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PSG: positionnement, ballons aériens, jeu au pied... Sur quoi Donnarumma doit progresser, selon Lollichon

Invité de l’After Foot ce jeudi sur RMC, Christophe Lollichon a analysé le début de saison de Gianluigi Donnarumma avec le PSG. L’ancien entraîneur des gardiens de Rennes et de Chelsea ne comprend pas certaines habitudes qui, selon lui, nuisent aux performances et au développement du joueur italien.

Arrivé libre au Paris Saint-Germain en 2021 après un Euro brillant avec l’Italie, Gianluigi Donnarumma semble un peu stagner depuis sa signature en France. Après une saison de transition où Mauricio Pochettino a prôné l’alternance avec Keylor Navas, Christophe Galtier a décidé de l’installer comme numéro un. Mais cela ne lui a pas encore permis de franchir un palier pour faire partie des meilleurs gardiens au monde selon Christophe Lollichon.

"Je suis resté sur une image extraordinaire de Donnarumma qui remonte à l’Euro en 2021 en sélection nationale. Je trouvais que ce gardien avait beaucoup changé parce qu’il y avait aussi eu un changement dans l’encadrement technique de l’AC Milan au poste de gardien. Je l’avais trouvé extrêmement proactif, presque à l’aise avec ses pieds. Il pouvait même utiliser son pied gauche. Et c’était un vrai patron derrière sa défense, a estimé l’ancien entraîneur des gardiens et de Petr Cech jeudi dans l’After Foot sur RMC. Et puis il y a eu l’épisode PSG avec la fameuse concurrence avec Navas où on ne savait pas trois jours à l’avance qui allait jouer. Cela me parait assez problématique, surtout avec la différence de style des deux gardiens. Je pense que cela l’a fragilisé. Maintenant qu’il a le statut de numéro un, je pensais qu’il allait avoir beaucoup plus d’assurance dans ses performances. Et reconnaissons qu’il y a toujours un petit peu d’hésitation."

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"Comme s’il allait partir sur une piste noire"

Malgré la mauvaise passe de Keylor Navas, dont le départ pourrait être acté pendant le mercato hivernal, Gianluigi Donnarumma n’a pas réussi à gommer certains manques dans son jeu.

"J’ai regardé ses derniers matchs, notamment depuis la reprise, pour voir comment c’était. Il a encore des habitudes que j’ai du mal à comprendre chez lui. Et à la vue de son envergure, je ne comprends pas que ce gardien ne joue pas plus haut, a encore analysé le coach qui a fait les beaux jours de Rennes et Chelsea. Dans ses habitudes, il y a cette espèce de saut qu’il fait avant d’intervenir comme contre Lens. Il fait ce que l’on appelle une préparation pliométrique. C’est pour avoir une énergie et une réponse élastique quand on touche le sol. Et puis il met les bras vachement en arrière comme s’il allait partir sur une piste noire. J’avoue que j’ai du mal à le comprendre mais il a travaillé comme cela en Italie."

Christophe Lollichon a ensuite tenté de décrypter les aspects de son jeu à corriger pour continuer de progresser au PSG.

"Il s’entraîne avec un entraîneur italien (Gianluca Spinelli l’entraîneur des gardiens au PSG et en équipe d’Italie, ndlr), celui qui m’avait remplacé à Chelsea et qui est un super mec. Il est très formaté italien et avait un petit peu changé sa vision à Chelsea parce que l’on avait beaucoup parlé ensemble. Mais Gianluigi Donnarumma a gardé des choses qui, parfois, lui font perdre de la fluidité dans ses interventions, a enchaîné le technicien français de 59 ans. Il y a des petites erreurs techniques sur des centres aériens avec deux touches de la main. Je trouve que parfois pour aller au sol il n’efface pas suffisamment, il n’enlève pas assez vite sa jambe pour aller au sol. C’est assez aléatoire avec lui alors qu’il peut prendre une place gigantesque. Et puis je trouve aussi que dans les un-contre-un, quand on voit des types comme Mike Maignan, Brice Samba ou Illan Meslier ne pas donner de solution à l’adversaire et ces mecs-là sont énormes. […] Je ne sais plus quel but contre Lens, Donnarumma est stable mais il ne fait pas suffisamment écran avec son corps pour vraiment gêner l’adversaire. Sans aller se jeter dans les pieds, il ne faut pas donner de solution à l’adversaire."

Lollichon explique pour Donnarumma n’est pas bon dans les airs

Au-delà de son jeu au pied défaillant, peut-être plus par manque de confiance que par manque de qualité, 'Gigio' Donnarumma a du mal à s’imposer sur les ballons aériens. Malgré sa grande taille (1,96m) et son envergure, l’international transalpin de 23 ans peine à maîtriser ses sorties. Là encore, Christophe Lollichon y voit une volonté de ne pas prendre de risque (encore lié à la confiance?) et un point purement technique à corriger à l’entraînement.

"La première chose sur les ballons aériens, c’est la position de départ car elle va guider le reste. Ensuite il faut pousser et se détendre puis bien apprécier la trajectoire. Et puis si vous êtes bas, vous allez limiter votre espace d’intervention et c’est logique, a finalement jugé l’entraîneur des gardiens français pendant son intervention sur RMC. Un garçon comme Thibaut Courtois, qui est l’un des meilleurs gardiens au monde, il se met trop dans sa zone de confort alors qu’il pourrait être beaucoup plus interventionniste dans le domaine aérien. Mais Thibaut se met dans sa zone de confort pour ne pas trop prendre de risque. J’ai l’impression que Donnarumma c’est un petit cela aussi. Il y va mais… bon… comme je ne travaille pas au jour le jour avec lui mon évaluation est limitée. Je trouve qu’il y a parfois un petit souci dans l’appréciation des trajectoires. Et ça, cela me gêne."

Jean-Guy Lebreton avec RMC