mayer en décathlon. Et trois autres sont assurées avec les qualifications des équipes masculines de basket, hand et volley en finale pour un fabuleux triplé.

LES MEDAILLES DU JOUR

Karaté: Da Costa, un or historique

Il visait "l’or sinon rien", objectif préparé depuis trois ans, et avait promis un salto sur le tapis s’il s’imposait. Il a tenu parole sur les deux. Champion du monde en 2018, champion d’Europe en 2019, numéro 1 mondial, Steven Da Costa a remporté l’or olympique de la catégorie des -67 kg ce jeudi à Tokyo en battant le Turcd Eray Samdan en finale (5-0 avec un waza-ari et un ippon). Premier champion olympique de l’histoire du karaté kumite, avant les deux compétitions féminines et celle des -75 kg chez les hommes, le Français s’offre un titre à jamais gravé: la discipline n’est pas au programme des Jeux de Paris en 2024 et ce sacre pourrait donc être le seul dans l’histoire.

Décathlon: Mayer, un argent frustrant mais content

Il n’a pas pu défendre ses chances à fond en raison d’un dos bloqué il y a une semaine et ne repart pas de Tokyo avec l’or attendu, revenu au Canadien Damian Warner, quatrième homme à passer au-dessus des 9000 points. Mais Kevin Mayer pouvait aborder un grand sourire et se dire "très heureux, honnêtement" au moment de commenter sa médaille d’argent du décathlon olympique, sa deuxième après celle de Rio en 2016. Mal parti après la première journée, terminée à la cinquième place, recordman du monde a signé une superbe remontada, en grande partie grâce à son nouveau record personnel au javelot (73,09 mètres).

Mayer offre à l’athlétisme français sa première médaille au Japon, et sans doute sa dernière. Il donne surtout déjà rendez-vous à Paris, dans trois ans, où l’histoire serait presque encore plus belle s’il remportait l’or après avoir terminé deux fois sur la deuxième marche du podium.

LES BONS POINTS

Basket: Les Bleus font tomber Doncic et vont retrouver Team USA

L’action est déjà inscrite en bonne place au panthéon du basket français. Dernières secondes de jeu de la demi-finale du tournoi olympique: la France de coach Vincent Collet mène d’un point mais la Slovénie d’un Luka Doncic encore au four et au moulin a le ballon. Alors que Prepelic part pour un double pas et se voit déjà envoyer les siens en finale, Nicolas Batum joue les sauveurs et vient le contrer par derrière. 90-89. Les Bleus font tomber Doncic, qui n’avait jamais perdu sous le maillot de l’équipe nationale, et s’offrent la troisième finale olympique de leur histoire après 1948 et 2000.

Les deux premières fois, la France avait récolté l’argent après une défaite face aux Etats-Unis. Ce sera encore le même adversaire. Mais cette fois, Evan Fournier et ses coéquipiers s’avancent avec la confiance née de leur victoire sur Team USA (83-76) en ouverture du tournoi. Peut-elle les mener à un or qui serait historique pour le basket tricolore? Réponse samedi à 4h30 (merci NBC qui voulait les Américains en prime time à la maison).

Hand: Et de quatre finales de suite!

Il va encore falloir leur trouver un surnom. Immortels, les Français se qualifient pour une quatrième finale olympique de rang, un exploit colossal, après leur victoire sur l’Egypte (27-23) en demie derrière un énorme Vincent Gérard dans les cages (dix-sept arrêts à 44%). Après l’or à Pékin en 2008 et Londres en 2012 puis l’argent à Rio en 2016, les hommes de Guillaume Gille tenteront d’apporter un troisième sacre aux Jeux au hand tricolore. Alors que Nikola Karabatic, Michaël Guigou et Luc Abalo disputeront chacun leur quatrième finale olympique, elle sera l’occasion d’une revanche: ce sera face au Danemark, qui avait battu les Bleus pour l’or en 2016 et qui est l’épouvantail du moment dans la discipline avec ses deux titres mondiaux en 2021 et 2019 en plus du sacre de Rio. Rendez-vous samedi 14h pour un choc qui promet.

Volley: Un peu plus près des étoiles…

Ils étaient à un set de rester à la maison. Et ils ne sont plus qu’à trois manches de l’or. Menés deux sets à rien par la Slovénie lors de la demi-finale du tournoi qualificatif pour Tokyo en janvier 2020, les Bleus de Laurent Tillie avaient renversé la donne pour finir par arracher leur billet. Plus d’un an et demi plus tard, report des Jeux oblige, l’équipe de France est en finale olympique après sa victoire autoritaire (3-0) sur l’Argentine en finale. Jamais médaillés aux JO, où la meilleure place dans l’histoire était pour l’instant la huitième à Séoul en 1988, les champions d’Europe 2015 et vainqueurs de la Ligue mondiale 2015 et 2017 font plus que venger leur neuvième place de Rio alors qu’ils avaient le potentiel de ramener une breloque. La médaille est désormais assurée mais reste à en connaître la couleur.

Ce sera face à la Russie, quatre fois championne olympique, la dernière en 2012 (quatrième en 2016), et victorieuse de l’Euro en 2017. Rendez-vous samedi 14h15 pour marquer un peu plus l’histoire. Qui l’est déjà à plein de niveaux : avec ce triplé basket-hand-volley en finale, La France signe une première aux Jeux depuis l’URSS à Séoul en 1988. Lé-gen-daire. Et on n’a pas fini de vibrer.

LES MAUVAIS POINTS

Escalade: Pas de podium pour Mawem

Quand RMC Sport l’avait rencontré en mai, Mickael Mawem n’avait pas caché son objectif pour l’entrée de l’escalade au programme olympique: l’or. Il n’aura finalement pas terminé sur la boîte. Premier des qualifications, où son grand frère Bassa s’est blessé et n’a en conséquence pas pu défendre ses chances en finale (huitième), Mawem était à égalité en tête du combiné après sa deuxième place à la vitesse et sa troisième au bloc, sa spécialité. Mais en réalisant le pire score des sept concurrents sur la difficulté avec seulement 23 prises franchies (le deuxième moins bon score est de 33), le Français a hypothéqué ses chances de victoire et même de podium pour prendre la cinquième place finale. Frustrant. Mais de quoi aiguiser envie de revanche et appétit pour Paris 2024, où les frères Mawem comptent bien briller tous les deux avec la vitesse qui sera une épreuve à part au grand bonheur de Bassa, spécialiste de cette discipline.

Eau libre: Désillusion pour le chercheur d’or Marc-Antoine Olivier

En bronze à Rio, il était à Tokyo pour l’or. Uniquement l’or. La désillusion est donc énorme pour Marc-Antoine Olivier, qui termine seulement dixième du 10 kilomètres en eau libre après avoir lâché dans les deux dernières boucles. Impossible, dès lors, de cacher sa frustration.

"C’est très dur à encaisser, a confié le nageur français au micro de RMC Sport. Je ne comprends pas. J’ai bossé comme un dingue pendant cinq ans. Pour moi, j’ai un niveau largement meilleur qu’à Rio mais le niveau a considérablement augmenté. Je pensais au moins avoir ma place sur le podium, peut-être aller chercher l’or, et je finis sixième… C’est vraiment dur. J’avais déjà du mal à rester dans les pieds dès les premiers tours. Musculairement, je n’en pouvais plus." Champion du monde du 5 kilomètres en 2017 et médaillé d’argent planétaire du 10 kilomètres en 2019, Olivier aura encore sa chance à Paris, en 2024, car il n’a que vingt-cinq ans. Mais il va d’abord falloir digérer la déception. Qui est énorme.

K1 200 mètres: Pas de troisième finale de suite pour Beaumont

Quatrième à Londres en 2012, médaillé d’argent à Rio en 2016, Maxime Beaumont n’a pas pu se qualifier pour sa troisième finale olympique de suite en K1 (kayak) 200 mètres en prenant la cinquième place de sa demi-finale. Une déception pour le kayakiste de trente-neuf ans qui reconnaissait tout de même qu’il n’aurait "pas pu jouer la médaille en finale". Le Français, qui a remporté la finale B, a ensuite laissé planer le doute sur son avenir, pas certain de pousser jusqu’à Paris 2024 même si "c’est très tentant car à la maison et qu’on n’est plus qu’à trois ans de l’événement". Il devrait pagayer en 2022 et prendre une décision ensuite selon ses sensations et son "plaisir sur l’eau".

Athlétisme: Raffin a tout mordu, pas de médaille pour le 110 haies, un sur deux pour les relais 4x100

Il n’y avait pas que Kevin Mayer côté représentants français dans le stade olympique de Tokyo. Mais il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent chez les autres. Au triple saut, Melvin Raffin a mordu ses trois essais, ce qui l’a privé de trois tentatives supplémentaires. Le Français est le seul des douze concurrents de la finale à ne pas avoir réussi un seul saut.

Au 110 mètres haies, les Bleus n’étaient pas attendus pour une médaille mais on pouvait toujours espérer dans une course qui peut réserver des surprises. Il n’y en aura pas eu pour le camp français avec Aurel Manga huitième (13’’38) et Pascal Martinot-Lagarde cinquième (13’’16). Champion d’Europe 2018, "PML" peut tout de même être fier de sa performance puisqu’il bat son record de la saison au meilleur moment. Mais sa frustration doit être grande d’avoir échoué à six centièmes de la médaille de bronze après en avoir été privé pour quatre centièmes (au profit de son compatriote Dimitri Bascou) à Rio en 2016. Côté relais 4x100 mètres, les hommes n’ont pas obtenu leur ticket pour la finale en prenant la quatrième place de leur demie (en 38’’18) alors que les femmes ont terminé au même rang mais se sont qualifiées au temps (42’’68).

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport